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«Très affecté» par l’élimination du Sénégal en quart de finale de la Coupe d’Afrique, face au Cameroun, après prolongations, samedi dernier, à Franceville (0-0, TAB 4-5), Me Augustin Senghor reste lucide et espère d’autres Can «plus heureuses» avec cette équipe dirigée par Aliou Cissé. Un sélectionneur à qui le président de la Fédération sénégalaise de football renouvelle sa confiance pour continuer à mener le projet vers les prochaines échéances qui attendent les «Lions». 

Au-delà de votre casquette de président de la Fédération, qu’avez-vous ressenti après cette élimination ?

Pour dire vrai, j’en suis très affecté, plus que même lors des éditions précédentes. Mais en même temps, je pense que nous devons avoir foi dans notre football et surtout, bannir tout fatalisme de mauvais aloi et considérer qu’il nous faudra continuer à travailler. Si ce n’est pas notre tour cette fois-ci, la roue continuera à tourner et le Sénégal sera sacré très bientôt, parce que nous en avons le talent. Nous avons une organisation en place et qui permet d’atteindre cet objectif. Il faut continuer à y croire. Dans ces moments, c’est très difficile de faire comprendre aux Sénégalais qu’il faut continuer à travailler, parce qu’ils vont nous dire que c’est encore une défaite de plus. Mais, il n’y a pas d’autres solutions. Nous sommes un pays de foi et travailleur. Nous ne croyons pas au fatalisme, mais plutôt au travail qui payera un jour ou l’autre et ce jour n’est pas lointain.
Quel a été votre discours face aux joueurs, après la défaite face au Cameroun ?

Notre message dans les vestiaires était de leur faire comprendre qu’il fallait s’inscrire dans un projet plutôt que dans un objectif à court terme. En arrivant en quart de finale, nous savions que nous pouvions passer, parce que nous en avions les moyens. Nous savions aussi qu’en football, on arrive souvent dans des situations où on n’a plus son destin en main. Quand la réussite vous fuit, comme dans ce match, cela devient plus compliqué et les tirs au but sont une épreuve de nerfs très difficile où cela peut passer ou casser. Et malheureusement, cela s’est mal passé. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Cette génération reste exceptionnelle malgré tout. Il faudrait qu’elle puisse continuer à se construire un avenir, pour qu’elle puisse faire face dès les prochaines années, continuer à avancer et aller de l’avant pour satisfaire les attentes des Sénégalais.
La qualification à la Coupe du monde devient donc très importante pour garder cette génération ?

Oui. La réalité est que c’est dans la victoire qu’on construit l’avenir et elle (l’équipe) a besoin de rebondir très vite, avec les éliminatoires de la Coupe du monde et essayer d’arracher la place disponible, pour y aller. Je pense qu’elle s’y attèlera, parce qu’elle en a les moyens. Elle a trébuché dans l’épreuve fatidique des tirs au but, mais elle est encore debout. Il faudra la pousser à aller plus loin et nous espérons qu’on leur donnera le temps de grandir ensemble pour nous valoir d’autres satisfactions.
Est–ce à dire que Aliou Cissé est l’entraîneur idéal pour continuer le travail avec cette équipe ?

Je ne vois pas ce qu’on peut reprocher à ce coach. Nous avons été témoins du travail qu’il a abattu et je ne pense aujourd’hui que le projet s’arrête. Ce projet doit continuer avec Aliou Cissé et pas avec quelqu’un d’autre, parce que son staff et lui ont démontré beaucoup de capacités qui nous ont permis d’être classés premier en Afrique et de faire une première partie de Can de très haut niveau. L’éternel recommencement n’a jamais été une solution, sinon on aurait déjà gagné une Coupe d’Afrique depuis très longtemps. Il faut lui donner le temps de poursuivre son projet et lui permettre de revenir bientôt avec d’autres victoires et pourquoi pas aussi d’autres Can qui seront plus heureuses.

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