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Ancien milieu offensif de l’Olympique de Ngor, Arthur Yannick Gomis a rejoint Orléans en 2015. Un saut dans le foot professionnel français qui lui a permis de s’habituer aux exigences du haut niveau. Repositionné attaquant de pointe, Arthur a trouvé ses marques après des débuts difficiles. 

Vous êtes arrivé en France en septembre 2015. Est-ce que votre intégration n’a pas été difficile ?

C’est vrai que c’était un peu compliqué au début parce qu’il y avait déjà une équipe en place quand je suis arrivé. Il fallait que je me fasse une place et c’était compliqué. J’ai joué avec la réserve. Au bout de 5 matchs en réserve, j’ai prouvé que j’avais le niveau pour évoluer en National. Et depuis, je n’ai plus quitté le groupe professionnel jusqu’à la montée en Ligue 2. J’avais fait 15 matchs dont 8 comme titulaire. J’avais aussi fait 2 passes décisives. Je ne dirais pas que l’intégration a été difficile. Changer de vie et d’environnement n’est pas facile. Comme le football est un langage universel, il fallait juste de la volonté et surtout du courage pour pouvoir s’intégrer très rapidement. La chance que j’ai eue c’est que je suis tombé sur un très bon groupe et de très bonnes personnes qui m’ont bien accueilli.

Les milieux axiaux issus du championnat local sénégalais ne s’imposent pas souvent en Europe. Comment avez-vous fait pour vous faire une place à Orléans ?

Quand je suis arrivé, la première chose que le coach a constaté, c’est mon sang-froid et mon efficacité devant les buts. Du coup, il m’a fait comprendre qu’il comptait beaucoup plus sur moi sur le plan offensif. C’est-à-dire attaquant de pointe ou milieu de couloir derrière l’attaquant. Petit à petit, j’ai commencé à me mettre dans la tête que je devais changer de poste car je suis professionnel. Maintenant, cela fait un bon bout de temps que je joue comme numéro 9.

N’avez-vous pas eu des problèmes au début ?

J’avais des problèmes de repères au début. Je n’ai pas été formé comme attaquant de pointe. Je n’ai jamais joué à ce poste quand j’étais au Sénégal, sinon juste dans mon centre de formation. C’est vrai que c’était très compliqué au début mais petit à petit des gens comme Antar Yahia, notre manager général, et d’autres joueurs m’ont vraiment aidé. Ils m’ont expliqué les exigences du haut niveau et celles d’un attaquant.

Est-ce que vous vous plaisez au poste d’attaquant ?

Oui. À ce stade, je me disais qu’il fallait jouer. Peu importait la position. Avec le professionnalisme, il faut savoir jouer à plusieurs postes. Cela ne me dérange pas personnellement. Du moment où je suis offensif, je joue à tous les postes offensifs, je suis prêt.

Le fait d’être polyvalent est un avantage pour vous maintenant…

Tout à fait. Durant des matchs qu’on a joués à l’extérieur, j’ai joué sur le côté, parfois dans l’axe, côté droit et gauche. Cela a été ma force. Aujourd’hui, le coach compte sur moi sur tous les plans.

Vous avez disputé 15 matchs de Ligue 2 dont 5 comme titulaire, vous avez aussi inscrit 5 buts. Pouvez-vous nous faire le bilan de votre saison ?

C’était très compliqué au début. Je ne jouais pas beaucoup. j’avais un temps de jeu réduit. À chaque fois que je jouais, c’était à 10 minutes de la fin. J’ai continué à travailler. Mentalement je me suis dit qu’il fallait être fort. Après la pause, on a eu un changement d’entraîneur. Le nouveau coach m’a accordé beaucoup de confiance. Il m’a beaucoup aidé sur le plan psychologique et sur le plan technique et athlétique. À chaque fois, il me donnait confiance en moi, il me parlait. Aujourd’hui, je sais que c’est ce qui a tout changé. J’étais obligé de lui rendre cette confiance sur le terrain. Je parviens à marquer des buts. Je rends grâce à Dieu. Je remercie ma famille.

la saison a été difficile pour Orléans, vous vous êtes maintenus lors des barrages…

C’était à l’image de la saison. On se déplaçait très mal. On ne se déplaçait pas en conquérant pour gagner les matchs à l’extérieur. Et comme un championnat ne se résume pas à domicile, il fallait vraiment aider l’équipe à se sauver. Cela n’a pas été chose facile mais on est parvenu aux barrages. On a eu l’avantage d’être de la Ligue 2. Il fallait montrer notre suprématie. Cela s’est vu. On est content mais j’espère qu’on ne va pas refaire la même chose l’année prochaine.

