Ligue 1: Patrice Bodiang prend les rênes de l’As Douanes

    Lancée en 2009, la Ligue sénégalaise de football professionnel qui tarde à voir ses clubs réussir en compétitions africaines, commence à intéresser des techniciens expatriés qui se font recruter par des clubs qui ne comptaient jusque-là que des entraîneurs du cru.

    Après les passages réussis sur les bancs du Guédiawaye Fc et de la Linguère de Saint-Louis de Youssoupha Dabo et du Franco-algérien Djilali Bahloul, la mode est devenue pour les clubs sénégalais de faire appel à des expatriés et l’As Douanes et Niary Tally auront sur leurs bancs de touche des techniciens formés à l’école occidentale.

    Patrice Bodiang qui a joué et entraîné en France et en Belgique s’est vu confier les rênes de l’As Douanes pour la saison 2016-2017 qui commence en Novembre au Sénégal.

    Champions du Sénégal en 2015, les Douaniers avaient frôlé la relégation la saison dernière malgré le limogeage du chevronné Karim Séga Diouf et son remplacement par son jeune adjoint Cheikh Fall.

    Les difficultés rencontrées par le jeune technicien ont certainement obligé les dirigeants de l’As Douanes à trouver d’autres solutions avec le recrutement de Patrice Bodiang qui est un ancien joueur de la Jeanne d’Arc de Dakar, reconnaît Ameth Tine, vice-président chargé de l’administration. Sur cette solution extérieure, le dirigeant des Gabelous affirme qu’elle s’est imposée à eux rappelant que son club avait tenté avec le coup avec des techniciens expérimentés et des jeunes du cru.

    ‘’Cela ne veut pas dire que nous avons succombé à la mode expatriée’’, a-t-il insisté rappelant que l’AS Douanes avait déjà mis en place un staff technique avec le Franco-allemand Georges Tripp au début des années 2000.

    A Niary Tally, club vainqueur de la Coupe du Sénégal 2016, le président Djibril Wade souligne que son club qui veut franchir un nouveau palier, après avoir tenté plusieurs expériences, s’est résolu de faire appel à un technicien ayant connu autre chose. « En confiant les rênes de notre équipe à Demba Mbaye un jeune technicien sénégalais établi en France depuis plusieurs années, nous voulons chercher autre chose pour franchir une nouvelle étape. Mais cela ne veut pas dire qu’on va tout balayer sur place », soulignant que le nouvel entraîneur présenté récemment dans un restaurant dakarois travaillera avec un staff du cru.

    Le nouvel entraîneur de Niary Tally vainqueur de la Coupe du Sénégal 2016 veut jouer sa partition dans ce club des quartiers de Niary Tally, Grand Dakar et Biscuiterie avant de voir plus loin.

    Le jeune technicien de 38 ans qui n’a joué qu’en amateurs en France et a coaché des équipes de ce niveau, veut tout donner pour réussir avec Niary Tally avant de viser plus loin. « Je suis très ambitieux et je veux gagner avec ce club, le seul titre qui lui manque, le championnat », insiste le technicien qui avait été candidat à la Direction technique nationale du football sénégalais en 2013.

    Interrogé sur ce regain d’intérêt des techniciens expatriés pour le football local, Amara Traoré, l’ancien sélectionneur national, applaudit des deux mains. « C’est le choc avec de nouvelles cultures qui peut faire avancer le football local, moi j’adhère complètement à ces échanges et je lance un appel aux jeunes expatriés pour qu’ils reviennent au Sénégal », dit l’ancien sélectionneur du Sénégal qui a dirigé deux clubs sénégalais à savoir la Linguère de Saint-Louis et le Jaraaf de Dakar.

    Amara Traoré qui a coaché aussi en Guinée à l’AS Kaloum, au Horoya AC et au Soumba FC, est d’avis que le football local « en chantier a besoin de toutes les expertises. « Et j’en appelle aux expatriés pour qu’ils viennent jouer leur partition’’, souligné l’ancien attaquant des Lions du Sénégal qui, après avoir joué au Sénégal, s’est expatrié en France (SC Bastia, FC Metz et Gueugnon) dans les années 90.

    Interpellé sur la question, Youssoupha Dabo, l’entraîneur du Guédiawaye FC qui a joué au Sénégal avant de s’expatrier en France où il a porté les couleurs du Red Star s’est dit convaincu que « l’avenir est en Afrique ».

    Le jeune technicien qui a permis au Guédiawaye FC de faire la course en tête de la Ligue 1 sénégalaise avant de terminer dans le quinté de tête en 2015-2016, constate qu’il est difficile quand on est issu de la minorité black ou beur de se faire une place en France. « C’est pourquoi, j’ai préféré revenir au Sénégal même si ce ne fut pas facile, beaucoup de présidents de clubs ayant refusé de me donner ma chance à cause de mon jeune âge’’, dit le technicien qui n’avait réussi à coacher que les équipes de petites catégories du Red Star.

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