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Pour Pape Alioune Ndiaye, la contreperformance à la CAN 2017 au Gabon est déjà digérée. Le sociétaire d’Osmamlispor (D1 Turquie) dit avoir tourné la page de cette élimination, il estime tout de même que les Lions doivent se faire pardonner par le peuple sénégalais, en se qualifiant au Mondial 2018. 

Badou, et si on parlait de la dernière CAN 2017 ? 

On commence à digérer petit à petit ce qu’il s’est passé au Gabon parce que notre élimination en quarts de finale a été une grosse déception pour tout le monde. Vu la qualité de notre groupe et le niveau du jeu que nous avons produit, cette élimination face au Cameroun nous a fait beaucoup de mal. Mais, elle nous servira d’expérience pour les échéances futures.

Qu’est-ce qui n’a pas marché dans cette équipe du Sénégal ?

Je pense qu’il nous a juste manqué un peu plus de réussite. On était meilleur que cette équipe du Cameroun. Dans le jeu, on a pris beaucoup plus d’initiatives que l’adversaire. Malheureusement, pour ce match-là, la meilleure équipe a perdu.

L’absence d’un jeu collectif, notamment en attaque, n’a-t-ils pas perdu le Sénégal ?

Vous avez vous-mêmes constaté que l’équipe a marqué beaucoup de buts durant ce tournoi. 6 au total. Tout le monde sait qu’en football, le plus dur, c’est de se procurer des occasions. On est arrive à déjouer le système mis en place, mais le manque d’efficacité était aussi au rendez-vous. Sur ce match-là, on a péché dans le dernier geste. Malgré tout, on a quand même eu des occasions. L’équipe a tout tenté. Malheureusement, on s’est fait éliminer aux tirs au but. Cette défaite nous restera toujours en travers de la gorge. On avait largement les

Pourtant, après le match contre le Zimbabwe, le coach Aliou Cissé a tapé sur la table pour remobiliser sa troupe…

Notre ligne d’attaque a tout simplement voulu bien faire. N’oublions pas qu’on a des individualités qui peuvent faire la différence à tout moment. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement nos joueurs offensifs qui sont visés. On parle de toute l’équipe. Même si avec le recul, on sent nettement qu’on pouvait mieux faire. Il faut juste que ça nous serve d’expérience pendant la suite des éliminatoires de la Coupe du monde 2018 mais aussi de la CAN-2019.

«Le Sénégal avait la meilleure équipe de la CAN»

Qu’est-ce que vous vous êtes dit après la première victoire face à la Tunisie lors de la première journée ?

Je ne suis pas de l’avis des gens qui pensent que la Tunisie nous a malmenés. D’entrer, on est parvenu à faire bouger le bloc tunisien et en trente minutes, on a plié le match en notre faveur en dominant par 2-0. On a joué sur nos valeurs en mettant beaucoup d’intensité dans le match. D’ailleurs, les deux autres adversaires du groupe B, en l’occurrence l’Algérie et le Zimbabwe, se sont rendu compte de la difficulté à jouer cette équipe tunisienne. Malgré notre élimination, nous avons montré que le Sénégal avait la meilleure équipe du tournoi.

Quelle est la rencontre qui vous a le plus marqué durant la compétition ?

Évidemment, c’est celle contre le Cameroun. On méritait d’aller au bout et logiquement, cette équipe du Cameroun ne devrait pas nous tenir tête. On a fait ce qu’il allait. L’état d’esprit était irréprochable, l’envie était aussi au rendez-vous. Malheureusement, les tirs au but en ont décidé autrement. Le football est parfois cruel.

«Sur cette CAN, on ne peut pas nous reprocher un manque d’engagement»

Le Sénégal n’a-t-il pas sous-estimé le Cameroun avant la rencontre ?

