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Trouvé à son domicile à Saint-Louis, Amara Traoré s’est confié à Igfm sur l’avenir de son club de cœur la Linguère (Ligue 1) qui traverse une crise profonde causée par le président, Ahmadou Dia, selon lui. Dans cette confidence, l’ancien sélectionneur national du Sénégal a avoué ses inquiétudes face à cette situation.

‘‘Je fais partie des héritiers légitimes de la Linguère. J‘ai été supporteur de la Linguère, joueur, entraîneur puis dirigeant’’, rappelle le membre du comité directeur, également vice-président chargé du football de l’équipe nordiste.

‘‘J’habite Saint-Louis et Dieu a fait que j’ai été le premier entraîneur à gagner le premier titre de champion du Sénégal depuis la fusion de 1969. J’en suis fier », a-t-il laissé entendre, avant de souligner les vrais maux de son club formateur.

 ‘‘Une vraie crise’’

‘‘Vous savez, aujourd’hui, il y a l’avènement du football professionnel. Quand on parle de football professionnel, on dit entreprise, mais aujourd’hui ce que je vois au Sénégal, c’est qu’il y a une incompréhension entre le président de l’association qui est élu en même temps que les membres du comité directeur et le propriétaire de la société’’, a-t-il relevé. ‘‘C’est le flou et c’est ce que nous vivons à la Linguère’’, a-t-il ajouté, estimant qu’il y a ‘‘un sérieux problème, une crise’’ parce que tout n’est pas clair.

‘‘Un président ne peut décider de tout’’

Il y a un président qui se croit ‘’propriétaire’’ du club alors qu’il est ‘‘élu en même temps que les ‘‘membres’’ du comité directeur. ‘‘Un propriétaire de club c’est comme à Marseille où McCourt qui vient acheter le club et qui décide de tout. Mais, quand on est président d’une association, on ne peut pas décider de tout, ce n’est pas possible’’, a déploré l’ancien sélectionneur national de l’équipe du Sénégal. ‘‘C’est d’ailleurs pour cette raison que ‘‘j’ai dit dans le cadre de nos dirigeants, certes il y a une formation qui se fait, mais il faut l’accentuer, car cela crée des dégâts dans tous les clubs, des frustrations’’, a recommandé Amara.

La peur de vivre la même situation que la JA

Dans la tête de l’actuel entraîneur d’Assur (National 1), la Linguère pourrait vivre une situation catastrophique comme la Vieille Dame (actuellement en National à cause de ses nombreuses divergences) si les populations n’ouvrent pas les yeux. ‘‘Je dis aux Saint-louisiens de se réveiller, de convoquer un comité directeur et de régler les problèmes de la Linguère. Je le dis parce que je craigne que la Linguère vive la même situation que la Jeanne d’Arc. La manière dont elle fonctionne, elle tend vers ça et vous pouvez dater et signer. Si on ne change pas notre manière de faire, on ira droit au but’’, a-t-il averti.

Un appel à la démission du bureau

Néanmoins, Amara se considère comme un des responsables comme l’est le bureau de la Linguère. ‘‘Je pense que le meilleur que le bureau doit rendre au club, c’est de démissionner. Aujourd’hui, je suis le vice-président chargé du football et quand ça ne marche pas, il faut le dire. Je vais en réunion, mais mon constat montre que ça ne va pas. Depuis 8, 9 ou 10 mois, les prémices que je vois à la Linguère ne sont pas bonnes’’, a-t-il constaté.

L’homme aux doubles casquettes a également profité de cet entretien pour répondre à ses détracteurs qui l’accusent de vouloir entraîner un club et de siéger en même temps à la Linguère. ‘‘Certes je suis membre du bureau, vice-président chargé du football, mais mon métier c’est entraîner et si le comité directeur me dit que ça ne je ne peux pas le faire, je vais accepter, mais je ne vais pas abandonner mon métier’’, a-t-il soutenu, indiquant que ‘‘tous les gens qui sont au comité directeur ont tous une fonction, mais nous sommes des bénévoles. Mais, ma famille passe avant », a-t-il conclu.

Il semble donc que la Linguère est toujours en crise puisqu’elle a lourdement perdu (1-3) son premier match de la saison face au promu Teungueth Fc, après avoir mené au score.