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L’Académie Génération Foot, championne du Sénégal, ira en Ligue africaine des champions pour franchir au moins un palier, selon son président. Mady Touré pense que l’ascension des centres de formation ne peut que profiter au football sénégalais et exige que tous les clubs mettent en place leur propre académie.

Vous allez retourner en Afrique après une première expérience en 2015-2016. Est-ce que les leçons ont été tirées pour une meilleure participation’

La leçon a été tirée depuis l’élimination en Coupe Caf. Si on regarde l’ensemble de notre participation à cette compétition, notre premier match à Nasarawa (club nigérian), il y a eu un penalty imaginaire sifflé contre nous. Cela entre dans le cadre de l’apprentissage. Avec tous les enseignements tirés de la Coupe Caf, on va essayer de les déjouer en Ligue des champions pour franchir au moins un palier. On prendra match par match et ne pas s’enflammer. C’est avec l’humilité qu’on y arrivera. Ce sont de jeunes joueurs. Il ne faudra pas leur mettre la pression. Je leur ai dit de toujours garder la tête froide. C’est ainsi qu’on peut franchir d’autres stades. Quoi qu’on puisse dire, on est une académie et ils sont toujours en formation.

Peut-on dire que vous avez réalisé une saison aboutie sur tous les plans’

Oui! On a fait une saison aboutie et c’est normal. C’est la consécration d’un travail abattu depuis 17 ans. Aujourd’hui, c’est la cerise sur le gâteau. On est tous fiers. Je remercie toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont soutenu notre projet, qui ont cru en Génération Foot, notre parrain Youssou Ndour qui n’a jamais cessé de nous encourager. On est fier pour Déni Birame Ndao parce que c’est un projet social. En créant l’académie, on passe par le sport pour aider notre pays. Le sport est porteur.

Les académies sont en train de s’imposer. Vous êtes champion en Ligue 1 et Dakar Sacré-Coeur en Ligue 2. Quelle lecture en faites-vous’

C’est formidable. Cela va nous permettre de rehausser notre niveau de jeu. Il n’y a que du bénéfice pour notre football si les académies se multiplient dans notre pays. On pourra prétendre à aller gagner des titres continentaux. Notre football n’est pas mort parce qu’il y a de bons joueurs. Prenons l’exemple d’Ismaïla Sarr qui est parti, il y a huit mois, au FC Metz pour zéro franc. Aujourd’hui, il est sur le marché du transfert et le minimum que le président exige, c’est de 15 à 20 millions d’euros. Cela prouve qu’on a un panel de bons joueurs. Et si on travaille, ce sera bon pour notre football.

Est-ce que cela voudrait dire que les clubs traditionnels doivent aller dans le sens de la formation’

Aujourd’hui, on parle de club traditionnel. Mais regardons un club comme le FC Barcelone, c’est un des meilleurs clubs au monde actuellement et il s’appuie sur la formation. Il ne faut pas se leurrer, c’est elle qui va faire la différence. C’est à ce niveau qu’on apprend les bases. On doit imposer à ces clubs d’avoir des académies. Tout club de première division devrait avoir son propre centre de formation. C’est ce qui va nous permettre de franchir des paliers.

On a vu des champions descendre en Ligue 2 la saison suivant leur sacre. C’était le cas de l’As Pikine, il y a deux ans, c’est pareil pour l’Us Gorée cette année. Ne craignez-vous pas ce phénomèné

On ne va pas mettre la charrue avant les boeufs. Je ne crains pas ce phénomène. Ce en quoi je crois, c’est le travail. On l’a fait depuis 17 ans. Et ce qui va se passer l’année prochaine, on ne le sait pas. On va faire les choses pas à pas, sans s’enflammer et avec beaucoup d’immunité. On a un large éventail de bons joueurs dans le centre. Même avec les cinq départs de l’an passé, cela ne nous a pas empêchés d’être champions cette année.

Ce sera une réflexion générale avec le staff pour voir quels sont les manquements de cette saison, malgré le fait qu’on soit champion. Je suis un perfectionniste. Le plus important, c’est de produire des joueurs pour mon pays. Je souhaite avoir le maximum d’internationaux qui puissent monnayer leur talent à l’étranger et que le Sénégal remporte une Coupe d’Afrique. Qu’on puisse aller au-delà d’un quart de finale de Mondial. Et pourquoi pas, gagner une Coupe du monde! On est sur la bonne voie si on a une bonne organisation et que les meilleurs hommes restent aux places qu’il faut et travaillent dans la sérénité. Notre football n’est pas en crise.

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