Après avoir longtemps hésité entre la Guinée et le Sénégal, Bouna Sarr a finalement décidé de jouer avec les Lions. Du coup, le derby de ce vendredi revêt un caractère particulier pour le nouveau joueur polyvalent de Aliou Cissé.

A l’annonce du derby Sénégal-Guinée de ce vendredi, comptant pour la 2e journée du Groupe B de la Can 2021, on pense aussitôt à Bouna Sarr. Pour la bonne et simple raison que le binational, né en France, de parents guinéen et sénégalais, a longtemps hésité entre ces deux pays, avant de choisir le pays de la Téranga. Une décision prise après moult péripéties et qui est tombée en septembre dernier. Bouna Sarr ayant décidé de répondre à la convocation du sélectionneur national, Aliou Cissé, pour les besoins de la double confrontation Sénégal-Namibie, d’octobre dernier, comptant pour les 3e et 4e journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2002.

Evidemment, les premiers à être surpris de cette décision sont les Guinéens. En effet, si Aliou Cissé, avec une bonne dose de patience, avait tenté tout au début de convaincre le latéral droit du Bayern, l’espoir était plus du côté du Syli National dont les dirigeants ont fait «un marquage à la culotte» à Bouna Sarr.

En effet, la Guinée fut la première à solliciter le joueur formé à Metz. A l’époque, Antonio Souaré, président du club du Horoya Fc et patron de la Fédération guinéenne de football, ami du père de Bouna Sarr, jouait les recruteurs. Le joueur qui n’avait pas dit «non», s’est fait même établir un passeport guinéen avant de refuser de participer à la Can 2015 avec le Syli.

Moins de six mois après, le Messin atterrit à l’Olympique de Marseille et change de dimension. La Guinée continue son travail de sape, de son côté, le Sénégal tente sa chance et espère que la perspective de la Coupe du monde 2018 va convaincre Sarr. Mais ce dernier décline de nouveau et affirme plus tard son désir de jouer avec les Bleus. «J’ai pris une décision ferme : j’aimerais jouer pour l’Equipe de France. C’est clair. Il y aura des déçus du côté du continent africain mais j’assume mes choix, et je n’ai pas peur de le dire.»
Finalement le train des Bleus, passé de près en novembre 2020, s’est éloigné (presque) définitivement.

Entre la patience de Aliou Cissé et l’ultimatum de Didier Six

Confiant à l’idée d’enrôler l’ancien Marseillais, l’ex-coach du Syli, Didier Six, est monté au créneau en donnant un ultimatum à Bouna Sarr en mars 2020. «Je lui ai donné une deadline de savoir est-ce que le Syli pouvait l’intéresser ? Moi je ne peux pas attendre parce que je dois former quelqu’un. Je lui ai dit : «Je veux que tu sois avec nous mais si tu dis non, je respecterai ta décision.»», avait déclaré le technicien français à Foot224. Avant de préciser qu’il n’insisterait pas plus pour attirer Sarr sous les couleurs du Syli National.

Mais c’est surtout en juin 2021 que les Guinéens ont vraiment espéré que Bouna Sarr allait jouer pour leur pays et cela suite à une descente du joueur à Conakry. Le latéral droit, évoluant au Bayern Munich, était invité par le président du Hafia Fc, Kerfalla Camara, candidat alors à la présidence de la Fédération guinéenne de football. Mais concernant les vraies raisons du séjour du binational en Guinée, on apprend que le dossier du Syli ne devrait pas être à l’ordre du jour de cette visite.

«Je suis en Guinée pour saluer mes parents. Parce que ça fait un bon moment je n’étais pas venu en Guinée. J’avais à cœur de venir voir mes parents. Maintenant je suis en Guinée sur invitation du président Kerfalla et ça fait plaisir d’être en Guinée. Nous sommes en vacances, donc nous ne sommes pas venus pour parler de football. Le temps viendra pour parler de tout ça. Mais pour le moment je suis en vacances. Mainte­nant pour ma venue en sélection de la Guinée, le moment venu on parlera de ça», avait tempéré le néo-Lion dans des propos rapportés par la page Facebook du Hafia Fc.

Guinée : 10 ans de traque sans succès

On connaît la suite. Ce sera d’ailleurs le dernier contact entre les dirigeants guinéens et le natif de Lyon, de parents guinéens qui seraient originaires de Gaoual dans la région de Boké.

Après sa convocation, son agent Touti Mendy a estimé que c’était le moment opportun pour son joueur de rejoindre les Lions du Sénégal : «C’est un joueur pour lequel Aliou Cissé était toujours intéressé et c’est une continuité. Il fallait juste trouver le bon moment. Il (Cissé) avait croisé mon frère (Etienne Mendy) en début d’année, vers février-mars, et ils avaient évoqué cela. Il y avait eu des échanges la saison passée, mais Bouna était blessé au genou et cela n’avait pas pu se faire. Ce n’était pas intéressant de prendre un joueur qui n’était pas à 100%. Cette année, il n’était plus blessé et le contact a été rétabli en septembre pour voir où il en était. Finalement la décision a été prise.»

Après donc une traque de plus de 10 ans, le Syli National de Guinée s’est fait doubler par le Sénégal de Aliou Cissé qui a su convaincre le néo-Lion qui a bien choisi le bon moment pour atterrir dans la Tanière et s’offrir sa première Can. Une Can que le latéral, Bouna Sarr, a bien débutée par un succès face aux Warriors et une bonne prestation à son poste de prédilection, celui d’excentré droit.

Vendredi, il devra confirmer face à des joueurs guinéens qui a coup sûr vont tenter de lui glisser… des peaux de banane.

 

Source: Le Quotidien

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