Ils ont en commun d’avoir été des footballeurs de grand talent et de n’avoir jamais disputé une phase finale de Coupe d’Afrique des Nations (Can). Pour une raison ou pour une autre. Nous vous proposons d’aller à la rencontre de cette belle brochette de joueurs qui auraient certainement fait bonne figure dans cette compétition si courue.

Aujourd’hui, Papa Idrissa Thiam.

Près de 30 ans après, Papa Idrissa Thiam n’en démord pas. «Si j’avais été de l’équipe de la Can 92, l’Afrique et le monde entier auraient découvert le Messi sénégalais», dit-il aujourd’hui. Convaincu qu’avec les qualités qui étaient siennes (facilité de dribble, technique au-dessus de la moyenne et sens relativement élevé du but) et aux côtés «de génies du ballon rond comme Roger Mendy, Oumar Guèye Sène ou Bocandé», il aurait éclaboussé la compétition de son talent et, peut-être, aidé le Sénégal à dépasser le cap des quarts de finale où il avait été sorti par le Cameroun. Mais il n’avait pas été retenu. «Et ce n’était pas un problème de niveau. Car j’évoluais certes en D2, à Istres, mais à la trêve, fin décembre 1991, avec mes 7 réalisations, j’étais le meilleur buteur de tous les Sénégalais jouant en Europe», tient-il à préciser.

N’empêche, Claude Le Roy, l’entraîneur national d’alors avec qui il avait «de bons rapports et s’entendait bien» et qui l’avait même retenu pour les précédents tournois Espoirs de Toulon, l’avait laissé en rade. Pour Papa Idrissa Thiam, il ne faut pas aller chercher les raisons plus loin que «les clans qui existaient et qui favorisaient les joueurs de la Jeanne d’Arc et du Jaraaf». D’après lui, d’avoir été ancien joueur du Dial Diop SC de Dakar lui avait été préjudiciable. «Si j’avais été sociétaire du Jaraaf ou de la JA, l’histoire aurait été écrite autrement», pense-t-il. Idy trouve même anormal qu’à chaque convocation de l’équipe nationale, il y ait eu 8 ou 9 joueurs de ces deux clubs alors qu’il y en avait de très bons ailleurs. Selon lui, c’est ce «clanisme» qui est à la base du «retard de notre football, car cela ne contribue pas à faire avancer les choses».

Papa Idrissa Thiam dont les premières convocations en équipe nationale remontent aux années 1987–88, avait longtemps été un habitué de la Tanière sous Youssou Touré. International juniors, « P.I.T » se souvient d’avoir été expulsé lors d’un Mali – Sénégal à Bamako, ce qui l’avait sorti de l’équipe qui devait disputer le «Cabral» de Bissau en 1988. Et alors qu’il évoluait à Annecy (D2 française), il avait été appelé en 1993 pour le match Sénégal – Zambie en éliminatoires du Mondial «Usa 94» qui ne s’était pas tenu à date échue du fait du crash de l’avion des «Chipolopolo» au large de Libreville au Gabon.

Le Sénégal «repêché» pour la Can 1994 en Tunisie à la faveur de la disqualification de l’Algérie, Papa Idrissa Thiam qui jouait alors à Estoril en première division portugaise, avait eu la chance d’être présélectionné en vue du tournoi final. «Mais, il n’y avait pas eu de suite», regrette-t-il en pointant «le manque d’organisation» qui prévalait à l’époque, avec notamment des joueurs obligés de prendre en charge eux-mêmes leurs frais de déplacement pour ensuite passer leur temps à courir derrière des remboursements.

La dernière fois où Papa Idrissa Thiam aurait pu disputer une Can, c’était en 2002, «si auparavant j’avais dit oui à Bruno Metsu», précise-t-il. En fait, alors qu’il jouait à Brest, il avait réussi une grosse performance face à Sedan alors entrainé par Metsu et avec dans ses rangs un certain Aliou Cissé «qui était à mon marquage», rappelle-t-il. «Si bien que lorsqu’il a été nommé entraîneur du Sénégal, Metsu m’avait demandé de l’accompagner dans l’aventure. Mais je n’avais pas donné suite». Ce n’est pas pour autant qu’il regrette de n’avoir pas saisi la perche ou même de n’avoir jamais disputé de Can. «C’est mon destin», soutient cet ex- joueur offensif qui se caractérise aussi par une foi inébranlable. D’autant que dès la fin de cette année 2002 là, Papa Idrissa Thiam a arrêté sa carrière professionnelle.

Ce qu’il n’a pas connu comme joueur, il le vit avec son fils, Mamadou Thiam, international juniors sénégalais qui avait été même du Mondial 2015 en Nouvelle Zélande. «D’ailleurs, philosophe-t-il, tout parent aimerait que ses enfants le dépassent et fassent mieux que lui dans la vie». C’est pourquoi, P.I.T est «fier du parcours» de son rejeton «qui s’est bagarré et s’est investi à fond pour devenir footballeur professionnel». Selon le pater, le fils, aujourd’hui sociétaire de Burnsley en Championship (D2 anglaise), «s’est donné les moyens de réussir». Et il lui souhaite bon vent, en espérant que pour ce qui concerne la Can, Mamadou aura plus de chances de la disputer que lui.

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