CAIRO, EGYPT - JUNE 23: Sada Thioub of Senegal looks on during the 2019 Africa Cup of Nations Group C match between Senegal and Tanzania at 30 June Stadium on June 23, 2019 in Cairo, Egypt. (Photo by Sebastian Frej/MB Media/Getty Images)

Ailier rapide et infatigable dribbleur au Nîmes Olympique puis au SCO d’Angers, Sada Thioub possède un profil unique en Ligue 1. Bientôt de retour sur les terrains après une blessure à la cheville droite, l’international sénégalais (7 sélections) se confie ses débuts dans sa ville de Nanterre, sur le parcours des Lions de la Téranga pendant la CAN 2019 et sur les ambitions angevines pour cette fin de saison.

Bonjour Sada, tu n’as plus joué depuis le 11 février en Coupe de France face à Rennes (victoire 2-1) à cause d’une blessure, comment va ta cheville droite ?  

Ça va mieux, j’ai repris les séances la semaine dernière. J’ai pu récupérer, c’était plus long que prévu mais là ça va. J’espère faire mon retour le plus vite possible.

Tu es arrivé au SCO d’Angers à l’été 2019 et avant cela tu as joué trois saison au Nîmes Olympique. Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours avant Nîmes ?

Chez les jeunes j’évoluais au Racing Club de France puis j’ai passé une année au centre de formation du SM Caen, puis deux années à celui de l’OGC Nice. J’ai ensuite été prêté une saison au CA Bastia en National. En Corse, j’ai découvert un championnat mixte avec des professionnels et des amateurs. Le niveau était dur, physique et imprévisible, n’importe quelle équipe pouvait battre toute le monde. J’ai appris au quotidien et franchement c’était une étape essentielle dans ma carrière. J’ai vraiment appris en National.

Tu es né à Nanterre, qu’est-ce que signifie cette ville pour toi ?

C’est ma ville natale, là où j’ai grandi, où j’ai connu ma famille et mes amis d’enfance. C’est aussi là-bas que j’ai commencé à jouer au foot pour la première fois. J’ai fait toutes mes classes là-bas, j’y retourne encore pour voir ma famille et des amis.

En tant que francilien, tu supportes le PSG ?

Quand j’étais jeune oui, grâce à mes grands frère !

Après deux saisons en Ligue 2 avec Nîmes, tu es promu en 2018-2019 en Ligue 1 et vous réalisez une très bonne saison (neuvième place) avec un jeu plaisant. C’était quoi la force de cette équipe ?

La force de l’équipe c’était son côté familial. On s’entendait tous, on avait tous la même grinta et on était tous soudés.

Un match t’a marqué ?

Celui contre l’OM au stade des Costières pour la 2ème journée de championnat. Une soirée inoubliable étant donné que c’était une sorte de derby du Sud avec un stade à guichet fermé, dans une ambiance exceptionnelle.

« J’étais fier de représenter le peuple sénégalais qui est à fond derrière l’équipe nationale »

Tu deviens ensuite international sénégalais (7 sélections) et tu arrives jusqu’en finale de la CAN 2019 avec les Lions de la Téranga (défaite 1-0 face à l’Algérie). Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as été retenu par le sélectionneur, Aliou Cissé ?

De la joie et de la fierté pour ma famille et mes parents qui étaient vraiment contents pour moi. J’étais fier de représenter le peuple sénégalais qui est à fond derrière l’équipe nationale. Le Sénégal vit vraiment pour le football, c’est un phénomène inexplicable.

Ça fait quoi de passer d’un club « familial » comme Nîmes à une sélection composée de stars comme Sadio Mané ou Kalidou Coulibaly ?

Franchement au début, j’imaginais que ça allait être bizarre de côtoyer au quotidien des grandes stars, mais ils m’ont très bien accueilli dans cette équipe. Ce sont des joueurs humbles. Pour eux, il n’y a pas de star, ce sont des êtres humains comme tout le monde. Ils parlent gentiment, ils nous mettent à l’aise, ils sont vrais et entiers.

Qui sont les joueurs dont tu es le plus proche dans la sélection sénégalaise ?

Y’en a pas mal (rires) !  Je suis sociable avec les gens généralement. Je suis proche de Youssouf Sabaly, Edouard Mendy, Salif Sané, Kalidou Coulibaly…

Après ta belle saison avec Nîmes et le Sénégal, tu as été transféré à Angers. Qu’est ce qui t’as plu dans le projet Angevin ?

