Pour sa toute première saison sous les couleurs de Bristol City (D2 Angleterre), Famara Diedhiou a marqué de précieux points. Auteur de 14 buts (dont 13 en championnat), l’attaquant international sénégalais a été un élément clé du dispositif de Lee Johnson, coach des Robins. Un des meilleurs buteurs sénégalais dans les championnats européens, Famara a des statistiques qui plaident en sa faveur. Fort de cet avantage, postuler pour une place dans les 23 «Lions» pour Russie 2018 serait tout à fait légitime. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, l’ancien joueur du SCO d’Anger (D1 France) est revenu sur sa saison à Bristol, sa nouvelle vie en Angleterre, la forte concurrence sur le front de l’attaque des «Lions», mais également la prochaine Coupe du monde qui verra la participation de l’équipe nationale du Sénégal.

Nous sommes à moins d’un mois de la publication de la liste des 23 «Lions» pour le Mondial 2018. Est-ce que vous y pensez ?

Je pense que tout footballeur rêve de jouer avec l’équipe nationale du Sénégal. Jouer déjà des compétitions avec son pays est une fierté. Nous sommes des footballeurs qui n’attendent que ça. Nous devons être compétitifs et décisifs en club. Après tout, le dernier mot revient à l’entraîneur. C‘est à lui de faire ses choix et à nous de les accepter. Nous essayons de faire notre saison comme il se doit et attendre ce que l’entraîneur en décidera.

Mais au niveau de l’attaque, il sera quand même difficile de se faire une place….

Oui, c’est vrai, mais il faut aussi de la concurrence. C’est ce qui permet aux uns et aux autres d’élever leur niveau de jeu. Nous avons une armada offensive remarquable, avec des joueurs exceptionnels. Je pense que c’est bien pour nous, c‘est bien pour le Sénégal. C’est à nous de donner le maximum, de jouer avec les armes dont nous disposons. Nous avons des joueurs pour rivaliser avec plusieurs équipes dans le monde. Mais pour revenir à votre question, je dirai que la concurrence est partout.

Le Mondial, qu’est-ce que cela fait d’y penser déjà ?

C‘est avant tout un rêve. Tout joueur de football aimerait un jour disputer une Coupe du monde. Dans la carrière d’un joueur, les grandes compétitions occupent une grande place. La Coupe du monde, c’est quelque chose d’exceptionnel. C’est le monde entier qui y sera. Déjà que le pays soit de la partie est grandiose, à plus forte raison d’y être peut être. Ce serait un honneur de défendre les couleurs du pays dans de tels rendez-vous.

Selon vous, quelle serait la meilleure manière d’aborder cette compétition ?

L’idéal serait de ne pas déjà penser au second tour ou au quart de finale. Il ne faudrait pas se précipiter, mais prendre surtout les matchs les uns après les autres. C’est vrai qu’en 2002, les «Lions» avaient permis à tout un peuple de rêver. Cela avait été un facteur d’union. C’était vraiment exceptionnel. Nos cœurs battaient à 1000%. Mais nous sommes maintenant en 2018 et nous avons la chance d’y retourner. Nous demandons aux Sénégalais de rester derrière cette équipe, mais de prier surtout pour elle.

Comment trouvez-vous le groupe du Sénégal, avec la Colombie, la Pologne et le Japon ?

Ce n’est pas un groupe facile. Je pense qu’il est assez relevé. Nous avons la Colombie, avec des joueurs exceptionnels. Il y’ a aussi la Pologne ou encore le Japon qui est habitué à disputer cette compétition depuis quelques années. Ce sont de belles équipes, avec de très bons joueurs.

Quand on évoque la Colombie ou la Pologne, on pense immédiatement à Falaco, James Rodriguez ou encore Robert Lewandowski…..

Ce sont des joueurs de top mondial, des joueurs de grande classe. Mais il faut savoir qu’eux aussi pensent de la même manière. Ils vont sans doute évoquer de Sadio Mané, Keita Baldé et d’autres bons joueurs du Sénégal. Donc, c’est tout à fait normal. Nous savons que ce n’est pas un groupe facile. Mais nous devons juste nous focaliser sur nous-mêmes et nous donner à 100% pour sortir de cette poule.

Pensez-vous que le Sénégal a les armes nécessaires pour y parvenir ?