Non. Jamais. On est des professionnels et on se doit de respecter nos adversaires, surtout que le Cameroun est une grande nation de football. Ca c’est d’un. De deux, pour qui connait notre coach, il n’est pas du genre à minimiser l’adversaire. Il est impossible de relâcher avec Aliou Cissé parce que c’est un selectionneur qui en veut toujours plus. Il a réussi à nous inculquer cet état d’esprit. D’ailleurs, je profite de cette occasion pour lui rendre hommage parce qu’il a abattu un travail colossal à la tête de l’équipe depuis qu’il est là. On a certes perdu aux tirs au but, mais, en aucun moment, on a sous-estimé cette équipe camerounaise. Maintenant, je pense qu’on ne peut pas nous reprocher, non plus, un manque d’engagement.

Comment avez-vous vécu votre premier titularisation en Coupe d’Afrique des Nations face à la Tunisie ?

Ce n’était pas une grande surprise pour moi. Parce qu’en rejoignant l’hôtel Fleurs de Lys des Almadies pour le début du stage, je me disais que j’étais venu pour jouer. Personnellement, j’étais déterminé comme tous mes coéquipiers d’ailleurs. J’avais à cœur d’apporter ma pierre à l’édifice, de me mettre au service du collectif et de tout simplement respecter les consignes du coach. Cette première titularisation a été une grande satisfaction pour moi. J’ai pu jouer et j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même comme tout le monde. Même éliminés, on s’est regardé dans le blanc des yeux parce qu’il n’y avait pas grande chose à se reprocher.

A quel moment le coach vous a-t-il informé de votre titularisation face à la Tunisie ?

C’était au briefing. On était un groupe de 23 joueurs et tous pouvaient être titularisés comme le rappelle souvent le coach. Ce qui était bien dans le groupe, c’est que dans la tête de chacun, c’est lui qui devait démarrer le match. Tout le monde s’est senti concerné du début jusqu’à la fin. Tout le monde avait les qualités pour jouer. Tout le monde était prêt à donner tout ce qu’il avait dans les tripes.

Racontez-nous un peu votre blessure contractée à la veille de la 2ème journée contre le Zimbabwe…

Mon pied a commencé à gonfler juste pendant la dernière séance d’entrainement de veille de match. Avant de faire la radio, j’étais quand-même assez inquiet. Mais, Ce n’était pas trop grave. Je devais me reposer juste deux jours pour reprendre. Le plus important, c’est que tout joueur pouvait rentrer et donner le même rendement que moi. Cela s’est vérifié par se que l’équipe est parvenue à battre le Zimbabwe (2-0) avec la manière. Cela a montré le potentiel de notre équipe.

N’est-il pas étonnant pour vous de reléguer sur le banc de touche des joueurs comme Kouly Diop, Momo Diamé 

J’ai vécu la concurrence de la manière la plus normale parce qu’elle existe. Elle sera là lors des prochaines sorties également. Ce n’est pas une nouveauté puisqu’on la vit également en club. Heureusement qu’en sélection on est comme des frères. Tout le monde avait envie que l’équipe avance, qu’elle gagne. Peu importe celui qui jouait. Le plus important, c’était de rester soudés pour pousser le Sénégal à la victoire.

«Contre le Burkina, on ne s’exposera pas»

Que pensez-vous des perspectives de l’équipe du Sénégal ?

On connait tous le programme. Il y a les éliminatoires de la CAN-2019, mais aussi de la Coupe du monde qui arrivent à grands pas. On doit continuer à travailler sans répit en club afin de revenir en force parce qu’aujourd’hui, pour se faire pardonner, il faut se qualifier au prochain Mondial. On ne doit pas dormir sur nos lauriers. On doit faire de sorte que quand on reviendra en sélection, qu’on aborde nos matchs tambour battant.

Justement avant la Coupe du monde, il y a le match de la 1ère journée des éliminatoires de la CAN-2019 contre la Guinée Equatoriale…

On ne va pas se disperser. Les contextes ne seront pas les mêmes. On jouera tous nos matchs pour les gagner, mais il fa ut avoir les idées claires et précises. Il ne faut pas mélanger les compétitions. On doit juste prendre nos objectifs les uns après les autres.

Avez-vous conscience que la qualification du Sénégal à la prochaine Coupe du monde dépendra en grande partie de sa double confrontation avec le Burkina Faso s la fin du mois d’août prochain ?

