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Le milieu de terrain sénégalais Ousseynou Cavin Diagne, auteur de deux buts lors de la spectaculaire “remontada” sénégalaise contre l’Afrique du Sud (4-3) à l’occasion de la 2ème journée de la CAN des moins de 20 ans, s’intègre à merveille dans le groupe de l’entraîneur Joseph Koto.

Et quelle ne fut sa joie lors de cette incroyable remontée ! Il a en effet couru partout et nulle part ne sachant pas où situer, lui dont le rôle consiste à freiner les attaques adverses et tenter de relancer proprement sur le coéquipier le plus proche.

Son mètre 90 lui a été très utile quand il a fallu mettre la tête sur le corner bien travaillé de Krépin Diatta sur le but de l’égalisation (2-2). Sa seconde réalisation, marquée sur une reprise de volée de l’extérieur du pied droit, a lui ravi les puristes, notamment les commentateurs de la chaîne câblée sud-africaine SuperSport.

Et c’est tout naturellement que le pensionnaire de AF Darou Salam des HLM Grand-Yoff a été élu “Homme de ce match”. Il s’est du coup fondu dans le projet de l’entraîneur Joseph Koto, où le collectif prime sur tout et le dépassement de soi est mis en avant.

Arrivé tard dans la dernière partie du stage en provenance de l’Italie où il a passé trois semaines de tests, il avait pris le train en marche, alors que ses coéquipiers débutaient leur série de matchs tests.

Présent dans les tribunes lors du premier match amical contre le Kenya (2-0), le 10 février dernier, il a été mis à contribution, lundi 13 février, pour le deuxième match test conclu par un 3-0.

A la sortie de la liste, même s’il a été absent du tournoi de l’UEMOA remporté par le Sénégal pour raison de blessures à la cheville, ils sont les rares les suiveurs des Juniors à être surpris de le voir figurer parmi les 21 sélectionnés.

Ousseynou Cavin Diagne avait déjà marqué les esprits lors des éliminatoires de la CAN 2017, dont la phase finale se déroule actuellement en Zambie (26 févier au 12 mars).

Lors des éliminatoires de la CAN 2017 contre la Tunisie (1-2) à l’aller en Tunisie et 2-0 à Dakar au retour) et le Ghana (3-1 à l’aller à Dakar et 0-1 au retour), le longiligne milieu de terrain avait plané sur ses adversaires et coéquipiers récupérant tous les ballons et formant une digue infranchissable dans l’axe du secteur médian.

Et pourtant, rien ne fut facile pour lui après ses débuts réussis en sélection puisqu’en plus de la blessure qui l’a tenu éloigné des terrains pendant au moins deux mois, il a vécu avec le décès d’un ami proche et coéquipier à AF Darou Salam, Seydina Alioune Samb. Ce dernier a rendu l’âme sur un terrain de football aux HLM Grand-Yoff, lors d’une banale séance d’entraînement.

Marqué par cette perte brutale, le milieu de terrain qui ne vit que de football et suit particulièrement le jeu et le placement des milieux de terrain (Cheikhou Kouyaté, Idrissa Gana Guèye mais aussi et surtout le Serbe Nemanja Matic de Chelsea), est resté marqué à vie par cet événement.

Le drame, survenu à la veille de son départ pour le tournoi de Doha (Qatar) en septembre dernier, l’a obligé à presque se substituer au défunt auprès de la famille de ce dernier, où il se chargeait, avec son frère jumeau (Assane), des corvées et autres tâches.

De retour de Doha où le Sénégal s’était imposé, le jeune milieu de terrain a pris sur lui de revenir avec sa médaille pour la présenter à la famille de son ami disparu en premier.

Lors de sa sélection pour la CAN, les parents de la famille de son ami disparu faisaient partie des premiers informés.

L’homme du match de Sénégal-Afrique du Sud, introverti, qui visait justement, après la qualification à la CAN 2017, celle en Coupe du monde, a rempli une première part de contrat.

“Quand on m’avait dit que le Ghana a toujours fait partie des meilleures équipes du monde, je me suis dit que ce serait vraiment dommage d’éliminer cette équipe et de ne pas aller à la Coupe du monde”, avait-il dit.

Avec le sélectionneur Joseph Koto qui l’a placé en sentinelle devant la défense, le longiligne milieu de terrain est en train de tracer sa route, et des “scouts” (agents de joueurs et de clubs) qui font pris d’assaut la CAN 2017 ont couché son nom dans leurs calepins.

En attendant, Ousseynou Cavin Diagne est branché sur son tournoi, mûrissant le secret espoir de faire comme à Doha où il a gagné avec ses coéquipiers haut la main une compétition au nez à la barbe des équipes du Qatar, de la Corée du Sud et de l’Uruguay.

Mais après la qualification en demi-finale, il y a encore deux marches à passer pour atteindre le nirvana.

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