Comme je l’ai dit, ce n’est pas une poule facile. Mais c‘est une compétition et tout peut arriver. Nous avons toutes nos chances, tout comme nos adversaires. Je pense que nous sommes déterminés et nous avons la volonté de faire quelque chose dans cette Coupe du monde. Et s’il plait à Dieu, nous allons le faire.

Vous avez tantôt parlé de Sadio Mané, devenu le meilleur buteur sénégalais de l’histoire du championnat anglais. Qu’est-ce que ce joueur a de particulier ?

Sadio Mané est un grand joueur. Il a fait ses preuves. Ce n’est pas pour rien qu’il est devenu le meilleur buteur sénégalais de l’histoire de la Premier League. Il est en train de faire une excellente saison avec son club Liverpool. Avec Mohamed Salah et Roberto Firmino, ils ont réussi à hisser le club en demi-finale de la Ligue des champions. C’est déjà énorme. Il est en train de faire quelque chose pour lui, mais également pour son pays le Sénégal. Car quand on parle de Sadio Mané, on parlera forcément du Sénégal. C‘est bénéfique pour nous.

Vous aviez raté les deux matchs de préparation des «Lions» au mois de mars contre l’Ouzbékistan et la Bosnie-Herzégovine. Comment aviez-vous vécu cela ?

C ‘est un choix qui a été fait par l’entraîneur. C‘est vrai que je n’étais pas retenu, mais cela ne devrait pas me pousser à lâcher prise. Je dois continuer à travailler, de me donner les moyens pour revenir. Aliou Cissé est un coach qui a de l’expérience, qui sait ce qu’il fait. Donc, à moi de faire le maximum et attendre l’appel pour venir défendre les couleurs de mon pays.

Nous sommes à deux journées de la fin du championnat. Quel bilan tirez-vous de votre saison avec Bristol ?

Pour une première, je dirai que cela se passe plutôt bien. On va juste essayer de continuer à travailler et de persévérer. C‘est ma première saison à Bristol et c‘est un championnat nouveau, difficile et très relevé. J’essaye d’apporter mon maximum. C‘est un club qui m’a fait confiance dès le début. Maintenant, c‘est à moi de rendre la pareille.

Vous êtes à 14 buts (13 en championnats). Peut-on dire que l’objectif est atteint ?

Pour un attaquant, le but est d’être toujours décisif. Nous travaillons chaque jour dans ce sens. Le club m’a vraiment permis de m’exprimer. Je suis l’un des meilleurs buteurs du club. Ce qui n’est pas mal pour un début, surtout dans un autre univers. Il faudra garder la dynamique et donner le maximum pour continuer à marquer des buts. Mais à titre personnel, cela fait plaisir d’être décisif.

Jonathan Kodjia avait marqué 20 buts en 48 matchs avec Bristol avant de partir. Cela n’a pas été un poids sur vos épaules, au moment de s’engager ave le club ?

Pression, je n’en ai pas eu du tout. Jonathan Kodjia a fait son boulot, avant de partir. Le club m’a fait confiance et a fait appel à moi. Donc, c‘est à moi d’écrire ma propre histoire. Au contraire, cela fait vraiment plaisir de voir des joueurs africains exploser dans le championnat. C‘est bon pour tout le monde. Mais je peux vous dire que je n’ai aucune pression par rapport à ça.

Une place pour la montée en Premier League semble plus que jamais compromise. Comment comptez-vous aborder les ultimes journées ?

Le championnat n’est pas encore terminé. Il reste trois journées à disputer et on a quatre points de retard. Tout peut arriver. Le championnat n’est pas encore mort. C’est à nous d’y croire, de faire le maximum pour les trois matchs à venir. Après, nous allons voir ce que cela va donner.

Quels sont vos rapports avec les autres Sénégalais qui évoluent dans la deuxième division anglaise ?

Nous avons de très bonnes relations. Nous échangeons souvent. Mais je suis plus en discussion avec Cheikh Ndoye. Nous nous parlons presque tous les jours. C’est vraiment un grand-frère, un cadre. C‘est quelqu’un qui me tient à cœur et qui m’aide dans tout ce que je fais.

Envisagez-vous de rester à Bristol pour la saison à venir ?

Comme vous le savez, j’ai rejoint le club cette année. Je me suis bien installé, je me sens très bien, ma famille et moi. On verra à la fin du championnat. Mais j’avoue que j’ai quand même quelques touches en Premier League et dans le championnat turc. Mais pour le moment, je suis ici et j’ai la confiance totale du club et des dirigeants.

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