Il est clair qu’on va vers deux grandes finales de notre groupe. Mais, on ne va pas se dire qu’on va jouer comme des fous pour aller marquer à tout prix des buts. Non, si on le fait on s’exposerait. On doit travailler de façon intelligente que ce soit au match aller comme au retour. On n’oubliera pas aussi que derrière, d’autres matchs nous attendent.

«J’étais à un doigt de signer dans un club anglais»

Comme en septembre, au mois de janvier, lors du dernier mercato, on vous a annoncé un peu partout en Turquie et en Angleterre. Qu’est ce qui explique ce faux départ ?

Je vous confirme que j’étais à un doigt de l’Angleterre. Mais après, avec mon club, les choses se sont compliquées. Pendant le dernier mercato d’hiver au moment où j’étais encore à la Coupe d’Afrique des Nations, on pensait que le transfert serait acté. Mais, ça ne s’est pas fait. Il y a encore ce veto de mes dirigeants. Ce qui fait que je suis toujours à Osmanlispor.

Quelles sont les exigences des dirigeants d’Osmanlispor ?

La direction du club m’a tout simplement dit qu’ils n’ont pas en ce moment trouvé un joueur qui pouvait me remplacer. Par conséquent, elle ne pouvait pas se passer de mes services. Maintenant que je suis toujours là, je vais continuer à travailler et on verra ce que l’avenir me réserve.

«Je pouvais aller au bras de fer avec mes dirigeants… »

Quel était le club anglais qui s’intéressait à vous ?

Puisque ce n’est pas fait, je ne juge pas nécessaire d’en parler. J’essaie d’oublier cet épisode parce que même si je ne vous le dis pas, j’ai passé des moments difficiles parce qu’on était à un doigt de signer un bail en Angleterre. Je pouvais engager un bras de fer avec mes dirigeants, mais je pense que ça ne sert à rien d’aller au clash. Il est clair si certains joueurs étaient dans mon cas, ils n’hésiteraient pas à aller en conflit. Mais, bon, nous, on n’est pas dans cette dynamique. J’ai eu des discussions avec les dirigeants et on s’est mis d’accord.

En voulez-vous à vos dirigeants?

Non, pas du tout. Je ne suis pas rancunier. Il faut tourner cette page du mercato et se concentrer sur l’essentiel. J’ai la chance d’être aimé au club et c’est tout bénéfique pour moi. Je dois continuer à travailler comme je l’ai toujours fait.

«Grâce à la Ligue Europa et à la CAN, j’ai pris de la bouteille»

Quel objectif vous fixez-vous avec Osmanlispor ?

Je veux continuer à progresser. Aujourd’hui, grâce aux matchs de la Ligue Europa, mais aussi avec la dernière Coupe d’Afrique des Nations, je continue à emmagasiner de l’expérience. Je commence à prendre de la bouteille parce que ce sont des matchs à haute intensité. C’est tout bénéfique parce que tous les joueurs rêvent de vivre ce genre d’expérience. Je veux vraiment progresser, en priant d’étre épargné par les blessures.

Pouvons-nous s’attendre à un départ au prochain mercato estival ?

En tout cas, dans les jours à venir, nous serons tous édifiés sur mon avenir parce qu’il y a une réunion prévue entre mes dirigeants et mon agent. À la sortie de cette réunion, on sera édifié sur mon sort. Encore une fois, moi je reste concentré sur le football. Il y a des gens qui s’occupent de ces questions-là. Mon agent rencontrera la direction du club et on verra la suite.

Certains observateurs pensent toujours que le niveau du championnat turc n’est pas relevé. Partagez-vous cet avis ?

Non, pas du tout. Le Championnat turc est très difficile. La preuve, de grands footballeurs sont venus ici et ont eu beaucoup de mal. Personnellement, je suis à ma deuxième saison ici, mais je suis très content de découvrir ce championnat turc qui me permet de progresser. Je me sens bien et je m’épanouis bien sur le terrain.