Sous le magistère d’Alain Giresse, le Sénégal a découvert une nouvelle manière de jouer en adoptant le 3-5-2. Ce nouveau système avait permis aux Lions de tenir tête face à de grandes équipes du continent, notamment la Côte d’Ivoire lors du match référence de l’équipe à Casablanca en 2013 et pendant les éliminatoires de la CAN 2015. Avec le trio Lamine Sané – Kara Mbodj – Papy Djilobodji et les pistons Pape Ndiaye Souaré et Stéphane Badji, l’équipe était devenue solide et s’était qualifiée pour la CAN en étant dans le groupe de la mort (Sénégal, Égypte, Tunisie, Botswana). Mais les lacunes du système se sont fait voir à la CAN d’où l’élimination prématurée de l’équipe au premier tour. Aujourd’hui, à trois mois du Mondial 2018, c’est au tour d’Aliou Cissé de tester le 3-5-2. Si Giresse avait considéré le dispositif comme la formation de base de l’équipe étant donné les joueurs à sa disposition (problème d’arrière droit, travail de Stéphane Badji, etc.), Cissé lui a déjà déclaré le 4-3-3 et le 4-2-3-1 comme sa formation de base. Qu’en est-il donc de ce 3-5-2?

 

Situation des latéraux

Nul ne peut nier aujourd’hui que l’accident malheureux qu’a subi Pape Ndiaye Souaré à l’automne 2016 a eu des répercussions non seulement sur la carrière du joueur, mais aussi sur l’équipe nationale. Formé à Diambars aux côtés de son ami Gana Gueye, présent au JO 2012 et ensuite taulier du LOSC, Souaré était en train de se révéler comme le meilleur arrière gauche sénégalais de sa génération. Avec son transfert à Crystal Palace en Premier League après la CAN 2015, une place de titulaire acquise et un match immense en finale de la FA Cup 2016 face à Manchester Utd, Souaré avait atteint un niveau jamais égalé par un latéral sénégalais depuis Habib Bèye à Newcastle. Une défense Sabaly-Kara-Koulibaly-Souaré l’attendait au Mondial 2018, sans contestation. Peut-être que c’était trop beau pour être vrai, vu ce que le destin de la vie lui a accordé.

Depuis 2 ans donc, Aliou Cissé cherche un joueur capable de remplacer Souaré. Cheikh Mbengue, Adama Mbengue, Saliou Ciss, Armand Traoré et même Pape Amadou Touré s’y sont essayé, mais sans livrer les certitudes que l’on avait connu avec Souaré. Malgré le fait que le sélectionneur ait dit que le dispositif n’a pas autant d’importance que l’animation, beaucoup de technicien critique le changement de système, en citant la proximité de l’événement comme raison. Avec ce problème d’arrière gauche, ce test n’est-il pas justement arrivé à point nommé?

Une mesure de précaution

C’est la 30ème minute du match Sénégal – Colombie en Coupe du Monde et le score est de 0-0. Le Sénégal n’a besoin que d’un match nul pour se qualifier pour le deuxième tour de la Coupe du Monde. Lamine Gassama, après avoir écopé de deux cartons jaunes contre la Pologne et le Japon est suspendu pour ce match. L’entraîneur décide donc naturellement de mettre Youssouf Sabaly à droite et ?Adama Mbengue? à gauche. Mbengue se blesse lors d’un duel avec Cuadrado. Son match est terminé.

 

Si Aliou Cissé a sélectionné un autre arrière gauche, il peut le faire rentrer. Mais ceci le condamnerait forcément à faire entrer dans un match de Coupe du Monde un joueur qui, sur les deux dernières années, a tardé à prouver sur le côté gauche. Le risque d’élimination du Sénégal est donc à la hausse. Mais dans ce genre de scénario, le 3-5-2 ne serait-il pas l’idéal?

 

Le capitaine Kouyaté reculerait d’un cran, comme il le fait de temps en temps à West Ham, Sabaly repasserait donc à gauche et un piston serait ajouté à droite. Peu de techniciens dirait qu’une défense ?Wagué?-Kara-Koulibaly-Sabaly ou encore Sabaly-Kara-Koulibaly-?Ciss? serait plus rassurante que le système présenté ci-dessus.

Dans un tel scénario, peu de sénégalais voudrait voir un jeune joueur comme Moussa Wagué faire face à la force d’attaque colombienne sans protection de l’arrière garde pendant les 75 minutes restantes. De plus, la nouvelle polyvalence de Mame Biram Diouf, qui a beaucoup joué comme piston à Stoke City, pourrait finalement servir à l’équipe nationale.

Abdoulaye Sarr (Stagiaire, Galsenfoot)

Le vécu de la Coupe du Monde permet donc à Aliou Cissé de prendre des précautions au cas échéant. Le destin (Pape Ndiaye Souaré) nous force parfois à prendre des mesures de sécurité qui sème la polémique. Mais il est évident que dans une situation pareille, si le Sénégal réussi à tenir en échec la Colombie et se qualifier pour le second tour, avec ce système mis en exergue en Mars, il n’y aura qu’une seule personne à féliciter…

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