Dans un entretien qu’il nous a accordé à Antananarivo, la veille du match du dimanche Madagascar – Sénégal (2-2), Me Augustin Senghor a évoqué l’actualité brûlante de l’Equipe nationale, notamment l’absence de Omar Daf, lors du voyage dans la capitale malgache. Et selon le président de la Fédération sénégalaise de football, la non-présence de l’ancien arrière-gauche des «Lions» répond à une «logique de rupture» de la Fsf qui veut «mettre les choses en place de manière claire dans le staff» de Aliou Cissé.  

Aujourd’hui, serait-il envisageable d’augmenter le nombre d’assistants pour Aliou Cissé ?

Augmenter, pourquoi ? Je ne sais pas, parce qu’à partir du moment où il a à sa disposition un adjoint technique, mais aussi un entraîneur des gardiens et un préparateur physique, sauf s’il en exprime effectivement le besoin et auquel cas on le ferait. De temps à autre, on a vu par le passé que quand il avait souhaité que Omar Daf nous rejoigne, ça s’est toujours fait. Mais il faut aussi savoir que la Fédération est un peu dans une logique de rupture. Arès l’évaluation de la Coupe du monde, nous avons dit qu’il fallait un peu mettre les choses en place de manière claire dans le staff, qu’on sache qui fait quoi, qui est lié à la Fédération de manière officielle et c’est dans ce cadre que vous verrez qu’il y a certaines personnes qui ne sont pas là (à Antananarivo). Ce n’est pas définitif, mais cela nous permet d’évaluer et de prendre des décisions. Par exemple, pour le cas de Omar Daf, cela a suscité beaucoup de débat et il serait bien qu’il puisse être édifié, soit il est adjoint à part entière, soit il ne l’est pas, s’il est attaché à son club, on le laissera à son club. Mais il est important qu’on puisse se déterminer, bien entendu avec des échanges que nous aurons avec le ministère (des Sports). S’il advenait qu’il veuille venir, il serait bien, en fonction de ses prestations, que l’État accepte de le prendre en charge. Je pense qu’à priori, ça ne devrait pas poser problème avec le ministre des Sports avec qui j’ai eu à échanger sur ces questions. D’un autre côté, dans certains domaines, que ce soit le médical ou les intendants, vous avez de nouvelles figures, cela montre que cette équipe est en mutation, pas simplement sur le terrain avec les joueurs, mais aussi autour de l’encadrement, parce que notre objectif est de se référer aux leçons du passé pour mieux nous organiser et mieux maîtriser l’environnement de l’équipe. Des ruptures sont toujours nécessaires, si on veut aller de l’avant.

Quel était le mot d’ordre pour ce premier rassemblement depuis la Coupe du monde ?

Sur ce regroupement qui était un nouveau départ, nous avons échangé avec les joueurs et rappelé les projets en disant que le travail continue et qu’il faut se relever après la «déception» de la Coupe du monde. Nous en avons aussi profité pour leur distribuer la charte de l’Équipe nationale. En fait, c’est une charte qui est là depuis 2015 et qui n’avait pas été distribuée. Il est important et ce ne sont pas seulement des consignes et règlements, mais aussi certaines informations fortes. On sait qu’on a beaucoup de joueurs qui, soit ont été au pays, mais d’autres qui viennent de l’étranger et qui ne maîtrisent pas l’hymne national ou ne connaissent pas la valeur et la signification des symboles de notre nation. Et à côté de cela, il faut des règles de vie dans chaque groupe et nous avons essayé d’en faire un rappel et de leur donner à chacun cette charte pour qu’ils puissent s’en imprégner.

Quels sont les objectifs du Sénégal en organisant le tournoi de l’Ufoa-A ?

Il s’agit de rester dans la droite ligne. Vous avez vu que depuis quelques années, le football a renoué avec les compétitions locales. Pour le moment, je dirais que ce sont des compétitions intermédiaires ou jeunes, mais plus tard, pourquoi pas dans quelques années, envisager d’organiser de grandes compétitions. Mais ce qui est le plus important dans cette catégorie U17, c’est de pouvoir organiser pour se qualifier à ce tournoi où nous n’avons pu être présents qu’une seule fois, en 2011. Nous avons préparé notre équipe depuis six mois, organisons chez nous et l’ambition est de prendre l’une des deux places pour la CAN 2019 de la catégorie U17. Cela nous permet aussi de mettre en branle une nouvelle génération de joueurs, parce que vous avez dû suivre, depuis quelques années, notre logique et cette Equipe nationale en est la parfaite illustration. On voit des joueurs qui sont avec nous depuis les U17 pour certains, les U20 et U23. Donc, Aliou les connaît bien parce qu’il les a suivis dans ces catégories et on ne va pas changer. Chaque quatre ans, on travaillera avec une nouvelle génération en U17 qu’on va suivre en U20, U23 et jusqu’en catégorie Sénior pour qu’il n’y ait plus, comme en 2002, une rupture de génération qui nous avait mis dans la difficulté par rapport à notre élite.