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Pape Thiaw, ancien international sénégalais : «Windhoek, le meilleur souvenir de ma carrière»

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Un doublé encore frais dans les mémoires. Grâce à ses deux buts marqués à Windhoek lors de l’ultime journée des éliminatoires de la Coupe du Monde 2002, Pape Thiaw avait grandement participé à la qualification du Sénégal en Corée du Sud et au Japon. Quatorze ans après et à 34 ans, l’ancien attaquant des «Lions» se rappelle ce 21 juillet 2001 comme le «meilleur souvenir» de sa carrière de footballeur.

Un souvenir toujours vivant. A l’annonce de la poule du Sénégal dans les éliminatoires de la CAN 2017, tous les esprits ont fait un voyage de quatorze ans dans le passé pour une destination unique : la Namibie. Et parmi les Sénégalais, il y en a un qui garde un souvenir spécial de ce pays et de sa capitale. Avec son doublé (15e et 30e) et une passe décisive pour une large victoire (0-5) des «Lions», ce soir du samedi 21 juillet à l’Independence Stadium Windhoek, Pape Thiaw avait grandement contribué à la qualification histoire du Sénégal à sa première Coupe du Monde 2002 co organisée par le Japon et la Corée du Sud. Aujourd’hui encore, l’auteur de la talonnade légendaire sur le but en or de Henri Camara face à la Suède (2-1) en 8e de finale du Mondial asiatique, se rappelle ce jour comme si c’était hier. «Il y avait Aliou Cissé et Lamine Diatta qui jouaient dans l’axe de la défense. A droite, si je ne me trompe pas, il y avait Habib Bèye et à gauche, Omar Daf. Au milieu : Pape Sarr et Salif Diao. Et en attaque, j’étais avec El Hadji Diouf, Fadiga à gauche et Henri à droite.» Exact !

«Mon meilleur souvenir»

Et sans risque de se tromper, il se rappelle ce match comme étant «l’un des meilleurs souvenirs de (sa) carrière footballistique». «Parce que c’est ce jour que le Sénégal s’est qualifié pour la première fois en Coupe du Monde», confie, nostalgique, l’ancien numéro 18 des «Lions». Joint au téléphone, il raconte : «Avec le système mis en place, je pense qu’on avait plus joué en 4-2-4. Puisqu’on devait marquer beaucoup de buts, il (Bruno Metsu) avait mis quatre joueurs à vocation offensive (Henri Camara, El Hadji Diouf, Fadiga Kalilou et moi) et deux ratisseurs/bagarreurs au milieu, avec Salif qui récupérait tous les ballons et Pape Sarr en relayeur. C’était un match qu’on devait gagner par un large score, parce qu’il y avait Algérie/Égypte qui se jouait de l’autre côté. Nous étions obligés de gagner avec un écart conséquent. J’ai eu la chance de débloquer la situation à deux reprises et de faire une passe décisive. C’était quelque chose de génial, surtout pour notre pays.»

«Jusqu’à la veille du match, je n’étais pas titulaire»

Mais dans l’euphorie de cette performance écrite en lettres d’or à 5601 kilomètres de Dakar, «Papé» Thiaw garde particulièrement quelque chose dans un coin de sa mémoire. «Personnellement, le souvenir que je garde est que jusqu’à la veille (vendredi) du match, je n’étais pas titulaire. Et puisque nous avions besoin de marquer beaucoup de buts dans cette rencontre, le coach nous avait demandé de faire un travail devant le but lors du dernier entraînement. Après cette séance, les attaquants sont restés et chacun de nous devait s’exercer aux frappes. J’ai eu la chance de faire dix lucarnes en dix frappes.» Une réussite qui a chamboulé toutes les données établies jusqu’à ce jour du 20 juillet 2001. Et changé le cours de son histoire sous le maillot national.

Ce que Metsu et Bocandé m’avaient dit…

«J’avais mis un doute dans la tête du coach, dit-il. Le soir de la veille du match, le coach (Metsu) était avec feu Jules Bocandé, paix à son âme. Après le dîner, quand on devait aller se coucher, il (Burno Metsu) a frappé à la porte de ma chambre, que je partageais avec Alassane Ndour. Je suis sorti et il m’a dit : «Tu vas démarrer demain ! » Ils m’ont dit qu’il y avait une mise en place qui était faite et que je serai titulaire. Sachant cela, je me suis préparé pour donner le meilleur de moi-même. Il fallait mouiller le maillot, d’autant plus que je n’avais pas joué le match contre le Maroc (victoire 1-0 à Dakar, Ndlr), c’était une chance et il fallait que je me donne à fond. Je me suis dit : «Il ne faut pas passer à côté. C’est une chance pour le Sénégal de se qualifier pour la première fois en Coupe du Monde et il ne faut pas la louper.»

Pari réussi, puisque grâce à ses deux buts face à la Namibie et avec des réalisations signées El Hadji Diouf (23e), Kalilou Fadiga (79e) et Moussa Ndiaye (81e), le Sénégal s’était imposé 5-0 et gagné son billet pour la Coupe du Monde 2002. Quatorze ans après, ce fait grandiose continue de résister au temps. Acteur  de ce fait historique du 21 juillet 2001, Aliou Cissé retournera à Windhoek, comme entraîneur des «Lions». Pour perpétuer l’histoire…