PARTAGER
Cheikh Mbengue, arriére gauche des Lions

En marge de la sélection depuis 14 mois, Cheikh Mbengue dit prendre cette situation avec philosophie. Le latéral gauche stéphanois clame son amour pour le maillot national qu’il n’a pas revêtu depuis septembre 2015. Le natif de Toulouse qui pense à la CAN-2017 est aussi revenu sur ses rapports avec Aliou Cissé. 

Cheikh, avez-vous retrouvé toutes vos sensations après la blessure qui vous a éloigné des pelouses ? 
Je vais dire que mes sensations reviennent petit à petit. Il me faut encore du temps. Celui-ci peut être très long. N’oubliez pas que je n’ai pas fait de préparation d’avant saison du fait que j’étais sans club. J’espère que d’ici quelque temps, je serai au top niveau. En tout cas, dans deux voire trois semaines tout sera dans l’ordre. Je n’ai joue que cinq matchs de championnat dans les jambes. Et je pense que si tout va bien, on enchaînera encore d’autres rencontres d’ici la trêve.

Plusieurs observateurs estiment que vous avez offensivement amélioré votre jeu…
Maintenant. on demande aux latéraux de se projeter vers l’avant. D’avoir de l’apport offensivement. Mais, un latéral reste un défenseur avant tout. Toutefois, de façon générale, on demande aux latéraux de participer plus au jeu. On fait avec. Personnellement, j’essaie de donner le meilleur de moi-même. Cependant, on peut aussi faire face à plusieurs paramètres. On peut tomber sur une équipe qu’on peut attaquer moins. Tout dépend de la physionomie du match et de l’équipe contre laquelle on joue.

Votre entraineur à Saint-Etienne, Christophe Galtier, ne tarit pas d’éloges à votre endroit…
Aujourd’hui, j’ai 28 ans et dans quelques semaines. je vais atteindre 300 matchs en tant que professionnel. Je sais comment me placer par rapport à certaines paroles. Je sais faire la part des choses. Mais, ca fait toujours plaisir d’entendre certains jugements positifs en provenance de son coach. Il faut savoir qu’en football, quand ça va tout le monde parle de vous mais quand ça ne va pas, vous êtes peint comme un démon. Donc, je dirai qu’il faut être modéré et tempéré par rapport à certaines choses. On connaît les réalités du football. Quand tout va mal ça se complique. L’essentiel, c’est de rester régulier parce que tout va vite.

Êtes-vous satisfait de vos statistiques par rapport aux précédentes saisons ?
Je viens de commencer. Je n’ai que cinq matchs de charnpionnat. D’habitude, je ne me focalise pas trop sur les statistiques parce que tout simplement, pour moi, quand on doit être bon, ça doit être sur le plan collectif. Maintenant, concernant les statistiques tout le monde en parle et tout le monde s’y réfère…

Nourrissez-vous des regrets de ne pas jouer dans le championnat anglais ?
Moi, je suis un croyant. Et je crois au destin. Si aujourd’hui, je n’ai pas signé en Angleterre, c’est le destin qui l’a voulu. Si je dois poursuivre ma carrière en Angleterre, ça arrivera sans problème. Je suis content de la carrière que j’ai connue jusque-là. Vous savez, il y a beaucoup d’aléas en football. Il y a des choses qu’on ne maitrise pas. Personnellement, j’ai enduré pas mal de blessures. J’ai connu une bonne progression. Je n’ai aucun regret dans ma carrière. Je n’ai que 28 ans et je ne suis qu’à la moitié de ma carrière même si j’ai commencé tôt.

Parlez-nous un peu du Chaudron, ce stade bouillant de Saint-Etienne…
C’est un stade vraiment mythique. C’est vrai que j’y ai joué à plusieurs reprises mais en tant que visiteur. C’était déjà exceptionnel. Mais en tant que joueur de Saint-Etienne. on a la chance d’avoir un des rares stades où ça supporte beaucoup, avec plein de ferveur. Nous sommes dans une ville où on ne parle que de football. Dans ma carrière, c’est la première fois que j’ai un public chaud comme ca et un club aussi exceptionnel. Il faut faire avec et gagner beaucoup de matchs pour rendre encore fiers nos supporters.

