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À l’Atalanta Bergame depuis trois saisons et en Italie depuis sept ans maintenant, Boukary Dramé nous a accordé un entretien exclusif où il revient sur toute sa carrière. Ses débuts au PSG, son départ au Chievo Vérone et la sélection sénégalaise, le latéral gauche se livre. L’occasion également d’évoquer les changements dans son club formateur qui, depuis son départ en 2007, n’a plus la même allure avec l’arrivée de QSI. Rencontre. 

Boukary, tu as effectué tes débuts au PSG en 2005 où tu as joué deux saisons. Quels souvenirs gardes-tu de cette période qui n’était pas la meilleure pour le club de la capitale ?

C’était un apprentissage accéléré parce qu’il y avait beaucoup de changements au niveau des coachs. Avec tous les problèmes connus durant ces deux saisons, j’estime que ça a été un apprentissage vraiment accéléré pour mes premières années en pro. Ça m’a permis d’arriver là où je suis parce que je n’ai pas eu une carrière facile, je me suis toujours accroché et je n’ai pas lâché. Ça m’a bien réussi.

En 2007 tu décides de quitter le PSG, pourquoi ?

Un nouveau coach avait été nommé en cours de saison, Paul Le Guen, et il ne comptait pas trop sur moi. Il me l’a dit, me l’a fait comprendre et fait savoir. J’ai eu deux opportunités : aller à Sochaux ou à Nice. J’ai opté pour Sochaux. Voilà la raison pour laquelle je suis parti. Moi, je ne me voyais pas partir de Paris et c’est ce que je lui avais dit. Mais, en prenant conseil auprès des plus âgés, Amara Diané, Sammy Traoré, Peguy Luyindula, Fabrice Pancrate, je me suis dit que je devais bouger. Ils m’ont conseillé de partir pour jouer. Même si j’étais à Paris, il ne fallait pas rester pour ne pas jouer.

Après une expérience à Sochaux et une autre à la Real Sociedad, où ça ne s’est pas très bien passé, tu traverses les Alpes pour découvrir la Serie A. Comment se passent tes débuts au Chievo Vérone ?

Au début, c’était très difficile. Je ne jouais pas, je ne parlais pas la langue et il fallait que j’apprenne la mentalité, que je m’adapte à mon nouvel environnement. J’ai appris à parler italien au fur et à mesure, à comprendre le jeu italien. Le calcio n’a rien à voir avec le jeu français, la tactique… C’était vraiment très difficile. Je suis arrivé, j’ai signé et c’était à moi de m’adapter. Il n’y a pas beaucoup d’aide. On te laisse faire tes preuves.

En France, la Serie A n’est pas le championnat le plus regardé. Que peux-tu dire aux gens sur ce championnat ?

C’est un championnat très difficile, très dur. Ça ne se voit peut-être pas à la télé, mais quand tu es sur le terrain, tu le comprends. Quand tu progresses tactiquement ça t’aide beaucoup pour aller dans d’autres championnats. Et au niveau de l’intensité à l’entraînement, je trouve que c’est beaucoup plus intense, beaucoup plus dur qu’en France.

Trois ans après ton arrivée en Italie, tu t’engages avec l’Atalanta Bergame. Une équipe qui ne cesse de progresser année après année n’est-ce pas ?

Oui et non. La première saison, on s’était maintenu à cinq journées de la fin. La saison d’après, on s’est maintenu à quelques matchs de la fin parce qu’on avait fait un gros début de championnat. L’année dernière, c’est vrai qu’on a réalisé une saison assez exceptionnelle. Ça a été de mieux en mieux on va dire. J’ai connu quand même trois coachs différents. C’est un très bon groupe, un très bon club. En France il n’est pas très connu, mais en Italie c’est quand même un club très respecté. Des installations que j’ai rarement vues, il y a tout ce qu’il faut. C’est vraiment le top.

Il ne te reste qu’un an de contrat avec l’Atalanta. Comment envisages-tu le futur ?

