Racine Coly (Nice): «J’ai la ferme conviction que j’irai au Mondial»

    Il attend encore son heure sur la Côte d’Azur française. Depuis son arrivée à l’Ogc Nice en septembre en provenance de Brescia (Serie B) pour 3,5 millions d’euros (2,2 milliards FCfa) pour cinq ans (2022), Racine Coly ronge son frein. Avec seulement un match disputé en Ligue Europa, le défenseur sénégalais de 22 ans n’a pas encore joué en championnat, après 19 journées. Mais, bien décidé à s’imposer à l’Allianz Arena, le joueur formé au Racing Club de Dakar espère profiter de la deuxième partie de la saison pour prendre son envol avec les «Aiglons». Et jouer la Coupe du Monde 2018 avec le Sénégal.

    Quatre mois après votre arrivée à Nice, vous n’avez pas encore joué en championnat. Comment cela se passe pour vous ?

    A mon arrivée en septembre, le coach avait déjà construit son équipe. Je suis venu un peu en retard et l’équipe était entrée en préparation hivernale. C’était un peu difficile au début parce qu’il y a une grande différence entre la Deuxième division italienne (Serie B) et la Ligue 1 française. Mais je m’adapte petit à petit en m’améliorant aux entraînements, le coach me fait aussi confiance. Peut-être qu’il attend le bon moment pour me lancer.

    Personnellement, vous a-t-il dit pourquoi il ne vous fait pas encore jouer ?

    Oui, il m’en a parlé. Il y a de petits détails qu’on doit encore régler et améliorer et après, tout sera rentré dans l’ordre. Je suis bien physiquement, mais c’est la tactiquement que nous devons encore travailler, parce que le niveau n’est pas le même. Ici, c’est plus élevé, mais je m’adapte et travaille là-dessus.

    Quelle est la différence entre le football italien et celui français ?

    En Italie, c’est plus physique et plus tactique. C’est une guerre et il faut être physiquement prêt pour y jouer. En France, il faut aussi être prêt physiquement, tactiquement et techniquement. Il faut être complet et avoir ces trois qualités pour s’imposer. De ce fait, la Ligue 1 est plus difficile que la Serie B italienne.

    Récemment, le président du club vous a défendu dans un journal niçois. N’est-ce pas une marque de confiance pour vous permettre de vous imposer ?

    J’étais au Sénégal à ce moment et ce sont mes amis qui m’en ont parlé et je suis allé voir l’article sur Internet. C’est vrai qu’il a confiance en moi parce que si le club m’a recruté, c’est parce que ses dirigeants me connaissaient. Le club savait aussi qu’il me fallait du temps pour m’adapter et que je viendrai en force. C’est une grosse motivation pour me concentrer davantage et multiplier ce que je suis en train de faire depuis que je suis au club.

    Vous avez quand même joué un match en Ligue Europa. Comment vous vous êtes senti pour votre première ?

    C’était lors de la dernière journée et l’entraîneur voulait faire tourner l’effectif et voir mon adaptation et mes performances. Nous avons perdu, mais c’était un bon match. Nous avons fait une évaluation pour voir ce que j’ai fait de bon et de moins bon. Maintenant, nous savons ce que nous devons encore améliorer pour faire partie de l’équipe. C’était un peu dur parce que j’étais resté quatre mois sans jouer le moindre match officiel. Mais j’ai senti que je peux jouer dans cette équipe. Comme le coach l’a dit, si on complète ce qui manque encore, je pourrai être titulaire.

    Votre objectif sera donc de vous imposer durant cette deuxième partie de saison qui débute ?

    Effectivement, c’est mon objectif. Je me suis clairement dit que je vais jouer, quelle que soit la situation. La deuxième moitié est la plus importante, parce qu’il y a aussi l’approche du Mondial. Je dois donc m’imposer et jouer.

