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Habib Beye a beau être né en région parisienne, avoir tapé ses premiers ballons au bas de son immeuble HLM de Port-Marly, nourri le rêve de devenir footballeur pro comme son papa Abdou qui jouait au Racing Colombes 92, avoir fait ses gammes de jeune joueur à Marly-le-Roi puis au Paris SG, le Franco-Sénégalais le dit sans détour : « Mon club formateur, c’est Strasbourg. Quand je suis arrivé, je n’étais personne. C’est là-bas que j’ai découvert et appris le foot de haut niveau. Le Racing m’a fait homme ».

« L’adhésion à cette équipe, c’est quelque chose d’incroyable »

On imagine donc aisément l’émotion qui a été la sienne au moment de retrouver son jardin « d’adolescent » , le 15 octobre dernier lors du match Strasbourg – Marseille, une première pour lui à la Meinau depuis qu’il est devenu consultant TV. Et pour le coup, l’ancien latéral droit du Racing et de l’OM n’a pas été déçu par ses deux « clubs de cœur »  : chaudement applaudi par le public alsacien, Beye a ensuite vu un vrai beau match du dimanche soir, conclu sur le score de 3 partout. Au moins, pas de jaloux… « Quand on revient comme ça, on mesure le chemin parcouru, mais quelque part, ça m’a donné un petit coup de jeune aussi, sourit l’ancien riverain du quartier de la Montagne verte. Je me suis revu quinze ans en arrière. Le gardien du stade, le responsable sécurité, le speaker… Ce sont toujours les mêmes ! Et quand je vois l’accueil qu’on m’a réservé… J’ai reçu beaucoup d’amour de la part des gens. C’est une vraie marque de respect. Ça prouve que j’ai laissé une bonne image. »

Visiblement, c’est réciproque. Intarissable sur le sujet « Racing » alors qu’il est plutôt étiqueté « OM » aux yeux du grand public, le vainqueur de la Coupe de France 2001 sous le maillot bleu se réjouit du retour de Strasbourg au premier plan. « À mon époque, la Meinau était pleine que quand il y avait de grosses affiches, rappelle-t-il. Là, c’est le cas presque à tous les matches. L’adhésion à cette équipe, c’est quelque chose d’incroyable. J’ai l’impression que le fait qu’ils reviennent des bas-fonds et que l’équipe soit compétitive, parce qu’elle l’est, ça joue beaucoup. Ce qu’a fait Marc Keller ces 4-5 dernières années, c’est magnifique pour l’Alsace. Et ce Racing n’est pas un anonyme de la Ligue 1. Il produit du jeu et ça me plaît. C’est tout à l’honneur de Thierry Laurey, qui arrive à mettre en place une animation qui lui ressemble. Je suis très attentif à ça. »

Pas de doute : entre Olivier Dacourt, Franck Sauzée, Pierre Ménès et Habib Beye, Strasbourg ne manque pas d’avocats sur les plateaux de Canal+… Mais ce dernier jure son impartialité. « On m’a demandé de les juger en début de saison, j’ai dit qu’ils allaient osciller entre la 15e et la 20e place. C’est le cas aujourd’hui. Mais cette équipe montre chaque semaine qu’elle a des valeurs et qu’elle veut se maintenir. Après, il y a la réalité des effectifs. Et si on prend les vingt équipes de L1, je les situerais aujourd’hui entre la 12e et la 17e place, parce que je n’ai pas envie de les voir descendre. Ce qu’ils font en termes de jeu va déjà au-delà de mes espérances… » Il a d’ailleurs été l’un des premiers à dégainer sur Twitter après l’exploit majuscule du Racing face au PSG (2-1) : « ‘‘À cœur vaillant, rien d’impossible’’… »

Toujours en contact avec l’ancien attaquant strasbourgeois Danijel Ljuboja –  « l’un de mes deux meilleurs amis dans le foot » -, Habib Beye mettra moins de temps que la dernière fois pour revenir à la Meinau. Son prochain passage est prévu ce mercredi 13 décembre (21 h 05), pour le choc face au… Paris SG en Coupe de la Ligue. Et comme un certain nombre d’Alsaciens, il se réjouit déjà d’en être.

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