Quelques semaines après son triomphe à la CAN 2021 avec le Sénégal, Edouard Mendy est en couverture du nouveau numéro de Onze Mondial. Le portier des Lions de la Téranga et de Chelsea nous accorde une interview exclusive en évoquant des sujets forts, de la CAN à l’OM en passant par Chelsea, Thomas Tuchel, le racisme ou la polémique sur les erreurs sur son nom. Morceaux choisis.

Sur la CAN

« Oui, j’ai dit que remporter la CAN était plus fort que de gagner la Ligue des Champions (sourire). Certains ne sont pas d’accord avec moi. Mais déjà, cette phrase est un ressenti, donc personne ne peut interpréter mon ressenti à ma place. De deux, j’ai gagné la CAN et la Coupe d’Europe, donc je peux parler, je peux dire qu’il y a une différence. Quand je dis que la CAN m’a donné 10 fois plus de frissons, c’est mon ressenti. C’est vraiment ce qu’il s’est passé. Après, quand on a gagné la Ligue des Champions, nous étions en période de Covid. On n’a pas fait de parade, on n’a pas fait de communion avec les supporters, donc ça joue aussi. Et quand on voit ce qu’il s’est passé à Dakar après la CAN, je peux dire que c’est 10 fois plus fort ! »

Sur son passage à l’OM

Edouard Mendy

 

« En fait, j’étais venu pour la CFA, et dès que je suis arrivé, j’ai disputé un match amical avec la CFA et ça s’est bien passé. Du coup, ils ont dit « pourquoi pas », et je suis monté avec les pros. Ça s’est super bien passé. Dès la fin de l’entraînement, les joueurs sont venus me parler pour me dire : « Tu viens d’où ? », « Félicitations, t’es pas mal ». Et là, quand tu leur réponds que tu n’as pas de club, certains n’y croient pas, d’autres sont choqués, d’autres disent : « Mais comment c’est possible ? ». Je me rappelle que des gars comme Abdelaziz Barrada ou Lassana Diarra, passé par Le Havre et qui connait de nombreux grands de mon quartier, étaient hyper surpris. Tout comme Steve Mandanda. C’était assez surréaliste pour moi, sachant que j’étais sans club. (…) J’aurais kiffé être le gardien numéro un de l’OM, mais devant moi, il y avait Steve Mandanda, Yohann Pelé et Florian Escales qui était l’espoir du club à ce poste. Même si j’avais dans mon rêve le plus fou cette pensée-là, la réalité était autre, c’était bouché de chez bouché de chez bouché, il n’y avait aucune voie pour y arriver. Est-ce que je pourrais devenir le gardien de l’OM dans quatre ou cinq ans ? (Il éclate de rires) On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, en tout cas, je me concentre sur Chelsea et j’ai encore de belles choses à faire ici, si Dieu le veut. »

Sur le racisme dans le foot

« Ma solution miracle pour combattre le racisme ? Ce serait d’apprendre aux plus jeunes que la différence est une force, qu’on n’a peut-être pas la même couleur de peau mais qu’on a tous un cœur, un cerveau, deux bras, deux jambes, qu’on est tous les mêmes, qu’on a des qualités, des défauts. J’aimerais bien qu’on apprenne ça à tous les enfants dans le monde parce que personne ne naît raciste. C’est juste la peur de la différence qui fait ça, ce sont des gens mal intentionnés qui leur inculquent ça. Personne ne naît raciste, donc je prendrais le problème à la racine, en tout cas, j’essayerais. Je pense qu’il y a un grand pas à réaliser au niveau de l’éducation pour faire évoluer les mentalités. Si demain, je suis victime de racisme sur un terrain, je ne suis pas capable de te dire quelle serait ma réaction. Aujourd’hui, ce que je peux te dire, c’est que je comprends tout à fait les joueurs qui sortent du terrain, parce qu’on est certes des joueurs de foot, mais on est des humains avant tout, on a des émotions. Si l’arbitre ne fait pas son travail, il faut réussir des actions fortes. Sortir du terrain est une action forte. »

SourceOnzemondial
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