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C’est un Aly Male «amer et déçu» qui est sorti de l’aéroport Léopold Sédar Senghor 24 heures après l’élimination à Conakry des U17 sénégalais de la prochaine CAN. Le sélectionneur félicite ses joueurs de leur bravoure et pointe du doigt les conditions dans lesquelles le match a été disputé. 

Coach, comment avez-vous vécu cette élimination face à la Guinée ? 

C’est dur et amer. Il y a une très grande déception. Je suis même plus déçu pour les gosses. Ils ont beaucoup travaillé depuis des mois. Ils ont tout donné pour décrocher cette qualification. Ils ont mouillé le maillot. Mais je pense que ce sera une bonne expérience pour eux. Ils vont beaucoup apprendre de ce qu’il s’est passé. Cette aventure va les forger. Je leur avais dit beaucoup de choses mais ils ont découvert eux-mêmes. Mes défenseurs, je leur avais dit à l’extérieur quand vous touchez, le joueur l’arbitre siffle pénalty, quand vous effleurez le ballon c’est pareil et quand vous rouspétez c’est un jaune. Ils ont vécu la situation. En Tunisie, on a sifflé deux pénaltys contre nous et à Conakry un. Cela fait trois pénaltys en deux matchs à l’extérieur.

Et sur le match retour. Vous sembliez pourtant tout près de l’exploit ?

C’était un match difficile. On a mené en première mi-temps mais on a beaucoup reculé en deuxième mi-temps même si on (le staff technique) n’a pas cessé de leur demander de sortir. Les joueurs étaient obnubilés parle résultat qu’ils voulaient conserver coûte que coûte. Il faut le mettre sur le compte de l’inexpérience, le péché de jeunesse, le contexte et l’environnement. Nous avons encaissé un but dans les derniers instants. Pour moi, le match était déjà terminé. On a joué 50 minutes et l’arbitre a encore montré 10 minutes de temps additionnel. Je n’ai jamais vu ça de ma vie.

C’est donc l’arbitrage qui a fait défaut ?

Désolé, je ne peux pas trop parler de l’arbitrage. Je ne veux pas dire des choses… (il ne termine pas sa phrase). Il y a eu beaucoup de problèmes. Des Jeunes sont entres dans le terrain croyant qu’il y avait quelque chose dans les buts. Même des policiers y étaient. Moi, j’étais obligé de dire aux joueurs de laisser faire. Tout cela participe à déstabiliser nos joueurs. C’est des gosses de rien du tout. Ils étaient menacés. Moi-même j’ai reçu un coup par derrière. Quand je me suis retourné, c’était un jeu ne supporter.

Mais est-ce qu’il ne fallait pas refuser de reprendre le match dans ces conditions d’insécurité ?

Si on ne joue pas, les gens vont dire que nous avons fui. C’était au commissaire de match et à l’arbitre de dire stop, on ne peut plus continuer dans ces conditions. Que les joueurs sénégalais n’étaient plus en sécurité. Les supporters guinéens sont rentrés sur le terrain plusieurs fois. C’est inadmissible pour des jeunes de moins de 17 ans. Mais s’ils disent qu’on doit jouer, on va le faire. À la fin du match, je ne suis pas allé en conférence de presse parce qu’il n’y avait pas assez de sécurité. Moi, je pense que nos joueurs ont été courageux. Malgré l’environnement qui n’était pas propice et deux expulsions, ils ont tenu. La 2ème période a duré 63 minutes. C’est tout simplement incroyable pour des jeunes. C’est normal qu’ils craquent mais ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas été braves.

Avec le recul, vous ne vous dites pas que c’est à Dakar que vous avez perdu cette double confrontation ?

Bien sûr. On a fait un très mauvais résultat ici à Dakar. Au pire des cas, il fallait faire un match nul. C’est un grand handicap que de perdre à domicile. Malgré cela, on a toujours cru en cette qualification. Et les gosses ont montré à Conakry qu’ils avaient les capacités d’éliminer cette équipe de Guinée. Je leur ai dit de ne pas se fier à leur grand gabarit, de ne pas les craindre et de jouer leur jeu. Ils l’ont fait en première mi-temps. Et même sur notre but, l’arbitre a un peu hésité avant de l’accorder. C’est pour vous dire.

À Dakar comme à Conakry, la Guinée a eu l’appui indéfectible du 12ème homme. Ne pensez-vous pas aussi que la qualification s’est jouée sur les gradins ?

C’est vrai mais c’est dans la culture du supporter sénégalais. Nous ne sommes pas très bruyants mais c’est parce que aussi nous sommes fair-play.

Après cette élimination, c’est quoi l’avenir de cette équipe ?

Le staff des cadets travaille pour les sélections U20, U23 et seniors. C’est un bon groupe. J’espère qu’ils vont continuer à progresser et avoir une belle carrière. Il y en a qui vont continuer avec nous et on va poursuivre le travail. D’ici un mois ou deux, on va reprendre le travail pour les prochaines échéances.

C’était votre première expérience comme sélectionneur. Que pensez-vous que le Sénégal doit améliorer pour pouvoir être plus régulier à la CAN ?

Dans ces conditions avec un arbitrage pareil quoi que tu puisses faire comme travail tu ne peux pas passer. Des seniors peuvent gérer mais pas des jeunes de moins de 17 ans. C’est leur première expérience internationale. Il découvre cela donc ils ne peuvent rien faire