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Depuis l’arrivée d’Aliou Cissé sur le banc de l’équipe nationale en mars 2015, Papy Mison Djilobodji n’a étrenné la moindre convocation en Lion. Aujourd’hui, le défenseur central de Sunderland se dit prêt à réintégrer la Tanière. Reconnaissant avoir commis des erreurs, l’ancien Canari  n’exclut pas d’appeler Aliou Cissé pour arrondir les angles.

Papy, que pensez-vous de la relégation de votre club, Sunderland, en Championship ?

C’est à la fois triste et dommage. On avait à cœur de rester en vie en Premier League. Malheureusement, cela s’est passé autrement. Ça fait partie du football. Donc, on va prendre cette relégation avec philosophie. Il est clair que cela n’est pas du goût des supporters, encore moins des dirigeants et des joueurs que nous sommes. Mais, comme je l’ai dit, c’est la loi cruelle du football.

Quel bilan tirez-vous d’un point de vue personnel de votre saison ?

Il est clair que j’ai un bilan mitigé. Il n’est pas médiocre du tout parce qu’il y a des matchs au cours desquels j’ai été bien et il y en a d’autres où j’étais moins bon. Ça arrive dans le football. A moi de positiver tout ce qui m’arrive parce que j’ai encore beaucoup d’années de carrière devant moi.

N’est-ce pas une erreur de votre part de revenir en Angleterre après avoir réussi des piges au Werder Brême, en Bundesliga ?

Non, du tout. Il n’y a pas d’erreur. J’étais juste partie pour un prêt. J’étais à l’époque sociétaire de Chelsea et d’un commun accord, on a décidé que j’aille au Werder pour les six derniers mois de la dernière saison. C’est vrai que je m’étais imposé là-bas. Le club avait fait des propositions pour que je continue l’aventure mais quand les dirigeants de Chelsea leur ont dit que j’étais cher, ils ont reculé.

Êtes-vous prêt à retrouver la division inférieure avec Sunderland ?

J’aimerais bien rester en Premier League. Les gens qui s’en occupent y travaillent convenablement. Pour l’instant, on compte bien terminer la saison même si on est relégué. Il faut bien respecter les supporters et tous les employés du club. A la fin de la saison, j’irai en vacances pour rester en famille. A partir de là, on pensera à notre avenir. Mais, n’oublions pas que je suis aussi sous contrat avec Sunderland.

En quittant le FC Nantes, en 2015, vous vous attendiez à ce genre de scenario ?

Vous savez, en football, il faut s’attendre à tout. On ne peut pas pratiquer ce métier et avoir de la prétention que tout sera donné sur un plateau d’or. Tout le monde sait que dans ce sport, il y a des hauts et ses bas. C’est un sport réservé aux gens qui sont forts mentalement et prêts à tout. En ce qui me concerne, je ne vais jamais baisser le bras. Que je descende en Championship ou pas, ça ne change absolument rien dans mon tempérament. Je reste ce joueur qui a toujours envie de donner le meilleur de lui-même sur le terrain et en dehors. D’ailleurs, dans la vie de tous les jours, il peut nous arriver de passer de bonnes semaines. N’empêche, on peut aussi vivre des moments difficiles. Tout ne peut pas être rose. Ce qui est grave, c’est de ne pas se relever quand on chute.

Pensez-vous que vous allez vous remettre de cette relégation ?

Bien sûr que je me relèverai. Je ne suis pas du genre à lâcher quand c’est difficile. Je suis un sportif et je ne rechigne jamais face au combat. Je ne suis pas faible. Ceux qui me connaissent savent que je suis mentalement fort. Je sais comment faire pour donner le meilleur de moi-même.

Quelles différences y a-t-il entre les trois championnats que vous avez connus jusqu’ici ?