Cette saison, vous avez aussi réalisé un triplé, votre premier, contre Red Star…

C’est la première fois de ma carrière que je marque 3 buts dans un match. On m’a dit que j’étais le troisième joueur à réaliser un triplé en Ligue 2, cette saison. C’était une grande joie. Modestie à part, je sais que je pouvais marquer plus. Je peux faire mieux. Cela m’a surtout touché parce que le Red Star était devant nous. Il nous devançait d’un ou de deux points. Je n’étais pas bien mentalement dans la semaine. Je n’avais pas beaucoup joué lors des matchs précédents. Après cela, j’ai eu une discussion avec l’entraîneur qui m’a rassuré. J’ai marqué avec l’aide de mes coéquipiers et on est passé devant le Red Star. Depuis lors, on n’a plus rien laissé.

Quelles sont les lacunes que vous avez corrigées en France et quels sont les domaines dans lesquels vous devez vous améliorer ?

Je me suis beaucoup amélioré sur le plan tactique. Sur le plan technique aussi. Rien n’est acquis dans le foot. Rien n’est inné je dirais. Il y a des joueurs qui ont le talent mais il faut toujours travailler. Sur le plan athlétique aussi, j’ai beaucoup travaillé. Là où je me suis vraiment amélioré, c’est dos au but et dans le jeu de tête. Marquer des buts de la tête, les déviations. Ce sont des choses que j’ai vraiment travaillées. Il ne faut pas s’arrêter. Il faut toujours travailler et dans l’humilité surtout. Ce qui me permettra d’aller au plus haut niveau.

Vous avez joué en équipe nationale locale. On se rappelle votre magnifique but inscrit contre la Mauritanie (1-0). Est-ce que vous suivez la sélection nationale ?

Je suis sénégalais, international, et comme tout joueur je rêve de jouer en équipe nationale A. Pour le moment, je me concentre sur mon club. Je vais continuer à travailler. Avec mes performances et ma régularité, j’espère qu’il y aura quelque chose. Je demande aux dirigeants sénégalais de se déplacer, de sillonner les pays et les clubs pour voir les jeunes.

Comment appréciez-vous l’équipe, actuellement ?

C’est une belle équipe. Il y a eu une déception pendant la Coupe d’Afrique. Je crois toujours qu’avec Aliou Cissé il y aura de belles choses. C’est un très bon entraîneur. J’ai eu à bosser avec lui en U23 en 2012. Des joueurs de Ligue 2 comme Saliou Ciss et Abdallah Ndour ont été appelés.

Vous ne vous dites pas pour- quoi pas moi ?

Personnellement, je ne me prends pas la tête. Je me concentre juste sur mes entraînements. Après cela viendra naturellement avec mes performances. Je ne suis pas meilleur que les joueurs qu’on appelle. Ils ne sont pas meilleurs que moi. C’est le sélectionneur qui fait ses choix. Il me reste encore du chemin. Il me faut être titulaire indiscutable dans mon club, avoir plein de matchs dans les jambes. Là, on pourra parler.

Quelles sont vos ambitions ?

Il va falloir juste travailler. Il ne faut pas se disperser. Je veux faire une bonne entame de saison avec mon club. C’est vrai que j’ambitionne de jouer en Ligue 1 et dans les championnats plus huppés. La première chose, c’est d’essayer de percer avec beaucoup d’humilité.

Parlez-nous un peu de votre parcours au Sénégal…

J’ai été formé dans un club qui s’appelait Sicap FC. Je ne sais plus si le club existe toujours. J’y ai fait mes débuts en U17. C’est là que j’ai été repéré par Ngor qui jouait en Ligue 2. J’ai été prêté là-bas pour deux mois. Ils ont été convaincus. L’année d’après, je suis resté avec eux et on est monté en Ligue 1. J’ai fait trois saisons en Ligue 1. La première année, on a raté le titre lors de l’avant-dernière journée. On a fini 2ème derrière Diambars. Lors des deux dernières années, on a lutté pour le maintien, c’était très compliqué. L’Olympique de Ngor m’a beaucoup apporté. Tout ce que je pourrais avoir dans le foot, c’est grâce à l’olympique de Ngor. Je souhaite aller au plus haut niveau pour pouvoir les aider sur tous les plans.

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