Rappelé en sélection après trois ans d’absence, Papy Djilobodji (Dijon) a retrouvé la Tanière, à l’occasion des deux matchs amicaux face à l’Ouzbékistan et la Bosnie-Herzégovine (23 et 27 mars, à Casablanca et au Havre). Il ne lui reste plus qu’à convaincre Aliou Cissé de l’emmener en Russie.

Son retour était dans l’air du temps. Mais Papy Djilobodji avoue avoir été « un peu surpris. Tant que la liste n’est pas publiée…  » Le défenseur du Dijon FCO, prêté (sans option d’achat) par Sunderland (Angleterre, Championship) à la fin du dernier mercato estival, a eu un contact téléphonique assez bref avec Aliou Cissé, le sélectionneur sénégalais. « Il m’a juste dit de donner l’exemple, d’aider le pays. La Coupe du monde ? Bien sûr que j’y pense. Cela fait des années que j’y pense. J’avais suivi la Coupe du monde 2002 à la télé. J’étais jeune, mais je me disais que ce serait fantastique d’en disputer une. Je n’y suis pas encore. C’est dans trois mois, et je dois encore travailler pour mériter d’y aller. Il ne faut surtout pas se relâcher. Mais je suis heureux d’avoir été convoqué. Cela me fait plaisir. Cela veut dire que je ne suis pas si nul » , se marre l’ex-défenseur de Nantes.

Depuis son arrivée à Dijon, Djilobodji s’est imposé en défense centrale, le plus souvent aux côtés de Cédric Yambéré. « Il a vite trouvé ses marques. Il est expérimenté, il a un certain recul sur le football, car il est passé par des étapes pas toujours faciles. Papy est quelqu’un de très humble, alors qu’il a joué dans des clubs comme Chelsea ou le Werder Brême, intervient Olivier Dall’Oglio, l’entraîneur dijonnais. Au quotidien, c’est très facile de bosser avec lui. Il est à l’écoute, on peut discuter avec lui. Comme il est expérimenté, sa présence est importante pour les joueurs plus jeunes. C’est quelqu’un qui a apporté sa sérénité. Je suis content pour lui, car il mérite cette sélection. Il est régulier dans ses performances avec Dijon. J’espère qu’il fera la Coupe du monde avec le Sénégal, une des meilleures équipes d’Afrique. »

En froid avec Aliou Cissé

Appelé pour la dernière fois le 31 mars 2015 lors d’une victoire au Havre face au Ghana (2-1) pour la première rencontre de Cissé sur le banc sénégalais, Djilobodji (15 sélections) est brièvement revenu sur la brouille qu’il a eue avec le coach des Lions. « C’est du passé, je regarde l’avenir. À certains moments, j’avais estimé que je méritais d’être sélectionné et je l’avais dit. Mais le coach devait faire des choix, ce que je comprends. » Il y a trois ans, Djilo était encore un joueur du FC Nantes, avec un temps de jeu conséquent. Son transfert à Chelsea trois mois plus tard n’aura pas vraiment les conséquences qu’il avait imaginées. Cinquante-neuf secondes royalement offertes par un certain José Mourinho, qui ne portait pas vraiment le Sénégalais dans son cœur, avant un inéluctable prêt au Werder Brême. « En Allemagne, même si le contexte était différent puisque le Werder jouait le maintien, qu’il a obtenu, j’ai joué. Comme à Sunderland, où j’ai été transféré lors de mon retour en Angleterre » , explique-t-il.

Car chez les Black Cats, qui ont pourtant casqué 9,5 millions d’euros pour l’arracher au banc de touche des Blues, le Sénégalais, régulièrement utilisé lors des six premiers mois de la saison 2016-2017 (dix-huit matchs), se retrouve finalement placardisé l’hiver arrivé. Difficile, pour Cissé, de convoquer un joueur aux apparitions certes plutôt convaincantes, notamment au Werder, mais à la présence erratique. « Il faut comprendre Cissé : il avait une défense qui fonctionnait bien, avec des mecs comme Kara Mbodj, Khalidou Koulibaly dans l’axe. Les résultats étaient là. Pour lui, c’était difficile d’appeler quelqu’un qui jouait des demi-saisons… De plus, Djilobodji, qui est au demeurant un type adorable, s’est plaint dans les journaux qu’on ne lui donnait pas sa chance, etc. Du coup, Cissé, qui a son caractère, l’a mal pris et cela a tendu leurs relations  » , explique un proche de la sélection.

« Il avait été impressionnant contre la Côte d’Ivoire »

Djilobodji, qui lors de ses seize premières sélections, avait été titularisé à quatorze reprises, ne s’était pas privé de rappeler son statut au sélectionneur par presse interposée. « En disant qu’il ne venait pas pour être remplaçant, il s’était un peu plus grillé » , poursuit cette source. Et Cissé, qui n’est pas idiot, a une Coupe du monde à préparer. Le profil du Dijonnais – un pur gaucher, athlétique et à l’aise dans le jeu aérien – peut lui rendre des services, notamment en défense centrale, où Mbodj, opéré en décembre d’un genou, n’est toujours pas opérationnel.

Avant l’arrivée d’Aliou Cissé sur le banc des Lions de la Téranga, Djilobodji était un des joueurs les plus utilisés par Alain Giresse, le premier à l’avoir appelé en sélection A (il avait évolué pour la sélection locale auparavant, ndlr), lors d’un match amical contre la Zambie, en août 2013 (1-1). « Je me souviens de sa performance lors de la rencontre face à la Côte d’Ivoire(1-1, 1-3 à l’aller à Casablanca, en qualifications pour la Coupe du monde 2014). Il avait été impeccable, impressionnant. Globalement, il m’a toujours donné satisfaction à son poste, même si, lors de la CAN 2015, ce fut un peu plus compliqué  » , glisse l’ancien milieu de terrain de l’équipe de France. « Je suis content pour lui. Car c’est un bon mec… »