    Il y a quand même de bons joueurs à Nice…C’est vrai, mais je ne pense pas que cela doit être une concurrence accrue parce qu’il n’y a pas de latéral gauche de métier. Je suis le seul arrière-gauche de formation dans l’équipe. C’est maintenant à moi d’améliorer ce que l’entraîneur m’a dit et je pourrai jouer. C’est Jallet qui dépannait à ce poste avant mon arrivée. Avec son expérience, il peut donner un coup de main. C’est un grand joueur et j’apprends beaucoup auprès de lui pour continuer à progresser.

    «Avec Balotelli, on s’entend bien. Le fait que je ne joue pas lui fait mal…»

    Quelles sont vos relations avec les autres joueurs du vestiaire, à l’image de Ballotelli ?

    J’ai de la chance de venir dans une équipe où il y a des stars et de grands joueurs comme Balotelli, Sneijder ou Dante. J’apprends au quotidien auprès d’eux et écoute leurs conseils. Mais naturellement, je discute surtout avec Dante qui est un défenseur. C’est un grand joueur et il me dit tout le temps ce que je dois faire pour m’améliorer.

    Venant d’Italie, on imagine que vos relations sont plus poussées avec Balotelli…

    Oui on s’entend bien. On parle souvent italien et faisons des blagues quand nous sommes ensemble. En plus, il habite Brescia où je jouais quand j’étais en Italie. Il venait parfois au stade pour regarder les matches. Nous avons vraiment de très bons liens.

    Est-ce qu’il vous donne aussi des conseils ?

    Le fait que je ne joue pas lui fait un peu mal. Mais il me donne tout le temps des conseils en me disant de me concentrer davantage, bien m’entraîner et m’approcher du coach pour discuter et lui demander ce que je dois faire et ce qu’il faut éviter. C’est un mec bien. Les gens qui ne le côtoient pas peuvent avoir une autre image de lui à cause de ce qu’ils lisent et entendent, mais c’est une très bonne personne. Il discute tout le temps, met de l’ambiance et rigole dans le vestiaire. Il est tout le temps souriant.

    Vous avez tantôt évoqué votre désir de jouer en perspective du Mondial. C’est un réel objectif pour vous ?

    Venir en Equipe nationale a toujours été mon rêve. Je pense que c’est pareil pour tout joueur, surtout cette année où il y a la Coupe du Monde et le Sénégal qui y sera. Franchement, j’y pense et crois que j’y serai s’il plait à Dieu. J’ai la ferme conviction que j’irai au Mondial. Je sais que j’ai le talent, il faut juste que je commence à jouer en club et à partir de ce moment, on m’appellera en sélection.

    Pour un joueur qui n’a pas encore de sélection et qui ne joue pas en club, ne pensez-vous pas que cela quand même risque d’étonner beaucoup de gens ?

    C’est vrai que cela va surprendre beaucoup de monde, mais comme je l’ai dit, je suis sûr de jouer durant la deuxième partie de la saison. J’ai confiance et je sais ce que je dois tout faire pour jouer. Seul le fait de ne pas jouer pourrait m’empêcher d’aller au Mondial et je suis certain que je jouerai.

    Avez-vous déjà discuté avec le sélectionneur Aliou Cissé ou des membres de son staff ?

    Pour le moment, non. Nous avons juste parlé une fois et c’était en 2015, avant la CAN U-20. Nous avions discuté et il m’avait conseillé. Quand je suis allé à la CAN U-20, on s’est aussi vus. Il me connaît pour m’avoir regardé jouer dans les petites catégories.

    Comment vous jugez le groupe du Sénégal à la Coupe du Monde ?

    Je pense que le plus important, ce n’est ni la poule ni les équipes qu’on doit affronter. Il faut plutôt avoir une bonne préparation, que les joueurs soient mentalement prêts, ne pas penser aux adversaires, peu importe si c’est la Pologne, le Japon ou la Colombie. Il faudra bien travailler et le montrer sur le terrain.

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