Nous sommes maintenant à trois mois de la grand-messe du football mondial. La Fédération Sénégalaise de Football a finalement confirmé le programme de préparation de l’équipe nationale en vue de la Coupe du Monde, avec cinq matchs amicaux prévus avant l’entrée en lice des Lions face à la Pologne le 19 juin à Moscou.

Camp de base, programme de préparation, équipementier, primes; la FSF s’est assurée de tout régler en avance afin de permettre au sélectionneur national et à ses joueurs de se concentrer sur l’essentiel: le football. Après nombreuses critiques à l’encontre de la Fédération dues au sponsor, aux adversaires choisis, ou encore à la non-tenue d’un match à Dakar, on peut dire que la caravane est passée malgré les aboiements des chiens, et que le staff technique et Aliou Cissé peuvent désormais se concentrer sur la préparation et, bien sûr, leurs joueurs. Galsenfoot.com s’est donc penché sur les matchs amicaux imminents face à l’Ouzbékistan et la Bosnie, et les joueurs sur lesquels le staff aura un œil aguerri.

Revenants et nouveau: Qui complétera la liste des 23?

Il est évident qu’à 17 ou 18 joueurs près, Aliou Cissé tient son groupe pour le Mondial. Le coach des Lions a donc décidé de ratisser large avec une liste de 30, afin de non seulement mettre la pression sur les joueurs déjà pressentis pour le Mondial, mais aussi pour identifier les 5 à 6 joueurs qui pourraient très probablement compléter l’effectif. Les revenants, en l’occurrence Pape Seydou Ndiaye, Pape Ndiaye Souaré, Papy Djilobodji, Armand Traoré, Henri Saivet, Mame Biram Diouf et Baye Oumar Niasse, seront très observés durant ce stage. Si la polyvalence de joueurs comme Diouf et Niasse, capables de jouer dans l’axe et sur les côtés, ou encore de Saivet, qui peut évoluer à tous les postes de l’entre-jeu, sont des atouts qui pourraient leur porter chance, d’autres joueurs profitent de l’absence de certains pour saisir leur chance de taper dans l’œil du sélectionneur et se hisser dans le groupe. Kara, Adama Mbengue et Ciss absents, place donc à Djilobodji, Souaré et Armand qui ont une chance unique d’étaler leur talent. Après son différend avec le coach, Djilobodji voudra montrer qu’il peut accompagner l’axe Kara-Koulibaly au Mondial, tout comme Armand qui avait fait des débuts en fanfare avec les Lions en 2011, mais qui n’a jamais eu la chance d’éclore, pour cause de méformes et de blessures. Souaré, quant à lui, a fait preuve de courage pour revenir sur les terrains après son terrible accident, et aura à cœur de montrer qu’il a retrouvé sa forme, son énergie et ses « khéli » d’antan. Le nouvel-arrivant Santy Ngom a pour le moment une faible chance d’intégrer les 23, mais pourrait en étonner plus d’un durant ce stage et avec Nantes avant la fin de la saison.

Khadim Ndiaye et Lamine Gassama ont-ils le niveau international ?

Sans se voiler la face, il est évident que le 11 type du Sénégal se joue actuellement entre 13 à 14 joueurs. Parmi ses 13 à 14 joueurs, Khadim Ndiaye et Lamine Gassama sortent du lot car ce sont les seuls à évoluer dans des championnats moyens comparé aux autres joueurs, en l’occurrence le championnat guinéen et le championnat turc. Pape Alioune Ndiaye aurait pu faire partie de ce groupe, mais a réussi en 6 mois à passer de Osmanlispor à Galatasaray à Stoke City, pour taire toute polémique sur son niveau de jeu. Malgré des éliminatoires époustouflants, Khadim devra encore prouver qu’il peut être le gardien titulaire du Sénégal au Mondial, surtout avec le manque de compétition des autres gardiens en ce moment. Passé par la Linguère, le Diaraf et maintenant le Horoya, Khadim n’a pas eu la chance de s’imposer en Europe lors de son passage en Suède, à Kalmar, en 2012, et n’a donc pas l’expérience des autres gardiens dans la poule du Sénégal (Fabiański, Szczęsny, Ospina, Kawashima) qui ont une grande expérience européenne. Même si l’Europe n’a pas eu la chance de voir son talent, et connaissant la difficulté qu’ont les gardiens africains à s’exporter, Khadim Ndiaye a prouvé en Afrique qu’il est un gardien de qualité. C’est maintenant le moment de le montrer face à un attaquant de la trempe d’Edin Džeko, et sur les balles arrêtées de Miralem Pjanić.
Gassama, quant à lui, a beaucoup progressé en équipe nationale et a démontré une certaine solidité défensive. Mais il n’a jamais réussi à s’imposer dans un grand championnat et encore moins dans un grand club. Formé à Lyon, il n’a pas réussi à s’imposer au club et a fini par jouer le maintien à Lorient jusqu’à la fin de son contrat. Aujourd’hui il joue le maintien à Alanyaspor en Turquie. Même si la Turquie est un championnat qui progresse, la Coupe du Monde est une compétition d’une autre envergure. Ce n’est pas tous les jours qu’on a Cuadrado, James, Kagawa, Nagatomo ou Błaszczykowski qui nous provoque balle au pied.

Les tauliers ont-ils le mental?

Quand El Hadji Diouf parle de ‘’caractère’’ pour faire une bonne Coupe du Monde, ce ne sont pas des paroles en l’air. Le Mondial est le test ultime du mental d’un footballeur de haut niveau. Longtemps dépourvu de leaders, l’équipe nationale tient aujourd’hui en son sein, des tauliers expérimentés qui ont engrangé à eux seuls un total de près de 280 sélections. On veut citer Cheikhou Kouyaté, Idrissa Gana Gueye, Kalidou Koulibaly, Sadio Mané, Moussa Sow et bien sûr Kara Mbodj, même s’il est blessé. Aliou Cissé, ancien capitaine des Lions, aura certainement envie de déterminer si cette colonne vertébrale de l’équipe sera en mode « Coupe du Monde », car la préparation mentale commence dès maintenant. Titulaire un jour, ne veut pas dire titulaire toujours. Souvenons-nous des campagnes catastrophiques d’équipes comme l’Italie en 2010, avec ses présumés leaders (Cannavaro, Zambrotta, Pirlo, Gattuso…) qui ont flanché d’où l’élimination précoce des champions du monde à l’époque. L’Espagne en 2014, avec ses nombreuses stars incontestées, avait aussi flanché. Le Sénégal compte donc sur ses porteurs d’eau pour mener l’équipe dans la préparation et à bon port, jusqu’à Moscou.

Abdoulaye SARR (Stagiaire)