Comment se passe la cohabitation avec Henri Saivet ?
Elle se passe super bien. Henri je le connais depuis très longtemps. Je ne le découvre pas. On s’est côtoyé depuis des années. On a eu la chance de partager la chambre en sélection aussi. On est tous les deux content de se voir au quotidien à Saint-Etienne.

Ça vous dit quoi la sélection, aujourd’hui ?
Moi, j’aime mon pays. J’aime le Sénégal. Mais, ce n’est pas moi qui décide de ma venue ou non en sélection. La seule chose qui m’incombe, c’est de jouer au football. Le reste, je ne le maitrise pas. Mais, on est en football. Si j’ai choisi la sélection de mon pays, c’est pour vivre des moments extraordinaires avec le Sénégal.

Que pensez-vous être la cause de votre longue absence ?
Je ne sais pas. Mais. avec le sélectionneur, on a eu un petit différend. D’ailleurs, je ne le considère même pas comme un différend. C’était ‘année dernière. On était en fin de mercato. Avec mon agent, on a décidé de retarder ma venue d’un jour parce qu’on négociait un contrat. Peut-être que ça ne lui a pas plu. Je ne sais pas. Je n’ai pas de retour là-dessus. Ça a été peut-être mal perçu, mais ça arrive. Même en pleine sélection, il y a des joueurs qui quittent le regroupement pour s’occuper du dernier jour du mercato parce qu’il y va de leur carrière. Moi j’ai connu cette situation avec un jour de retard. Je ne sais pas si c’est le mobile de ma mise à l’écart. Je ne sais pas et je ne le pense pas. Mais, comme je l’ai dit, je suis un joueur de football. Qu’on me prenne ou pas ça ne change rien.

En avez-vous discuté avec le coach Allou Cissé ?
Non pas du tout, on n’en a pas parlé. Moi je ne suis qu’un simple footballeur. Si on me choisit, on le fait sur la base de mes performances de footballeur. Peut-être qu’un jour on se verra et qu’on en discutera.

On a l’impression que vous regrettez de ne plus faire partie de la sélection ?
La question n’est pas là. Je ne suis pas le seul footballeur sénégalais. Si on ne m’a pas pris, c’est parce que je ne fais pas partie des meilleurs. Cette équipe ne m’appartient pas. Il y a beaucoup de joueurs. Si on estime que je ne fais pas le poids, je resterai supporter du Sénégal parce que la sélection n’appartient à personne. C’est la sélection de tout le monde. Ma carrière n’est pas terminée et je n’ai pas mis un terme non plus à ma carrière internationale. Je reste sélectionnable. Je reste à la disposition du Sénégal.

Quelles appréciations faites-vous du parcours des Lions ?
Pour les éliminatoires de la CAN-2017, l’appréciation est unanime: on a fait un très bon parcours en réussissant un carton plein. On n’a pas eu une poule facile mais plutôt abordable. Et c’était déjà bien de se qualifier. On a bien débuté les éliminatoires de la Coupe du monde. Malheureusement, cette erreur d’arbitrage (Afrique du Sud / Sénégal 2-1 du 12 novembre dernier; ndlr) a plombé l’élan de l’équipe. Ça a été une défaite, il faut l’oublier et se concentrer sur gagner les prochains matchs. C’est ça aussi le football.

Avez-vous envie de jouer la prochaine Coupe d’Afrique des Nations ?
Ce n’est pas que je n’ai pas envie de répondre à la question. Comme à je l’ai dit, je suis Sénégalais, sélectionnnable en équipe nationale. Après on sait que c’est une grande compétition qui nous attend. On l’a jouée par deux fois malheureusement ça s’est toujours mal passée pour nous. Mais, personnellement, Je veux rassure que je reste le même Cheikh Mbengue d’il y a deux voire trois ans derrière. J’ai le même état d’esprit à la même motivation. Comme le l’ai dit depuis un an que je ne viens pas en sélection, personne ne m’a entendu râler. Moi j’aime man pays et je l’ai toujours prouvé partout où je suis passé. Si mon pays m’appelle je répondrai présent.