Ils ont en commun d’avoir été des footballeurs de grand talent et de n’avoir jamais disputé une phase finale de Coupe d’Afrique des Nations (Can). Pour une raison ou pour une autre. Nous vous proposons d’aller à la rencontre de cette belle brochette de joueurs qui auraient certainement fait bonne figure dans cette compétition si courue. Aujourd’hui Diène Faye.

 Certains diront que c’est l’un des plus gros « oublis » du football sénégalais. D’autres, plus intransigeants, parleront de « la plus grosse injustice » du foot national en relation avec la Can. Bruno Metsu, le coach qui avait conduit les « Lions » en finale de la Can 2002 et en quarts de finale du Mondial de la même année, lui, avait préféré plaider coupable de … n’avoir pas été informé que le Sénégal disposait d’un tel attaquant. C’était en 2003, alors qu’il était l’entraîneur d’Al Aïn aux Émirats arabes unis. Lors d’un match de championnat contre Al Wahda, le Français avait tellement été frappé par la performance du Sénégalais (dont un but inscrit sur coup franc des 35 mètres) qu’il l’a abordé au coup de sifflet final. « Il a commencé à me parler en anglais et je lui ai dit que j’étais Sénégalais. Il n’en revenait pas. Il m’a juré qu’il n’avait jamais entendu parler de moi. Sinon, il m’aurait sélectionné et j’aurais certainement été titulaire avec les Lions », raconte aujourd’hui Diène Faye. Mieux, « Metsu qui, par la suite, passait régulièrement me voir chez moi, m’a dit qu’il allait rectifier un tort, une erreur. Pour se racheter, il a appelé Robert Budzinski et c’est comme ça que j’ai été recruté par Nantes. À 33 ans, passer directement d’un club des Eau au Fc Nantes, il faut dire que ce n’est pas courant ».

Retraité des terrains depuis plusieurs années, Diène Faye n’en revient toujours pas que malgré ses folles statistiques et son parcours, il n’ait jamais été retenu pour disputer une phase finale de Can. C’était mal parti pour lui dès la Can 92 au Sénégal, puisque même meilleur buteur du championnat (23 réalisations), il n’avait même pas été présélectionné. « C’est certainement parce que je jouais au Stade de Mbour. Si j’étais au Jaraaf ou à la JA, ce serait une autre affaire », se désole-t-il. Il s’était consolé en se disant qu’avec les Sénéfs (Sénégalais de France, comme l’on appelait alors des expatriés), c’était peut-être compréhensible. Encore que…

Deux ans plus tard, lorsque le Sénégal avait été repêché pour remplacer l’Algérie à la Can en Tunisie, Diène Faye qui était passé entre-temps à l’As Douanes, avait encore été oublié malgré ses 22 buts qui en avaient fait le meilleur artificier local. « Ce n’est qu’alors que l’équipe était à Tanger, au Maroc, pour sa préparation finale que l’on a pensé à moi. Mais, en concertation avec mon président de club Babacar Diop, j’avais refusé d’y aller. Car, c’était juste pour la forme, les choix avaient été faits. La preuve, aucun des joueurs appelés à rejoindre Tanger dont Akel Issam, Matar Wade Ndoye ou Seyni Diatta n’avait finalement été retenu », explique-t-il.

Respect de Yekini, Abdoulaye Traoré

Borduré lorsqu’il évoluait au pays, Diène Faye l’a encore plus été quand il a migré dans les pays du golfe. « De 1995 à 2001, j’ai toujours été meilleur buteur du championnat d’Arabie saoudite. Avec le club de Hilal, j’ai remporté 3 fois la Coupe d’Asie et une fois la super coupe d’Asie ». C’est peut-être parce qu’il était trop pris sur le front asiatique avec son club, qu’il n’avait pas pu se libérer pour venir faire la préparation en direction de la Can 2000. À son grand regret. Mais il avait gagné le respect de grands footballeurs africains qui évoluaient avec lui en Arabie saoudite : Yekini, Sam Abouo, Amokachi, Abdoulaye Traoré, Amunike ! Tous avaient du mal à comprendre pourquoi le Sénégal ne faisait pas appel à ses services. « Tous ces gens avaient disputé au moins une Can et certains même une Coupe du monde. Et pourtant, j’étais plus performant qu’eux en clubs. C’est surtout cela qui me fait le plus mal ».

L’argument du faible niveau du championnat saoudien brandi pour expliquer le black-out, en 1994 notamment, sur les Sénégalais qui y évoluaient Diène Faye le balaie d’un revers de la main. « Au contraire, c’est bien plus exigeant de jouer là-bas. On est obligé d’être performant et au top tout le temps. Sinon, les présidents n’hésitaient pas à résilier ton contrat ». En plus, le Mbourois se prévaut d’avoir réussi une performance qui aurait une bonne place dans le Guinness des records : « par deux fois, j’ai été meilleur buteur du championnat d’Arabie saoudite et de celui du Qatar, la même année ». En fait au terme des 7 mois de championnat saoudien, il était recruté comme « pigiste » pour 3 à 4 mois dans l’émirat voisin (au club de Saad Wakra) où il rattrapait et dépassait tous les buteurs.

Malgré tout, l’écho de ses performances ne parvenait toujours pas aux oreilles des décideurs du foot sénégalais. Même, d’après Diène Faye, les « Lions » ont terminé leur participation au Mondial par un crochet en Arabie saoudite, il s’était trouvé des mordus du ballon rond pour demander pourquoi, lui n’était pas du lot. Mais son président d’alors, lui avait donné un lot de consolation : « il m’avait offert la même somme d’argent que les « Lions » qui avaient participé au Mondial avaient reçue ». Ce n’était cependant pas une question d’argent. Il ne comprendra jamais le sort qui lui a ainsi été fait.

B. Khalifa NDIAYE

La prédiction de Weah…

Alors qu’il évoluait à Wahda aux Émirats arabes unis, Diène Faye révèle s’être lié d’amitié avec le Libérien George Weah qui était alors à Al Jazira. « On jouait au basket ensemble tous les lundis. Et il avait pour habitude de me dire qu’il voulait être un jour président du Liberia et qu’il était sûr qu’il le deviendrait ». Ce qu’il est devenu depuis le 22 janvier 2018.

B.K.N

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