Avant de rejoindre l’Arabie Saoudite où il est le nouveau sélectionneur national, Hervé Renard évoque l’équipe nationale du Sénégal, la finale contre l’Algérie, son attachement au Sénégal grâce à Viviane Metsu, sa petite fille sénégalaise, dont la maman est moitié sénégalaise et moitié zambienne.

Comment analysez-vous l’équipe du Sénégal ?

Les sénégalais doivent être fiers de leur équipe. En 2017, le Sénégal ne s’était pas qualifié pour un quarts de final depuis longtemps, c’est une première étape. Il s’est qualifié à la Coupe du monde, ils ont battu la Pologne qui est un grand adversaire. Puis, ils se sont fait éliminer par la Colombie. On voit que la progression est constante. Là, ils atteignent la finale, chose que feu Bruno Metsu et son équipe avait réalisé. Sincèrement, c’est un parcours magnifique. Après, quand on est dans le football, on se rappelle toujours des titres et je souhaite pour le Sénégal, que la Can 2021 au Cameroun soit la bonne. J’étais au Sénégal, j’ai vu les gens s’activaient autour de la finale et j’ai imaginé la folie que cela allait pu être, si la Coupe était gagnée ? C’est une sensation que j’ai personnellement vécue, il faut le vivre pour le comprendre. Ce petit détail qui fait la différence.

Justement, lors de cette finale, certains disent pour se consoler que le Sénégal a dominé, l’Algérie n’a pas voulu jouer. En tant que technicien, est-ce que vous êtes d’accord sur ce terme de «domination», si l’on sait que les algériens ont délibérément choisi de faire bloc bas pour préserver leur score (1-0) ?

La défense algérienne est difficile a manœuvré. Le problème de dominer est logique puisse qu’ils ont pris un but à la 2ème minute. Et quand on mène au score 1-0, forcément l’adversaire ferme le jeu, et joue un petit peu bas. Contrairement aux matchs de poule où l’Algérie a fait un gros pressing sur le Sénégal, excepté les 15 premières minutes du match où les Lions ont démarré fort, après, l’Algérie a vraiment empêché le Sénégal de développer son jeu. Maintenant, lors de cette fameuse finale, c’était un match tactiquement différend. C’était le même match que nous avons joué contre le Benin. Il faut trouver la faille et c’est ce qui a manqué au Sénégal. Ce petit manque de réalisme qui fait qu’on peut gagner des Trophées. Je comprends cette attente interminable mais, un jour, cela tournera dans le bon sens.

Une certaine presse en ligne vous a accusée à tort de vouloir prendre la place d’Aliou Cissé, vous avez immédiatement réagi pour démentir et révéler votre prochaine destination en Asie, qui se trouve être l’Arabie Saoudite. Comment avez-vous vécu ce coup déplaisant ?

Depuis 4 ans et demi, je suis souvent au Sénégal, alors qu’avant, non. La question ne devait même pas se posait car, Me Augustin Senghor a renouvelé sa confiance à Aliou Cissé. Il n’y a jamais eu de contact réel. Le timing n’a jamais été bon entre le Sénégal et moi. Ce sont des polémiques ennuyeuses surtout pour moi, on pourrait penser que c’est un appel d’offre. Vous avez vu que j’en ai même profité pour révéler que j’allais quitter le continent africain pour aller en Asie. Je n’allais pas être postulant, même si le poste de sélectionneur était vacant. Je crois que c’est clair et je le répète, même si le poste était libre, je ne serai pas candidat. J’ai d’autres orientations. C’est en 2012, après avoir remporté la Can avec la Zambie, que j’avais dit dans une interview que j’aimerais bien entrainer un jour le Sénégal dans un avenir proche. Les gens l’ont réactualisé avec une récente sortie faite sur RFI. La traduction de l’interview ne veut pas dire une menace à la place d’Aliou Cissé, le titre était vendeur et cela ne m’a pas du tout plu. Il faut savoir que j’ai une histoire particulière avec le Sénégal. Avant de connaître Viviane, je suis grand-père sénégalais. Ma petite fille est sénégalaise. Sa maman est moité sénégalaise et moitié zambienne. Le sang me lie avec le pays de la Téranga. S’y ajoute que j’avais un adjoint, sinon un ami remarquable, Oumar Daf. J’ai un respect énorme pour lui, je l’appelle le sage. J’aime beaucoup le Sénégal, c’est un très beau pays.

Viviane vous a beaucoup soutenu durant cette Can, elle s’est fièrement exprimée dans la presse pour vous pousser à la victoire. L’adage dit « Derrière un grand homme, se trouve une grande Dame », sans entrer dans votre vie privée, comment appréciez-vous son soutien ?

Je lui dis souvent qu’il faut qu’on se protège, il ne faut pas trop parler. Elle l’a fait exceptionnellement dans un journal. Viviane est une femme exceptionnelle. Ma vie privée, reste ma vie privée. Je la remercie de son soutien mais, il faut qu’on se protège.

Aujourd’hui, elle est la première femme sénégalaise à disposer d’un grand stade doté d’une très bonne pelouse et dont le chantier sera bientôt fini. Votre contribution à ce bijou en hommage à Feu Bruno Metsu ?

C’est un devoir pour moi, vis-à-vis de Viviane, des enfants. La vie a décidé de nous unir. Mon devoir est que les enfants, Noah, Maeva soient fiers de leur maman, y compris Enzo. Et le jour où elle a posé ce panneau « Complexe Bruno Metsu », j’étais encore plus fier qu’eux. Je continuerai l’assister en hommage à Feu Bruno Metsu que j’ai connu bien avant. Car, je ne connaissais pas Viviane. C’était un grand entraineur, c’est encore une fois, un devoir pour que ce stade soit construit pour participer au développement du football sénégalais.

 

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