Tout a commencé en France. C’est là où j’ai appris tous les fondamentaux du football moderne. C’est un très bon championnat. Mais, c’est un secret de polichinelle, tous les joueurs savent que le meilleur championnat reste la Premier League. En Angleterre, c’est plus costaud, ça court partout ; de la première à la dernière minute. En Allemagne, c’est pareil avec les fans qui sont très proches de leur équipe. En France, ce n’est certes pas très costaud parce que là-bas, on protège toujours l’intégrité du joueur. Les arbitres sont plus dans la pédagogie. Mais, l’un dans l’autre, la Ligue 1 reste aussi un très bon championnat avec un niveau technique exemplaire.

Quelle appréciation faites-vous du comportement général des Sénégalais de la Premier League ?

Sans faire dans la langue de bois, je suis très content des sénégalais d’Angleterre. Que ce soit Sadio Mané, Idrissa Gana Guèye et les autres, ils ont tous répondu présent même si c’est à des degrés moindres. Avant sa blessure, Sadio a prouvé qu’il faut compter avec lui à Liverpool. D’ailleurs, j’en profite pour lui souhaiter un très bon rétablissement. Gana, quant à lui, est en train de faire une saison plus que remplie à Everton. Il y a Cheikhou Kouyaté et Diafra Sakho qui sont à West Ham. Si le premier a été plus présent, le second a connu des blessures. Je n’oublie pas Mame Biram Diouf. Même si lui n’a pas connu une saison comme on le souhaitait, je prie qu’il revienne en force parce que c’est un très grand attaquant. Il ne doit pas baisser les bras. Le Sénégal a de bons leaders dans le championnat anglais.  J’espère que les prestations des uns et des autres donneront envie à d’autres sénégalais de découvrir ce championnat surtout que nous sommes bien appréciés par les anglais.

Pouvons-nous parler de l’équipe nationale ?

Bien sûr. Je ne suis pas déconnecté. Je regarde tous les matchs de la sélection. J’ai, comme tous les Sénégalais, suivi la dernière Coupe d’Afrique des Nations. C’est vrai qu’on s’est arrêté en quart de finale mais on a fait une très bonne CAN. L’équipe a appris beaucoup de choses. Et je suis convaincu qu’on remportera le trophée à la prochaine édition.

Avez-vous des fourmis dans les jambes en suivant vos coéquipiers sur le terrain ?

Bien sûr que j’ai tout le temps des fourmis dans les jambes (éclats de rires). C’est normal parce que je ne suis pas un joueur qui laisse le travail aux autres. Je veux toujours faire partie des combattants, surtout quand il s’agit de l’équipe nationale. Je veux vraiment gagner quelque chose pour le Sénégal, mais bon, on s’en remet au Tout Puissant.

Aliou Cissé a toujours dit que votre retour en équipe nationale est assujetti à un préalable…

Je suis prêt à revenir en équipe nationale. Mais, comme je le dis souvent, cette décision ne m’appartient pas non plus. C’est juste un rêve mais avant d’y arriver, il faut que je rejoue en club, que je sois en forme. Après, on verra ce que cela donnera comme résultat.

Le coach vous savez ce que vous devez faire c’est à dire l’appeler pour lui dire que vous revenez sur votre décision ?

(Rires). Je n’ai jamais dit que je ne suis pas prêt à revenir en équipe nationale. Je ne me rappelle pas l’avoir dit.

Au Havre, lors de son premier match sur le banc des Lions, n’aviez pas dit que si c’est pour vous mettre sur le banc, ce n’est pas la peine que le coach vous appelle ?

C’est vrai que je l’ai dit. Là, je suis prêt pour l’appeler pour lui dire ma volonté de jouer pour mon pays. Mais, comme je l’ai dit, il y a un préalable à tout cela. Je ne sais pas si je dois rester à Sunderland ou aller voir ailleurs. L’avenir nous le dira. Quand je vais recommencer à jouer et à prendre du plaisir, je pense que je redeviendrai sélectionnable.

Reconnaissez-vous avoir commis une erreur d’avoir tenu ce genre de discours au coach ?

