Formé à Génération Foot (D1 Sénégal), Fallou Diagne s’est révélé au FC Metz (D1 France). Présent en sélection depuis 2016, le joueur passé par Fribourg (D1 Allemagne) ou encore le Stade Rennais (D1 France) peine à se faire une place dans le onze du sélectionneur Aliou Cissé. Toutefois, le défenseur central du FC Metz préfère rester positif. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Fallou Diagne revient sur la difficile saison du FC Metz, la qualification du Sénégal à la prochaine coupe du monde et son statut en sélection. Le joueur appartenant au Werder Brême (il est prêté au FC Metz) a analysé la poule H (Sénégal, Colombie, Pologne, Japon), estimant que le Sénégal a son mot à dire dans ce groupe.

Fallou, votre club Metz est lanterne rouge de la L1 française. Comment vivez-vous cette situation ?

Vous savez, c’est le football. Il y a des moments comme ça. Nous sommes à la mis saison et nous allons nous concentrer sur la deuxième partie qui sera très disputée.

Mais pensez vous que les objectifs peuvent être atteint ?

Si vous avez bien regardé les deux ou trois derniers matchs en championnat, vous remarquez que l’équipe joue mieux. Maintenant il faudra continuer ainsi. Je pense que tout est encore possible. Pour y arriver, il faudrait se concentrer d’avantage sur la deuxième partie de la saison. Essayer de tirer l’équipe vers le haut.

Malgré les défaites, l’équipe produit du beau jeu

On a manqué de régularité et c’est compliqué. Mais on joue mieux que l’année dernière. Ce n’est pas parce que ça ne va pas qu’on va dire que c’est à cause de telle ou de telle situation. Il faut qu’on continue de bien jouer, comme on l’a fait lors de nos récentes sorties. Et en travaillant de cette manière je pense que les résultats vont venir.

Comment avez-vous vécu la qualification du Sénégal pour le mondial 2018 ?

C’est un moment que tout le monde attendait. Cela a fait du bien au peuple sénégalais qui en avait vraiment besoin. Nous les acteurs, nous étions conscients que le pays avait besoin de cette qualification. Le coach, les dirigeants étaient toujours là pour nous pousser à aller de l’avant. Donc c’est une satisfaction pour tout le monde.

N’aviez-vous pas commencé à douter, surtout après les deux matchs nuls contre le Burkina Faso ?

Tout le monde pensait que ce n’était pas possible. Mais il y a toujours cet espoir qui nous disait que c’est réalisable. Après avoir rejoué le match contre l’Afrique du Sud, cela nous a vraiment libérés.

Mais le match contre le Cap-Vert à Praia a été le déclic. Comment avez-vous préparé ce match ?

Notre objectif n’a jamais varié. Comme on avait l’habitude de le dire, nous avions retenu de prendre match après match. Nous nous sommes dit que c’est un match à gagner et nous l’avons abordé avec cette envie de gagner.

A coté, le Burkina Faso n’avait pas lâché le morceau, avec son recours au niveau du TAS. Est-ce que cela n’avait pas perturbé le groupe ?

Non, pas du tout. Nous ne pensions pas au Burkina Faso. Nous étions concentrés sur les matchs qui étaient devant nous. Nous savions que la qualification passera par des résultats sur le terrain. Et nous étions tous focalisés sur ces matchs.

Les gens font toujours de la comparaison entre l’actuelle génération et celle de 2002. Quelle est votre position dessus ?

2002 est déjà passé et nous sommes en 2018. Le plus important, c’est que nous essayons d’écrire notre propre histoire. Eux, ils ont fait leur travail. Aujourd’hui, c’est une autre génération qui ira défendre les couleurs du Sénégal en Russie. Nous allons donner le maximum et essayer de représenter dignement notre pays.

Le président de la République demande de faire mieux que les ¼ de finales. Ne pensez-vous pas que c’est une manière de vous mettre déjà la pression ?

Moi je ne le pense pas. Les joueurs qui composent cette équipe nationale sont tous des professionnels. Tu ne pourras pas leur mettre la pression comme ça. Nous notre objectif, c’est d’aller le plus loin possible dans cette coupe du monde. En 2002, le Sénégal avait atteint les quarts de finales. Et cette fois ci, pourquoi pas dépasser cet étape et aller en demi-finale ? Cela reste le football. Ce sont des matchs qui se jouent à 11 contre 11 et non 11 contre 13.

Quelle analyse faite vous du groupe H que le Sénégal partage avec la Colombie, le Japon et la Pologne ?

J’ai suivi l’événement devant ma télé. Mais personnellement, je me demande pourquoi avoir peur de ces équipes, si on est à la coupe du monde ? Avec le groupe que nous avons, les joueurs talentueux que nous avons, je pense que nous ne devons pas craindre les autres équipes. Ce qui est important, c’est de savoir ce que nous allons faire sur le terrain. A mon avis, c’est le plus important et pas s’attarder sur les équipes.