J’aimerais bien rester, mais tout dépendra des opportunités qui se présenteront à moi. Ma première envie, c’est de rester ici. Après, dans le foot, on ne maîtrise pas tout. Il y a les décideurs, d’autres clubs. On ne sait jamais, mais ma première pensée est de rester. On jugera avec mon agent.

Envisages-tu un retour en Ligue 1 ?

Oui. Ce n’est pas ma priorité actuellement, mais oui.

En tant que binational franco-sénégalais, tu as choisi de défendre les couleurs du Sénégal. Pourquoi ?

En fait, en équipes de jeunes, je n’avais jamais été appelé, que ce soit avec la France ou avec le Sénégal. Mais le Sénégal m’a appelé alors que je n’avais pas encore commencé ma carrière. J’aurais pu attendre et voir où ça m’aurait amené, mais je me suis décidé et j’ai accepté, je ne me suis pas posé mille fois la question. J’ai eu une carrière internationale un peu compliquée. Il y a eu différents coachs qui, même s’ils m’ont appelé, n’ont pas forcément compté sur moi. Je n’ai pas trop eu ma place.

À l’issue de la saison, il y a la Coupe du Monde, j’imagine que tu rêves d’y participer…

Ah oui, c’est normal ! Il faut que je recommence à jouer, mais je pense que oui. J’ai eu une discussion avec le sélectionneur. Il n’est pas fermé. Celui qui se montre avec son club restera toujours sélectionnable. Donc oui, il y a toujours des chances.

Faisons un retour en arrière et parlons du PSG. Depuis que tu es parti, le club a complètement changé de dimension. Quel regard portes-tu sur ton club formateur ?

C’est vrai que c’est devenu un grand club. Il ne manque que la Ligue des Champions pour que ça devienne un très grand club. Moi, de ce que je vois, c’est devenu très people. C’est-à dire que dans les tribunes il y a des gens, qu’on ne pensait même pas voir un jour (au Parc des Princes, ndlr.), qui viennent regarder les matchs. Ils s’intéressent beaucoup plus au PSG. Il y a beaucoup plus de gens qui ne regardaient même pas le foot et qui aujourd’hui portent le maillot du PSG et viennent au stade. C’est vrai qu’en mettant de l’argent, ils ont pris des joueurs qu’on ne pensait pas voir au PSG un jour. Maintenant, on espère gagner ce qu’on attend depuis longtemps, ce que Marseille a gagné. À l’heure actuelle, quand on parle avec des Marseillais, quoi que l’on fasse, ils nous disent : « On a gagné la Ligue des Champions et vous, vous ne l’avez pas gagnée ». Ils ne veulent plus parler. Avec les investissements, c’est ce qu’on cherche tous parce que les titres il y en a eu que ce soit championnats ou coupes. Maintenant l’objectif c’est celui-ci.

Penses-tu qu’avec l’arrivée de Neymar notamment, le club peut enfin atteindre cet objectif ?

En tout cas, ils se sont donné les moyens d’y arriver. Le problème, c’est qu’il y a de grosses équipes et de gros joueurs qui ont la même ambition, donc ça ne va pas être facile, mais c’est clair qu’avec des joueurs comme Neymar, tu te rapproches de l’objectif.

Un dernier mot, quels sont tes objectifs individuellement et collectivement cette saison ?

C’est de jouer le plus de matchs possible parce que j’ai eu une dernière année compliquée, en tout cas la deuxième partie où j’étais souvent blessé. On va reprendre la santé et rejouer. Pour les objectifs de l’Atalanta, il faut attendre la fin de la première partie de saison parce qu’on a déjà mal commencé lors des deux premiers matchs avec deux défaites (face au Napoli et l’AS Roma, ndlr). Il faudra voir où on se situe parce que ça reste un club qui a toujours visé le maintien. La saison dernière était une saison où on a fait un truc exceptionnel. Pour recommencer, on sait que ça va être très difficile. Mais quoiqu’il arrive, c’est un club qui a toujours eu comme objectif principal de se sauver.

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