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Après l’échec en quarts de finale de la CAN 2017, l’équipe nationale du Sénégal s’est tournée vers les prochaines échéances que sont les éliminatoires du Mondial 2018 en Russie et la CAN 2019 au Cameroun. Deux compétitions que les Lions ne devront pas rater si l’on en croit les dernières sorties du président de la Fédération sénégalaise de football, Me Augustin Senghor, et du ministre des sports, Matar Bâ. Même le chef de l’État, Macky Sall, y va de son coup de pression en déclarant que les Lions doivent s’inviter au prochain rendez-vous du football mondial. De quoi donner des maux de tête à Aliou Cissé qui sera très attendu au tournant. 

Nommé sélectionneur national le 4 mars 2015 en remplacement d’Alain Giresse dont le contrat n’a pas été renouvelé après l’élimination des Lions au premier tour de la CAN en Guinée équatoriale, Aliou Cissé s’était vu fixer plusieurs objectifs. L’ancien capitaine de l’équipe nationale devait conduire les Lions à la qualification à la CAN 2017 et à un retour à la Coupe du monde que le Sénégal n’a pas plus connue depuis 2002 en Corée du Sud et au Japon.

L’homme aux dreadlocks est parvenu à atteindre le premier objectif de la meilleure des manières. Logés dans la poule K avec le Niger, la Namibie et le Burundi, les Lions ont réalisé un inédit carton plein en remportant toutes leurs rencontres. Donné favori au même titre que la Côte d’Ivoire et l’Algérie pour un triomphe au soir du 5 février à Libreville, le Sénégal a merveilleusement débuté la compétition avec deux succès contre la Tunisie et le Zimbabwe (2-0). Qualifiés avant même de disputer la dernière rencontre face à l’Algérie (2-2), Sadio Mané et ses camarades, impressionnants de maîtrise, semblaient aller tout droit vers un premier sacre continental.

Pour cela, il fallait marcher sur les Lions indomptables loin d’être favoris et qualifiés en quarts avec une victoire et deux nuls. Alors que beaucoup s’attendaient à un succès facile des joueurs d’Aliou Cissé, Benjamin Moukandjo et ses coéquipiers ont plié sans rompre. Devant la stratégie de jeu proposée par le Belge Hugo Broos, Aliou Cissé n’est pas parvenu à trouver la solution. Accroché jusqu’à la fatidique séance des tirs au but, le Sénégal s’inclinera finalement.

Une nouvelle désillusion pour le foot sénégalais. Et un échec pour Aliou Cissé qui, après avoir raté un penalty décisif contre le Cameroun en 2002, en finale de la CAN au Mali, butait à nouveau sur la bête noire camerounaise qui finira par remporter un 5ème titre continental. Critiqué pour ses choix durant la compétition, le coach national garde la confiance des autorités fédérales et celles du ministère des Sports.

DOUBLE CONFRONTATION DÉCISIVE CONTRE LE BURKINA

Cependant, ces dernières estiment qu’il faudra rebondir le plus rapidement possible lors des éliminatoires de la CAN 2019 et surtout de la Coupe du monde 2018. «La réalité est que c’est dans la victoire qu’on construit l’avenir et elle (l’équipe) a besoin de rebondir très vite, avec les éliminatoires de la Coupe du monde et essayer d’arracher la place disponible, pour y aller. Je pense qu’elle s’y attèlera, parce qu’elle en a les moyens. Elle a trébuché dans l’épreuve fatidique des tirs au but, mais elle est encore debout. Il faudra la pousser à aller plus loin et nous espérons qu’on leur donnera le temps de grandir ensemble pour nous valoir d’autres satisfactions», déclarait Me Augustin Senghor au sortir de l’élimination contre le Cameroun (0-0, 5TAB4). Même s’il garde toute sa confiance envers l’actuel coach dont il salue le travail, le président de la Fédération sénégalaise de football lui met en même temps la pression en insistant sur le fait qu’il faudra obligatoirement décrocher la première place qualificative au Mondial 2018.

Après le président de la FSF, c’est le ministre des Sports, Matar Bâ, qui a indiqué que le prochain objectif à atteindre sera la participation au Mondial 2018. Ce que le président de la république, Macky Sall, a aussi réaffirmé à la fin d’une cérémonie solennelle de levée des couleurs nationales au Palais. «J’invite les dirigeants du football  sénégalais (la Fédération sénégalaise de football) ainsi que tout l’encadrement administratif et technique, le coach et les joueurs, à redoubler de vigilance. Ça a été une étape manquée, mais il y a encore des étapes plus importantes parce que nous devons nous qualifier à la Coupe du monde et nous devons continuer ce combat. Nous devons apprendre de nos erreurs et nous préparer à affronter les épreuves qui sont devant nous», confiait le chef de l’État sénégalais. Devant tant d’attentes du peuple et des autorités, Aliou Cissé sait ce qui l’attend. Un échec dans la course à la qualification pour Russie  2018 pourrait lui coûter sa place. Le technicien doit ainsi s’atteler à remobiliser son groupe avant le mois d’août prochain.

Le 28, les Lions recevront l’actuel leader de la poule D, le Burkina Faso avant d’aller défier les Étalons à Ouagadougou, le 02 septembre 2017. Une double confrontation qui promet des étincelles vu les  performances des deux équipes lors de la dernière CAN. Troisièmes au Gabon, les hommes de Paulo Duarte ont fait mieux que les Lions puisqu’ils ont raflé la médaille de bronze. La bande à Alain Traoré a prouvé qu’elle dispose d’assez de ressources en faisant chuter des grands d’Afrique comme la Tunisie (2-0) et le Ghana (1-0). Sur ces deux rencontres qui se dérouleront en moins d’une semaine (5 jours), les Lions devront engranger au moins 4 points pour se mettre dans les meilleures dispositions avant les deux ultimes journées qui s’annoncent cruciales. Après les face-à-face avec le Burkina, le Sénégal ira défier les requins bleus du Cap-Vert à Praia, le 02 octobre 2017, avant de boucler la boucle avec une revanche contre les Bafana-Bafana d’Afrique du Sud, un mois plus tard, le 06 novembre 2017. Un calendrier chargé pour Aliou Cissé et ses hommes qui n’auront pas le droit à l’erreur. Pour préparer ces échéances de la meilleure des manières, deux rencontres amicales de qualité seront au menu.

Le Sénégal se frottera au Nigeria le 23 mars prochain à Londres avant de défier la Côte d’Ivoire le 28 mars à Paris. Deux rencontres dont devrait profiter Aliou Cissé pour peaufiner de nouvelles stratégies, procéder à des changements, notamment au niveau de l’attaque qui s’est montrée peu tranchante à la CAN, et en défense où le flanc gauche n’a pas, non plus, donné satisfaction. Ce sera aussi l’occasion pour Cissé d’insuffler du sang neuf et de renforcer une équipe dont le potentiel est encore perfectible.

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