Écarté du groupe au Standard, le Sénégalais a répondu par un but et une entrée en jeu tonitruante contre Anderlecht.

Il aurait pu être l’homme du duel des Sporting. Il a finalement laissé ce rôle à Alexandre Boucaut (dans un tout autre style…). Mais par son entrée tonitruante à la mi-temps de Charleroi-Anderlecht, Amara Baby a prouvé à tout le monde que sa saison n’était pas finie.

Auteur d’un début d’exercice canon, le Sénégalais a ensuite perdu le rythme à cause d’une périostite qui l’a tracassé durant deux mois. Et depuis son retour sur les terrains début février, il avait alterné et le bon et le moins bon. Au point de débuter les PO1… hors de la sélection, la semaine dernière. Car Felice Mazzù l’avait trouvé “fatigué”.

“C’est en tout cas ce que le coach a estimé”, expliquait Baby avec un sourire en zone mixte vendredi soir. “On venait de faire une grosse préparation et on a beaucoup bossé. Le coach m’a donc fait part de ce choix et il faut toujours le respecter. Mais comme tout le monde, j’avais à cœur de commencer ces PO1 sur le terrain. Je n’ai donc pas très bien vécu cette situation. Cela a été une très grosse déception. Cela m’a fait mal mais c’est comme ça.”

Surtout lorsqu’on se rappelle que la saison dernière, le même cas de figure s’était présenté. Et qu’après une bonne phase classique, les PO1 de Baby avaient tourné au vinaigre avec seulement deux titularisations et une montée au jeu. “On se bat toute une saison pour jouer ces dix matches de playoffs”, résume le puissant médian qui ne voulait absolument pas voir le scénario se reproduire. Et qui a donc redoublé d’efforts la semaine dernière à l’entraînement (Mazzù a d’ailleurs salué ses grosses prestations). “C’est la devise de Charleroi : ne jamais rien lâcher. Dans le football, le plus important, c’est toujours le match suivant. Donc je me suis concentré à fond dessus.”

Et cela a payé , face à Anderlecht. Deux minutes à peine après sa montée au jeu, Baby a égalisé, de la tête, sur un centre parfait de Nurio. Avant d’exploser de joie. “J’étais à la fois content et un peu énervé. Il y a un peu de rage qui est sortie”, ne cachait pas celui qui n’avait plus marqué depuis le 14 octobre et un doublé face à Eupen.

Cette rage, elle l’a accompagné lors des minutes qui ont suivi, durant lesquelles il a mis le feu à la défense mauve. “Dès l’échauffement, j’ai senti que j’avais de bonnes jambes”, précisait Baby. “J’aime bien ce genre de matches, où il y a toujours des espaces.”

Il y en a eu… jusqu’à ce penalty discutable converti par Teodorczyk, après lequel le RSCA a “tout verrouillé”. Frustrant, évidemment. “Anderlecht n’était pas exceptionnel et sans ce penalty fatal, je pense qu’on pouvait aller chercher la victoire. Il y avait la place pour gagner. Mais comme au Standard, on fait un bon match… et on est battus. On doit continuer à travailler. Cela va finir par tourner. Il ne faut rien lâcher. Nos ambitions n’ont pas changé. Il reste huit matches. On doit continuer de la sorte tout en se montrant un peu plus tueurs devant le but. On va trouver la clé pour se relever.”

Et elle s’appelle peut-être Amara Baby…