Trois ans après sa dernière apparition en Lion (amical Sénégal-Ouzbékistan au Maroc en mars 2018), Pape Ndiaye Souaré se dit prêt à revenir dans la Tanière. Pour l’actuel défenseur de Charlton (League One, Angleterre) avec qui il s’est engagé lors du dernier mercato estival, la Coupe d’Afrique des Nations est un bon pretexte pour revenir, puisqu’il connait bien la maison et qu’il est compétitif en club.

Pape, parlez-nous un peu de votre nouvelle aventure à Charlton…

Tout se passe très bien, comme je l’avais prévu en tout cas. J’avais besoin de jouer et de renouer avec le terrain qui m’avait tellement manqué. Tout se passe bien physiquement, moralement, mentalement. Je remercie le bon Dieu.

Pourquoi avez-vous fait ce choix ? 

Je me suis engagé avec ce club parce que c’est un club ambitieux. Ce qui m’a été proposé me convenait. Je voulais jouer tout simplement, même si j’avais d’autres solutions pour aller dans d’autres pays. Je pense que le football en Angleterre c’est quelque chose que tout le monde connaît. J’avais besoin d’enchaîner des matchs. C’est ce que je voulais faire pour progresser et reprendre le rythme. Je me suis engagé avec eux parce que c’est un grand club et qui se trouve à Londres. Et quoi qu’on puisse dire, ils sont ambitieux, ils ont des objectifs. Ils voulaient que je fasse partie de ce projet et je suis très content d’y être.

Ne pensez-vous pas avoir tout de même reculé d’un cran ? 

Je ne le pense pas, car un footballeur doit jouer et tout peut se passer. Moi, je n’ai pas eu ce sentiment, parce que je viens de très loin. Si aujourd’hui je suis capable de jouer des matchs, de les finir et les enchaîner sans aucun problème, c’est exceptionnel pour moi. Donc, je ne le prends pas dans ce sens. Je prends le côté positif, je voulais jouer dans un club où je me sens aimé, respecté et dans un bon cadre. L’essentiel, c’était de revenir sur le terrain. L’objectif est en train d’être atteint, donc je suis très content et je remercie le bon Dieu.

Après l’accident dont vous avez été victime, aviez-vous imaginé que vous reprendriez le football ? 

Pour l’accident, j’avais une idée et j’ai parlé au médecin et le docteur du club qui disait que je pouvais revenir, mais il ne savait pas comment cela allait se faire. Tout ce que je savais, c’est que je devais redoubler d’efforts, faire un gros travail pour pouvoir revenir le plus rapidement possible et c’est ce que j’ai fait. Je n’arrêterai pas de remercier le bon Dieu de m’avoir donné la force mentale, psychologique et physique de supporter l’épreuve et de la surmonter. Je ne vais pas lâcher. Je remercie les médecins qui ont fait un travail exceptionnel pour que je puisse retrouver le terrain, jouer sans rien sentir. Je rends grâce à Dieu encore une fois et je les remercie énormément.

Trois ans que vous n’êtes plus revenu en séection, que ressentez-vous ? 

Pour la sélection, cela fait trois ans maintenant, après mon accident. Entre temps, je suis parti à Troyes avec l’objectif de finir une saison. Malheureusement, cela ne s’est pas fait avec la pandémie. Mais, j’ai toujours gardé un œil sur la sélection, parce que je connais très bien ce groupe et j’ai de très bonnes relations avec les gens qui sont là-bas. Je les ai toujours soutenus avec des messages et parfois j’appelais pour les encourager parce qu’on s’est fixé un objectif en 2012 quand on a rejoint la Tanière. Ce serait une grande fierté de gagner quelque chose pour notre Nation. Je suis très content du niveau de l’équipe. On voit nettement une grosse progression et ça fait plaisir.

La Tanière vous manque-t-elle ?

Bien sûr qu’elle me manque. Je pense que tout joueur qui joue avec son club pense à la sélection. C’est une grande fierté de jouer pour son pays. Cela me manque énormément.

À quelques jours de la CAN 2022, êtes-vous prêt à y aller ?

Je suis prêt pour la CAN 2022. Parce que je pense que j’ai mis tout en œuvre pour me trouver un club, comme le sélectionneur me le demandait. Comme je l’ai dit, je suis bien sur tous les plans, donc je suis prêt à revenir.

N’avez-vous pas accusé du retard par rapport aux latéraux gauches qui sont déjà en place ? 

Non, du tout ! Je ne pense pas que je suis en retard par rapport à eux. On se connaît tous. Ce dont j’avais besoin, c’était d’enchaîner des matchs et être en forme. C’est ce qui est en train de se faire. Je les respecte tous. Ils sont des joueurs comme moi. Personnellement, je sais ce dont je suis capable et que je peux apporter.

Êtes-vous en contact avec Aliou Cissé ? 

Oui, j’avais souvent les nouvelles du coach, surtout quand je n’avais pas de club. Il me conseillait de trouver quelque chose et de commencer à jouer et d’enchainer les matches. Ce que j’ai pu faire, mais depuis un moment je n’ai plus de ses nouvelles. Je sais qu’il est très occupé. Je n’arrêterai jamais de le remercier pour tout le soutien qu’il m’a apporté et ses conseils pendant ces moments difficiles. Il restera toujours un grand-frère pour moi. Je suis prêt au cas où il aurait besoin de moi.

Quelles sont les chances du Sénégal à la CAN 2022 ?

Je pense que le Sénégal a énormément de chance de gagner la CAN. Il suffit de voir les joueurs qu’on a, qui évoluent dans les plus grands championnats. Mais, il faut le dire, cela ne suffit pas, parce qu’en Afrique il y a de très bonnes équipes et de bons entraineurs. Il faudra chercher la force mentale qui n’est pas sur le terrain, être prêt physiquement et psychologiquement. Si le peuple est uni et soudé derrière l’équipe, on aura beaucoup plus de chance de gagner la CAN.

Avec certains de vos coéquipiers et amis, parlez-vous souvent de la Tanière ?

Bien sûr, on parle de la Tanière. Comme je l’ai dit, depuis 2012, on s’est fixé un objectif. On continuera d’en parler jusqu’au jour où l’on atteindra notre objectif. On y tient tous. En tout cas, c’est tout ce que l’on veut, c’est tout ce que l’on souhaite. Pour que le Sénégal soit une nation reconnue comme un pays qui a gagné des trophées, un pays qui peut aller dans les plus grandes compétitions du monde. Et les joueurs ont vraiment envie de faire ça pour le peuple sénégalais.

Certains observateurs estiment que votre carrière est un véritable gâchis…

Je pense que les gens qui parlent de gâchis sont contre la volonté divine. Il y a des choses que l’on ne peut pas contrôler. Je fais tout ce que je peux pour y arriver. Je me fixe des objectifs. Je laisse tout entre les mains de Dieu, mais cela ne va pas m’arrêter. Je me battrai toujours.  Ça pouvait être pire. Aujourd’hui, je suis fier de mon retour et de ma trajectoire.

SourceIgfm
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