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Capitaine d’un après-midi dimanche, face à la Libye (2-1), Serigne Modou Kara Mbodji a pris du galon au sein de la Tanière des «Lions» qu’il a intégrée il y a plus de cinq ans. Inamovible dans l’axe central depuis 2013, le défenseur d’Anderlecht est une voix qui compte dans la sélection nationale du Sénégal. Kara ne crie pas, mais sait se faire entendre. Et pour ne pas revivre la désillusion de la dernière Can, en Guinée-Equatoriale, il s’appuie sur l’expérience de la majorité du groupe actuel qui s’est déjà imprégné, au moins une fois, de l’ambiance de la compétition continentale. Entretien.

 

Kara, vous allez vers votre second match de préparation, ce mercredi contre le Congo. Après avoir remporté, non sans difficulté, le premier contre la Libye, quel sera le mot d’ordre cette fois-ci, à trois jours de la Can ?

On sait que la Coupe d’Afrique sera difficile et il est préférable de l’aborder avec plus de sérénité que de doutes. Même si ce sont des matchs de préparation, on les joue pour les gagner. Même si, jusque-là, il y a beaucoup de choses positives, tout ne peut pas être parfait dans la préparation. Il y aura toujours des choses qu’on peut revoir ou rectifier et d’autres qu’on peut améliorer. Il reste un dernier match de préparation, mercredi, contre le Congo. On va le préparer de la même façon, avec la même volonté de progresser, mais aussi de gagner. Remporter ces deux matchs va nous permettre d’arriver en compétition avec le plus de confiance possible. On veut tout gagner, mais il faut prendre match après match.

 

Le coach dit avoir particulièrement insisté sur l’intensité durant cette semaine de préparation. Aujourd’hui, physiquement, où en êtes-vous ?

Je pense que tout le groupe est en bonne forme. Après, physiquement, le plus important c’est d’être tous prêts le jour J, même si on peut ne pas être au même niveau en ce moment, car on ne vient pas des mêmes championnats. Certains étaient en trêve de fin d’année, d’autres, comme ceux qui sont en Angleterre, ont enchaîné les matchs tous les deux jours, ils n’ont pas eu de coupure. C’est ce qui explique qu’en ce moment, le rythme de préparation ne soit pas le même pour tous. Jour après jour, on avance vers le niveau optimal et s’il plait à Dieu, on sera tous opérationnels.

 

«On veut tout gagner, mais il faut prendre match après match»

 

Par rapport à la précédente édition, qui était une découverte pour vous, qu’est-ce qui va changer au Gabon, dans la façon d’aborder la compétition, maintenant que vous avez plus d’expérience ?

Quand on dispute sa première Coupe d’Afrique, il y a plusieurs appréhensions à prendre en compte. Là, ce ne sera pas le cas avec la majorité du groupe qui a déjà disputé au moins une Can (Ndlr : Des 23 convoqués, 14 joueurs ont au moins disputé une Can contre 9 qui vont découvrir la compétition continentale au Gabon). C’est un détail important, je pense que cette expérience nous servira beaucoup. L’édition de 2015 était une découverte pour la plupart d’entre nous. C’était le cas pour moi. Dans ces conditions, on ne maîtrise pas trop les réalités de la compétition, on ne sait pas à quoi s’attendre. Tout le monde a vu comment ça s’est passé, malheureusement pour nous. Il s’agit aujourd’hui de savoir s’en servir pour rectifier et éviter les mêmes erreurs. Et avec un entraîneur qui connaît cette compétition, qui l’a déjà jouée, a été capitaine d’une équipe qui est allée jusqu’en finale avec d’autres membres de son staff actuel (Tony Silva, entraîneur des gardiens, Lamine Diatta, Team Manager, Oumar Daf, entraîneur adjoint), on ne peut qu’être confiants que sur ce point. Ils vont nous apporter toute leur expérience qu’on va ajouter à la nôtre pour ne pas répéter les mêmes erreurs qui nous avaient empêché de passer le premier tour.

 

Quelles furent ces erreurs ?

La cohésion au sein du groupe. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas en 2015. Il y avait aussi de la cohésion, mais à un moment donné, après notre premier match, il y a eu quelques petits détails qu’on aurait pu éviter. Vous savez, un footballeur reste un footballeur. Par exemple, quand tu joues un premier match et que l’équipe gagne, quand on te met sur le banc sur le match suivant, cela peut être difficile à digérer (Ndlr : en 2015, après une victoire 2-1 d’entrée contre le Ghana, un des favoris du groupe et futur finaliste de la Can, le sélectionneur d’alors, Alain Giresse, avait opéré à cinq changements dans son onze de départ sur le match suivant face à l’Afrique du Sud, pour un match nul 1-1. La sélection s’en vit secouée et ne s’en est jamais remise, éliminée après un troisième match face à l’Algérie, perdu 2-0). Il peut y avoir des frustrations qui finissent par semer le doute. Cela nous a valu une élimination au premier tour et nous avons à cœur d’éviter ces erreurs. Aujourd’hui, nous savons qu’on devra compter sur tout le monde, nous avons un groupe conscient de cela. Peu importe celui qui joue, tant qu’on porte le même maillot, on va se soutenir jusqu’au bout, en ayant tous le même objectif qui est de défendre les couleurs du Sénégal. On ne gagnera qu’en prenant conscience de cela.

«En 2015, après notre premier match gagné, il y a eu quelques détails qu’on aurait pu éviter… Des frustrations qui finissent par semer le doute» 

En avez-vous parlé, histoire de crever l’abcès pendant qu’il est temps, avant de démarrer cette édition au Gabon ?

Nous avons vu ce que ça nous a coûté. Même à l’époque, nous en avions parlé entre nous. Actuellement, c’est une histoire ancienne. Nous avons appris de tout ce qu’on a vécu par le passé et nous nous tournons résolument vers l’avenir. Le plus important, c’est l’état d’esprit. Ce n’est pas Kara Mbodji ou un autre. Nous sommes tous venus pour la même chose, il nous faut écouter l’entraîneur et appliquer ce qu’il nous demandera de faire, qu’on soit sur le banc ou sur la pelouse.

 

Aujourd’hui, à propos de l’état d’esprit…

L’état d’esprit du groupe est magnifique. On vit bien ensemble. Entre nous, c’est plus qu’une équipe, mais une famille. C’est une génération qui joue ensemble depuis longtemps déjà. La plupart d’entre nous avons déjà été ensemble lors des Jeux Olympiques de Londres 2012 et même avant, pour certains. On a également un entraîneur qui nous connaît bien, qui connaît également la Coupe d’Afrique et ses exigences. Tout le monde se sent bien ici. C’est un plaisir de défendre les couleurs de notre pays.

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