Pathé Ciss réalise un excellent début de saison avec le Rayo Vallecano équipe promue en Liga espagnole. Doué techniquement, le joueur formé à Diambars a dû travailler dur pour combler ses lacunes défensives et physiques. Aujourd’hui, il se dit prêt á franchir des paliers.  Passé par le Portugal, évoluant  désormais dans l’un des championnats les plus relevés au monde, le petit-frère de Saliou Ciss répondra présent et avec fierté à une convocation en équipe nationale si l’occasion lui en est donnée. Entretien

Vous avez tout de suite gagné votre place de titulaire au sein de cette équipe du Rayo  Vallecano (11 titularisations en 12 matchs de liga, 1 but, 1 passe décisive) Comment expliquez-vous cette rapide intégration ?

J’ai vécu une adaptation  facile car c’est une équipe que j’avais l’habitude d’affronter déjà en deuxième division. Le coach (ndrl Andoni Iraola) me suivait depuis longtemps.Quand je signais ici à CF FUENLABRADA, il était l’entraineur de Mirandes une autre équipe de deuxième division espagnole et déjà à l’époque il me voulait dans son équipe. Quand le Rayo est monté, il m’a recontacté. Les joueurs aussi me connaissaient avant et cela a facilité mon intégration.

Tout comme vous, Le Rayo Vallecano fait  une belle entame de saison.  Quel est le style de jeu de ce club quand on sait que le foot espagnol est très technique ?

Effectivement, nous faisons un bon début de saison car le groupe est solidaire et travailleur. Toutes les équipes espagnoles s’appuient sur un jeu technique. Nous avons ça mais nous rajoutons aussi l’aspect physique. Cela nous aide par rapport aux autres équipes. On court plus, on est plus agressif, on a un jeu assez direct.

A quel poste, évoluez-vous ?

Ici  le coach me fait parfois jouer comme 8 mais plus souvent comme numéro 6, milieu récupérateur devant la défense. C’est une position que je maîtrise car de cette position, tu gères l’équilibre de l’équipe, tu gères ta défense et tu aides tes joueurs offensifs à se libérer. C’est une position complexe où tu as besoin d’être concentré, d’être bien techniquement et physiquement aussi.

Comment êtes-vous arrivé dans ce club ?  

Dans mes plans, je n’avais même pas le Rayo Vallecano. Il y’avait d’autres clubs plus connus en liga qui étaient intéressés. De retour de vacances, mon avocat m’a parlé du Rayo, cela m’a surpris. Par la suite, c’est l’équipe qui a montré le plus d’intérêt. En plus je voulais vite intégrer un club, commencer à m’entrainer et à m’acclimater. J’ai donc signé ici.


Quel est l’objectif du club cette saison, sachant que le 
Rayovient de deuxième division espagnole ?

Comme tout club qui vient de monter, le principal objectif est de se maintenir. Vu le début de saison qu’on est entrain de faire, on peut se permettre de rêver un peu mais sans se prendre la tête non plus. On vient tout juste de commencer le championnat,  le plus important sera de se maintenir. On est sur la bonne voie. Sur le plan personnel, je veux jouer le maximum de matchs possibles tout étant bon.

Pathé,  racontez-nous votre parcours ! Il y’a eu Diambarscomme centre de formation et ensuite…

En 2016-2017, j’ai signé au Portugal à União Madeira en 2èmedivision. L’intégration fut un peu difficile là-bas car je ne parlais pas la langue. Quand je suis arrivé, l’entraîneur avait déjà son onze.  Du coup j’étais obligé de travailler dur pour me faire une place dans l’équipe. Au bout d’un an, j’ai été prêté à Famalicao toujours en 2ème division et j’y ai réalisé une très bonne saison.  On a fini 2ème du championnat et on est monté en 1ère division. J’ai été désigné meilleur joueur du championnat. J’ai ensuite quitté Famalicao pour signer ici en Espagne à CF FUENLABRADA, où je suis resté 1 an et demi avant de rejoindre le Rayo Vallecano.

Avez-vous toujours joué comme milieu défensif ?

A la base, j’étais attaquant. Quand  je suis rentré à Diambarson me faisait jouer soit comme numéro 10 ou numéro 8.Raison pour laquelle, je me retrouvais souvent dans les actions offensives. Défensivement j’étais nul, je n’aimais pas défendre (rires). Je restais devant et quand on récupérait la balle, les autres jouaient avec moi et là je faisais mes affaires (rires). En arrivant au Portugal, un jour on a un match de coupe contre une équipe de première division et on n’avait pas de numéro 6.  Le coach fait appel à moi et me demande de jouer à ce poste. A l’époque, je n’avais pas le choix car je voulais absolument jouer. Ce jour-là, je fus le meilleur sur le terrain et  je n’ai plus changé de poste. A Famalicao, j’ai continué à jouer à ce poste.  Aujourd’hui à Rayo, je joue à ce poste mais le coach sait qu’il peut me faire avancer.


