Dans un long message adressé aux Sénégalais et au mouvement sportif en particulier, le premier vice-président de la Fédération sénégalaise de football, Saër Seck, qui avait déclaré sa candidature à la succession de Me Augustin Senghor avant de s’engager dans une voie de consensus autour de ce dernier, est revenu sur ses pas. A une semaine de l’Assemblée générale élective de la fédération, prévue le 7 août prochain, Saër Seck revient sur les circonstances qui l’ont poussé à accepter l’accord signé à Eden Roc, siège du CNOSS, égratigne Augustin Senghor dans la conduite des destinées du football sénégalais, tire sur Mady Touré, qu’il juge coupable d’avoir été irresponsable en s’épanchant sur sa position et ignore royalement le quatrième candidat déclaré, Mbaye Diouf Dia… Emedia vous propose ici l’intégralité de la lettre du président de l’Institut Diambars.

« Chers compatriotes

Amis sportifs

Le 10 juillet, je vous faisais part de ma décision de présenter ma candidature à la présidence de la fédération sénégalaise de football (FSF), lors de l’élection prévue le 7 août prochain. Je vous avais entretenu des motivations de cette candidature ” fruit d’une mûre réflexion mais aussi d’une longue expérience dans les instances dirigeantes de notre football “.

Je me proposais de partager avec vous ” un programme à la fois ambitieux et réaliste qui aurait besoin non pas seulement d’un assentiment de votre part, mais d’une appropriation et d’un accompagnement pour une mise en œuvre bénéfique aux besoins de tous “.

Chers acteurs du football et chers amis sportifs, j’ai, par la suite, immédiatement été saisi par un comité de médiation en vue de trouver un consensus. Je me dois, à la vérité, de vous informer que le consensus en question se devait, dans son esprit, d’être le condensé des axes programmatiques des différents candidats ainsi que des propositions d’acteurs et d’éminentes personnalités expérimentées du football sénégalais.

C’est seulement ensuite que ce comité chargé du consensus devait définir le processus pour désigner la personne qui devrait diriger le consensus comme Président de la Fédération Sénégalaise de Football.

J’ai fait beaucoup d’efforts et consenti d’énormes sacrifices pour ne pas, à ces moments là, « polluer » la campagne électorale de notre candidat Augustin Senghor à la CAF avec une campagne domestique mais également pour ne pas être celui dont l’attitude ou l’action casserait la dynamique naissante du consensus.

Cependant, ma position constante, exprimée à tous, a toujours été d’être le candidat expérimenté, capable de faire franchir à notre football, déjà bien mis sur orbite, des paliers importants.

Cette position était partagée par de nombreux acteurs et dirigeants importants de notre football avec qui j’ai eu de fréquents échanges approfondis avant de déposer ma candidature.

J’ai également dit, redit et répété, aussi bien aux autres candidats qu’aux membres du comité chargé du consensus, que le porteur de ce programme commun, né du consensus, pour l’avenir de notre football ne pouvait être Maître Senghor qui a présidé aux destinées de notre football lors des trois derniers mandats successifs et qui lui a beaucoup apporté.

Je pensais et continue de penser qu’après trois mandats, cinq CAN, un poste, extraordinaire pour le Sénégal, de 1er Vice Président de la CAF et après avoir déclaré en toute bonne foi que le mandat qui s’achève le 7 août 2021 serait son dernier mandat, qu’il aurait dû prendre du recul et de la hauteur pour aider à trouver un consensus entre les autres candidats.

Ces derniers se seraient, à leur tour, engagés aux côtés de l’Etat, à préserver sa représentation au comité exécutif de la CAF ainsi que son poste de 1er Vice Président au profit de notre pays.

Les faits, sur ce point, m’ont donné tort. Nous avons tous été témoins des péripéties autour de sa candidature pour conduire le consensus dont je lui donne acte et pour laquelle je respecte la position de ses tenants, tous éminents acteurs de notre football.