Je suis d’accord que j’ai commis des erreurs. Mais, il faut reconnaître aussi que les responsabilités sont partagées. Il n’y a pas que moi dans l’affaire ; le coach aussi a sa part de responsabilité. Mais, je pense que tout cela est derrière nous parce que pour moi, il faut rester positif et continuer à fédérer toutes les forces pour le bon fonctionnement de la tanière.

Après tout ce qu’il s’est passé, pourriez-vous regarder vos coéquipiers en face ?

Et pourquoi pas. Je n’ai lâché personne. En réalité, si j’en suis arrivé à cette situation, c’est parce qu’il y a des choses que je n’arrive pas à accepter ou à digérer. Mais comme je le dis, c’est du passé et là, je veux vraiment avancer avec tous mes coéquipiers de l’équipe nationale.

Êtes-vous prêt à faire partie du projet de la Coupe du monde 2018 ?

Bien sûr que oui. Tout joueur rêve de jouer le Mondial. Mais avant cela, il y a les éliminatoires qualificatives à ses joutes.

Quel est votre plus grand rêve de footballeur à 28 ans ?

Il est clair que c’est de revenir en équipe nationale et d’aider le Sénégal à se qualifier à la prochaine coupe du monde et à la CAN-2019.

Comment jugez-vous la défense du Sénégal dans sa globalité ?

Vous savez, on a un axe central en bêton composé de Kara et de Koulibaly. Le premier est un joueur qui ne lâche pas le morceau, quel que soit l’adversaire en face. Le second est aussi très bon et n’hésite pas à aller au contact quand il le faut. Mais, sur les flancs on a un peu de problème. Pourtant, Lamine Gassama a été très bon lors de la dernière CAN sur le côté droit. A gauche, on a Cheikh Mbengue qui alternait souvent avec Saliou Ciss. A ce niveau, il y a de petites blessures qui plombent un peu le niveau des uns et des autres. Mais, indépendamment de tout cela, nous avons une très bonne défense.

Vous rappelez-vous de vos débuts de footballeur ?

Bien sûr. J’ai démarré à Tandem FC, à Kaolack. J’ai beaucoup de projets pour tous mes clubs sénégalais mais on ne peut pas tout dire dans les journaux. Mais, sachez que j’ai beaucoup souffert dans ce club-là parce que les conditions étaient très difficiles. Je vais vous raconter une anecdote : je me suis entraîné dans ce club pendant un an sans jouer la moindre minute. J’avais à l’époque 16 ans et j’étais toujours le premier à l’entraînement et je continuais mes exercices à la fin des séances collectives. Je n’ai jamais renoncé. A la 2ème année, le coach me faisait valser entre les équipes junior et cadette. J’ai aussi joué deux ans dans le championnat populaire. C’est à partir de là que le coach Kader Thiam m’a repéré pour m’envoyer à l’AS Saloum. Sur place, j’ai rencontré Pape Faye, le coach du club. Bien qu’il soit un ami de mon papa, il ne me faisait pas de cadeau. Je me suis toujours battu avec les monuments du football Kaolackois. Malgré mon jeune âge (17 ans à l’époque), j’étais déjà costaud dans mes interventions. A chaque fois que je pense à toutes ces mésaventures, je me dis que je n’ai pas le droit de reculer. J’en profite pour saluer tous mes parents et amis d’enfance de Kaolack qui m’ont permis d’arriver à ce stade, malgré les difficultés que j’ai endurées tout au long de ma carrière.

Où est-ce que vous en êtes avec votre fondation ?

Vous savez, je n’aime pas trop parler de mes activités extra-sportives. Je veux progresser dans la plus grande sobriété. En tout cas, sachez qu’avant de devenir footballeur professionnel, j’ai toujours voulu avoir les moyens d’aider les autres. Et je suis dans ça. Maintenant, il me sera difficile de m’épancher dans la presse pour parler de tout ce que je fais.

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