Quels sont vos  points forts et vos points faibles ?  

Sans me jeter de fleurs, je peux dire que je suis un joueur complet. Techniquement je suis à l’aise. Avant, on me reprochait mes défaillances physiques et défensives, désormais c’est le contraire. Quand on évoque mon nom, beaucoup de gens pensent d’abord à mes qualités défensives.  Certains ne connaissent même pas mes qualités techniques mais je suis un joueur qui aime jouer, faire jouer mes coéquipiers. Du coup, je me sens prêt actuellement à sauter des paliers.

Avez-vous des joueurs références ?

Actuellement je n’en ai pas. Mais à l’époque où j’étais à Diambars, je suivais deux joueurs: l’algérien Karim Ziani et l’argentin Javier Pastore. Il y’a à peine deux semaines, j’ai joué contre Javier Pastore ici en Liga.

Êtes-vous en contact avec les autres sénégalais qui évoluent en Liga ?

Nous sommes 5 sénégalais ici en Liga. Il y’a Loum Ndiaye, Mamadou Sylla  Boulaye Dia, Amath Diedhiou en moi-même.  Je connais très bien Loum car déjà on se fréquentait déjà au Portugal. Je connais aussi Amath mais pas les autres.

A 27 ans et après plusieurs années dans le haut niveau, vous avez forcément des envies d’Equipe nationale. Y’a-t-ileu des approches ?

27 ans, c’est le bon âge pour se montrer au foot. Pour le moment je n’ai pas de contacts avec les membres du staff. J’ai été une fois invité par Aliou Cissé, quand j’étais à Diambars. Ce jour-là, il y’avait beaucoup de lions qui étaient absents et je faisais partie de ceux qui devaient compléter le groupe pour les entraînements. Évidemment jouer pour sa nation, c’est le rêve de tout joueur professionnel. Je ne vais pas dire que c’est un objectif principal mais j’ai ça dans un coin de ma tête. Le jour où le staff fera appel à moi, je répondrai présent et avec fierté.

Avez-vous joué avec la sélection dans les petites catégories ?

J’ai eu une sélection avec les U23 quand on devait jouer la qualification des jeux africains contre le Mali à Mbour.

Aujourd’hui vous êtes en liga, rêvez-vous de jouer dans une autre ligue ?

Quand tu joues dans le championnat espagnol,  tu peux te dire que tu es vraiment arrivé dans le plus haut  niveau. La Liga fait partie au moins des deux meilleurs championnats du monde si ce n’est le meilleur championnat au monde. On peut toujours rêver plus grand. Pourquoi ne pas aller dans les plus grands clubs anglais ?

Avec votre grand-frère Saliou Ciss, vous venez tous les deux de Diambars. Est-ce que vous vous êtes croisés à l’académie ?

Saliou signait en Norvège en 2008 au moment où j’intégrais le centre de formation.  Nous sommes restés ensemble à Diambars pendant quelques mois.

Avec Saliou Ciss, est-ce que vous parlez de l’équipe nationale ? Lui-même n’est pas épargné par les critiques même si ses prestations sont plus abouties ces derniers temps.

Pour dire vrai, ça me faisait un peu de la peine. Après  tu te dis que c’est ça le football surtout quand tu joues pour le Sénégal. Parfois quand les supporters te prennent en grippe, ils ne voient même plus ce que tu fais de bon. Heureusement Saliouen est conscient et il a un fort mental. Juste après leur dernier match (Namibie-Sénégal) nous en avons parlé. Je lui ai dit qu’il est entrain de faire du bon travail. Le jour où je verrai un arrière-gauche qui fait mieux que lui en équipe nationale, c’est moi-même qui l’appellerai et lui dirai d’arrêter d’aller en sélection. Pour le moment Dieu Merci ce n’est pas encore le cas.

Quel est le rôle de Saliou Ciss dans votre carrière ?

C’est un grand-frère mais aussi un conseiller. il connait le milieu et il me parle de beaucoup de choses.  Je peux dire que Saliou  Ciss est ma deuxième idole après mon père. Ce dernier était aussi promis à une belle carrière mais il n’est pas arrivé à ses fins. Quand je vois mon père, je suis encore plus motivé à faire une grande carrière.

Les meilleurs moments que vous avez jusqu’ici vécu dans votre carrière de joueur ?

Signer mon premier contrat professionnel au Portugal m’a bien sûr marqué. J’avais la chance de découvrir le monde professionnel. La montée en 1ère division avec Famalicao aussi, m’a beaucoup marqué car je faisais partie des artisans de cette belle prouesse et je termine meilleur joueur à l’époque.Ce sont des moments que je ne vais jamais oublier. Signer en 1èredivision espagnole, marquer mon premier but en liga contre Getafe, faire une passe décisive à Falcao, sont aussi des moments très  forts.

Votre dernier mot ?

Merci à 13football.com d’avoir pensé à moi pour cette interview, saluer ma famille, mes amis et tous ceux qui me soutiennent

Source13football
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