Quand on parle de Pologne, on évoque sûrement Lewandoswki……

Vous savez, moi j’ai déjà joué avec Lewandowski (NDL, Fallou Diagne a évolué à Fribourg, en D1 allemande). Tout le monde sait que c’est un grand attaquant, un bon footballeur. Mais ce n’est pas seulement Lewandowski. Le football, c’est avant tout le collectif. Et même du point de vu individualité, le Sénégal a de bons joueurs. Chacun des joueurs qui composent cette équipe peut faire quelque chose.

Quel genre de joueur est Robert Lewandowski ?

C’est un grand attaquant qui se déplace bien. C’est un grand joueur, mais nous n’allons pas nous appesantir sur lui uniquement. C’est le football et chaque joueur qui rentre sur le terrain doit dire qu’il est capable d’apporter à l’équipe.

La concurrence est assez rude au niveau de la défense sénégalaise. Comment vivez-vous cela ?

Pour moi, même dans la vie, il y a la concurrence. Il y a certes une grande concurrence en équipe nationale. Mais chaque joueur sait ce qu’il est capable de faire. Après, il y a les choix à faire. Et cela relève du domaine de l’entraîneur.

Pourtant certains n’arrivent pas à gérer la situation ?

Je suis quelqu’un qui respecte beaucoup. Mais je suis également quelqu’un qui n’accepte pas qu’on ne me respecte pas. Il s’agit de l’équipe nationale, donc de mon pays. Chaque fois que le coach fait ses choix, tu dois les respecter. Il s’agit de mon pays, pas de mon club. Certaines choses en club, je ne peux pas les accepter. Encore une fois, il s’agit de mon pays. Je pense que chacun doit se sentir fier de le défendre. J’ai envie de me donner comme tout le monde, comme tout les gens qui rentrent sur le terrain. Mais il s’agit de mon pays et il faudrait respecter les choix.

Mais n’est-il pas frustrant de vivre toujours la même situation ? ?

Il faut savoir respecter son pays, respecter les gens qui te regardent. Combien de joueurs sénégalais sont ici en Europe ? Quand on t’appelle, il faut respecter les choix. Comme je dis, chaque chose a son temps. Moi je suis fier de défendre mon pays, car seul le Sénégal m’intéresse. Même si mon nom suffisait à porter bonheur au Sénégal, je viendrais. Je ne vois pas de problème à être sur le banc. Le maillot national est sacré. C’est le seul qu’un joueur ne peut jamais changer. Il peut changer de club et changer de maillot, mais en équipe national, il est unique. Etre convoqué en équipe nationale est un honneur.

Quelles sont vos relations avec les autres Sénégalais qui évoluent FC Metz ?

Nous avons d’excellentes relations. Vous savez, Opa Nguette, je l’ai incité à rejoindre l’équipe nationale du Sénégal. Si je vois un joueur capable d’apporter quelque chose à l’équipe, je n’hésite pas à m’impliquer. Ces jeunes qui sont là, il faut les orienter, les conseiller. Aujourd’hui vous regardez Opa, il est fier de venir en équipe nationale. Il y a Ismaila Sarr aussi, Ibrahima Niane ou encore Lemouya Goudiaby qui sont des Sénégalais. Tous les week-ends, nous sommes ensembles. Nous mangeons ensemble et nous discutons de tout.

Les retombés de la qualification suscitent un engouement. Selon vous comment rentabiliser cette manne financière ?

Cette qualification à la coupe du monde doit beaucoup apporter au football sénégalais. Ce n’est pas une qualification à n’importe quelle compétition. Mais je pense qu’il y a des gens mieux placés que moi pour gérer ça. Et j’espère juste qu’ils sont conscients que cela doit profiter au football sénégalais.

Malgré la qualification, les critiques demeurent…….

C’est le Sénégal qui sera à la coupe du monde. Donc aujourd’hui, je pense qu’il est plus que jamais nécessaire que les gens prient pour cette équipe. Car si elle gagne, c’est le Sénégal qui gagnera. Chacun doit faire de son coté pour le meilleur.

Quelle appréciation faites-vous du début de saison de Génération Foot ?

Olivier Perrin est en train de faire un bon boulot avec Génération Foot. Aujourd’hui si les jeunes quittent le centre pour la France, ils jouent directement. C’est un bon travail qu’il a fait. Moi quand je suis arrivé au FC Metz, j’avais trouvé sur place les Babacar Guéye, Momar Ndiaye, Dino Djiba…..Aujourd’hui, c’est la même chose avec la nouvelle génération.

Le Sénégal a renoué avec l’équipementier Puma. Peut-on dire que des problèmes de maillot ne seront plus évoqués ?

Vous savez, moi je suis un joueur de football. Même si on me donne un sous-vêtement acheté à Colobane, je vais le porter et jouer. Ce qui est plus important c’est de répondre aux attentes sur le terrain et satisfaire le peuple sénégalais. C’est ça qui m’intéresse. Mais chacun a son boulot à gérer. Il y a les joueurs, les dirigeants, le président de la fédération. Chaque acteur doit faire de son mieux pour que ça puisse aller de l’avant.