C’est pourquoi, pour rester dans la dynamique du consensus et trouver la meilleure solution, j’ai proposé à Monsieur Senghor d’abord en réunion entre les 4 candidats puis lors de mon audition par le comité de conduire le consensus jusqu’à la coupe du monde 2022 pour essayer de parachever l’importante œuvre réalisée et ensuite de permettre et favoriser une nouvelle gestion avec l’arrivée d’un nouveau Président.

Cette proposition a été reformulée devant le comité chargé de porter le consensus lors de mon audition personnelle comme condition de ma part pour accepter de rester dans le consensus et apposer ma signature au bas du protocole 2 du 22 juillet.

Au surplus, ce consensus qui est le seul auquel j’adhérais devait se poursuivre avec une rencontre à quatre (Augustin Senghor, Ablaye Sow, Louis Lamotte et Saër Seck) afin de stabiliser la feuille de route et entre autres acter cet accord.
Cette rencontre devait être convoquée sans délai, de manière quasi immédiate.
C’est à ces seules conditions que j’avais accepté de signer le protocole qui m’avait été soumis ; dont le dernier point tente de rendre compte de ces échanges et de cet accord.

Malheureusement le candidat Mady Touré (qui était absent lors de cette audition) s’est largement épanché imprudemment et de manière irresponsable (pour dire le moins) dans sa campagne sur ma position sans en connaître les tenants et les aboutissants au lieu de se concentrer sur son programme (il serait le seul à en avoir) et sur sa quête du vote des acteurs. C’est peut être le manque d’expérience relevé par certains.

Ceci dit, je suis dans l’obligation de constater que depuis lors (jeudi 22 juillet) non seulement le Comité en charge de la médiation pour trouver un consensus n’a pas convoqué cette réunion mais il est véhiculé dans le pays et dans la presse (surtout par notre ami candidat Mady) l’idée que j’aurais totalement accepté que l’actuel président reste en place pour le prochain mandat en entier.
Et que je me serais ainsi renié.

Cela constitue une violation de l’accord tacite, du « gentleman agreement » convenu entre parties prenantes.

Tous ces événements, ajoutés au fait que la logique de mener campagne (proximité du 7 août probablement oblige) a pris le pas sur le point 1 du protocole 2 appelant à la fusion des programmes laissé en souffrance et pour lequel le comité, qui semble avoir posé son dernier acte avec le protocole 2 du 22 Juillet, n’a pris aucune initiative.

En conséquence de tout ce qui précède j’ai décidé de

  • Me retirer du consensus dont l’esprit programmatique et les conditions posées par moi ne me semblent plus respectés,
  • Ne pas être membre du prochain comité Exécutif (au titre des 8 cooptés prévus dans les accords du consensus) ainsi que d’aucune instance fédérale,
  •  Rester au service du football de mon pays en tant qu’acteur à la base aux commandes exclusives de mon club.

L’ambition personnelle ne saurait être mon leitmotiv, ce que du reste ma passion pour le football, mon parcours et l’histoire récente de notre sport ont fini de démontrer y compris aux plus sceptiques.

Cheminer ensemble c’est aussi et surtout s’imposer des valeurs communes mais aussi savoir se séparer pour, peut-être, mieux se retrouver pour des lendemains meilleurs.

Beaucoup n’ont pas compris mon attitude et ma position et même si certains ont retenu des erreurs voire des fautes, j’ai toujours essayé d’avoir beaucoup de retenue et de hauteur sans jamais perdre de vue l’intérêt supérieur du football sénégalais.

Je remercie tous les acteurs qui m’ont accordé leur confiance et leur soutien (et à qui j’aurais voulu parler individuellement avant ce communiqué) mais je remercie aussi ceux qui ont fait un autre choix dont beaucoup sont des amis, le resteront et avec qui on se retrouvera.

Je souhaite à la prochaine équipe dont se dotera le football sénégalais une bonne chance.

Mes prières ne manqueront pas pour que les objectifs dont chacun de nous rêve se réalisent.

Vive le football sénégalais.

Vive le Sénégal ! »

Dakar, le 29 juillet 2021


Saër Dièye Seck

Président de l’Institut Diambars

Sourceemedia
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