Je connaissais le projet sportif. Angers est installé depuis un moment en Ligue 1 et obtient de bons résultats. Le discours, la confiance du coach (Stéphane Moulin, qui a depuis l’interview, annoncé son départ à l’issue de la saison ndlr) et du directeur sportif (Olivier Pickeu, qui a depuis été remplacé par Sébastien Larcier ndlr) m’ont beaucoup plu. Ils m’ont tout de suite dit qu’ils souhaitaient me faire progresser, qu’ils me garantissaient du temps de jeu mais que je devais le mériter. Si je mérite de jouer, je joue tout simplement.

La saison dernière, tu étais quasi titulaire indiscutable et la saison s’est arrêtée brutalement. Comment as-tu vécu le confinement et l’arrêt de la compétition ?

J’ai vécu la situation comme tous les autres Français. C’était un peu long, brutal et ça faisait un peu bizarre de rester enfermé chez moi aussi longtemps. Je suis rentré à Nanterre pour retrouver ma famille, heureusement que je n’étais pas seul. Le foot m’a beaucoup manqué, c’était un peu compliqué de tout arrêter, de ne plus pratiquer de sport, de se motiver pour aller courir le matin, de ne pratiquement pas toucher le ballon. Néanmoins, revoir ma famille, ça m’a fait du bien mentalement.

« Franchement ça ne m’est jamais venu à l’esprit une seule seconde de quitter Angers »

La saison actuelle est plus délicate pour toi que les précédentes, tu as moins de temps de jeu, comment tu l’expliques ?

Les blessures m’ont vraiment freiné dans ma condition physique. Je sais que si ne je suis pas prêt physiquement, ça sera dur pour moi de de me faire voir, de me faire remarquer, d’être bon sur le terrain et d’être régulier. J’essaye de travailler au quotidien et surtout de ne pas me blesser. Par la suite ça viendra tout seul, j’ai toujours confiance en moi et c’est le plus important.

Cet hiver, on a pu entendre parler d’un prêt au Panathinaïkos (championnat grec), pourquoi ça ne s’est pas fait ?

Honnêtement, même moi ou le coach n’étions vraiment au courant. Je sais que j’ai la confiance du coach et qu’il compte sur moi. Franchement ça ne m’est jamais venu à l’esprit une seule seconde de quitter Angers.

Angers réalise encore une belle saison et est actuellement dixième, qu’est ce qui manque au SCO pour pouvoir viser encore plus haut ?

Pour être un prétendant à l’Europe, il nous manque la régularité car on sait qu’on peut faire un très beau match une semaine et un moins bon la suivante.  La régularité, c’est malheureusement ce qui pêche mais on essaye de travailler là-dessus pour devenir performant à tous les matchs et garder un certain niveau d’exigence.  On traverse parfois des périodes un peu plus compliquées mais on y croit encore. Ces derniers temps on joue mieux, on n’est pas loin de la cinquième place et on est encore en course en Coupe de France. Même si ça sera un peu compliqué vu la qualité de nos concurrents, tant que mathématiquement c’est possible, on se doit d’y croire.

Comment peux-tu encore t’améliorer ?

En devenant plus décisif, en faisant marquer et en marquant. Je dois être plus régulier pour apporter un plus offensivement à chaque rencontre. Je ne dois pas me contenter de mes qualités de dribble et de percussion mais je également m’améliorer sur le jeu en une touche, deux touches, et à prendre les bonnes décisions le plus rapidement.

Est-ce que tu as un joueur modèle ?

Quand j’étais gosse j’avais un modèle, le Brésilien Ronaldo. Il me faisait kiffer par son talent, par son génie. Quand je le voyais jouer, j’étais vraiment heureux.

Quel est le plus grand souvenir de ta carrière ?

La CAN ! Je l’ai toujours regardé à la télévision, j’ai toujours supporté mon pays, donc être dans la liste des 23 et participer à la CAN, c’était vraiment un truc qui m’a rendu fier.

Pour conclure, quels sont tes objectifs pour la fin de saison et la saison prochaine ?

Terminer la saison le plus haut possible avec le SCO d’Angers, revenir le plus vite sur les terrains et devenir plus efficace.

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