PARTAGER

Il a souvent essuyé des critiques. Mais, à la CAN 2017, Lamine Gassama a fait montre de prestations de haute facture sur le flanc droit des Lions. Le latéral d’Alanyaspor (D1 Turquie) dit que, maintenant, c’est à lui de prendre sa revanche sur toutes les personnes qui ne lui font pas confiance. 

Lamine, avez-vous repris la préparation hivernale avec votre club Alanyaspor ? 

On était en vacances et si tout va bien on reprend les entraînements à partir de lundi. Comme d’habitude, je veux faire une très bonne préparation en vue de la prochaine saison. Là, les défis restent énormes. À nous de nous surpasser pour être à la hauteur.

Quel bilan tirez-vous de votre première saison en Turquie ?

Un bilan positif. Au départ, ce n’était pas évident. Mais au fil des rencontres, j’ai tiré mon épingle du jeu en jouant 29 rencontres dans la saison. Même si on veut toujours faire mieux, je ne suis pas malheureux de la saison que j’ai passée en Turquie.

En quittant la Ligue 1 française, vous êtes allé à l’inconnu. Comment avez-vous vécu tout se stress-là ?

Il n’est jamais facile de s’imposer dans un nouveau championnat. Mais, en réalité, il n’y a jamais eu de stress à mon niveau. J’étais préparé à une nouvelle aventure. Et le championnat turc m’a permis de découvrir autre chose que ce que je connaissais. Au départ, je ne m’attendais pas à venir en Turquie mais au final, ça a été une grande découverte. Je suis content de pouvoir évoluer dans ce championnat.

Pourquoi dites-vous que la Turquie n’était pas votre premier choix ?

J’avais des possibilités de rester en France. J’aurais pu aussi signer en Angleterre au mois de juin. Malheureusement, ça ne s’est pas concrétisé. En janvier, il y avait Sunderland qui était très chaud sur mon dossier mais on avait convenu de se reprendre au mois de juin. C’est par la suite que l’opportunité s’est présentée et avec mes conseillers, nous avons décidé d’aller en Turquie.

Avez-vous apporté une touche particulière à Alanyaspor ?

Je ne sais pas si j’ai apporté une touche personnelle mais je sais que j’ai donné le meilleur de moi-même. Je me suis battu comme il se devait pour faire partie du groupe de performance de l’équipe. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être dans un bon club avec des partenaires qui m’ont accueilli avant de me mettre dans de bonnes conditions sur le terrain afin de pouvoir m’exprimer.

Quel objectif vous êtes-vous fixé ?

Dans un premier temps, j’espère jouer des matchs avec mon club, comme je le souhaite. Ce sera une occasion pour moi de rester au contact de la sélection nationale. Et sur le plan sportif, nous voulons aussi découvrir la Coupe d’Europe sachant que toutes les équipes partent sur de nouvelles bases.

Quelle comparaison faites-vous entre les championnats français et turc ?

Ce sont deux championnats différents. Parce que, dans un premier temps, ici toutes les équipes jouent pour gagner des matchs. Il n’y a pas ce système qui nous permette de défendre, ou de ne pas perdre de rencontre. Il y a pas mal d’espaces. Tandis qu’en France, on met plus l’accent sur le jeu tactique. Les équipes insistent sur le système de jeu.

Avez-vous nourri des regrets de ne pas être allé en Angleterre qui reste la destination préférée de beaucoup de footballeurs ?

C’est vrai que des gens me disent que mon jeu correspond plus au championnat anglais. Mais, vous savez, pour aller dans un club il faut un certain nombre de choses. Aujourd’hui, cette page n’est pas tournée. Mais je suis bien dans mon club même si je dois continuer à me battre pour franchir d’autres paliers.

En équipe nationale, vous vous êtes métamorphosé ces derniers temps…

C’est vrai qu’en un moment donné, en équipe nationale, je jouais avec le frein à main parce que je ne prenais pas certaines responsabilités. Mais aujourd’hui, j’avance petit à petit et je me lâche pour être performant. En un moment, j’ai fait l’objet de beaucoup de critiques. Heureusement que j’ai la confiance du coach qui n’arrête pas de me soutenir.

Qu’est-ce qui vous empêchait de jouer libéré en sélection ?

Je ne sais pas. Il n’y a aucune raison particulière à ça. À chaque fois que je viens en sélection, je donne le maximum et le meilleur de moi-même. Il y a des matchs où ça a bien marché et d’autres où ça a moins marché. Mais je ne me prends jamais la tête par rapport à mes différentes prestations. Aujourd’hui, j’ai montré à certaines personnes que je n’abandonnerai jamais malgré tout. Tant que je viens en équipe nationale, je donnerai tout ce que j’ai dans les tripes. C’est ça l’essentiel. Je veux vraiment prendre ma revanche surtout sur ceux qui n’ont pas cru en moi.

Vous étiez-vous fixé un objectif particulier lors de la dernière Coupe d’Afrique ?

Mon objectif c’était de faire mieux que la précédente compétition (2015) au cours de laquelle je n’avais joué qu’un seul match comme titulaire. Au deuxième, contre le Ghana, je suis rentré en cours de jeu. C’est pourquoi j’ai fait le maximum pour jouer. Il y a aussi le fait que j’évolue dans un championnat turc qui est moins médiatisé que les autres. Sachant que la Coupe d’Afrique des Nations ne dure qu’un mois, je me suis dit que c’est le moment où jamais pour moi de faire une belle compétition. Pour démontrer aux gens que, même si je joue en Turquie, je reste un joueur compétitif.

C’était le seul challenge ?

Non, du tout. Certains pensent que le championnat turc n’a pas de niveau. C’était l’occasion de prouver le contraire parce qu’on y évolue avec de très grands footballeurs. C’est un championnat d’un bon niveau. Et en sélection, nous avons montré qu’on peut toujours compter sur nous malgré tout.

Nourrissez-vous toujours des regrets par rapport à l’élimination face au Cameroun ?

La déception est grande. On a tout tenté, malheureusement on n’a pas réussi à aller jusqu’au bout. C’était l’occasion pour nous de monter sur le podium parce que, depuis 2002, le Sénégal n’est pas arrivé en finale d’une Coupe d’Afrique. C’était l’objectif général du groupe. On a fait une bonne entame avant de tomber face au Cameroun. Mais, cette expérience nous aidera dans le futur parce que nous ne sommes pas prêts à lâcher le morceau. Si on a des résultats positifs, ce sera tout bénéfique pour nous.

Avez-vous conscience que la double confrontation avec le Burkina Faso pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2018 s’annonce âpre ?

Ça va être deux derbys contre le Burkina Faso qui reste lui aussi une grande nation de football. C’est une équipe avec des joueurs de qualité qu’on ne doit nullement prendre à la légère. Je pense qu’on doit être concentré jusqu’au bout même si on aura la chance de recevoir en premier.

Avez-vous discuté de cette rencontre avec Alain Traoré, votre ancien coéquipier à Lorient ?

Il est clair qu’on aborde toujours ce genre de question. Alain Traoré reste un bon footballeur que j’ai côtoyé pendant des années à Lorient. Il n’est pas seul, il y a Bertrand Traoré, Jonathan Pitroïpa et d’autres encore. Comme je l’ai dit, c’est une équipe avec un grand potentiel. Ils sont bien en contre-attaque. Mais, nous allons nous focaliser sur nous-mêmes parce que nous aussi nous avons des joueurs de qualité qui peuvent faire la différence à tout moment.