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L’une des légendes du Football Sénégalais, Khalilou Fadiga, a accordée une interview exclusives à nos confrères de So Foot dans laquelle il revient sur certaines étapes importantes de sa carrière de joueur et vie d’homme.

Et parmi les sujets, l’ex star de l‘AJ Auxerre est revenu sur ses débuts en Belgique, et l’intérêt des Diables Rouges pour l’enrôler avec eux  » J’ai eu une proposition à l’époque où Georges Leekens était sélectionneur. Le Premier ministre de Dehaene et Gerets m’avaient aussi encouragé, mais ça ne m’a jamais effleuré l’esprit. J’ai toujours été marqué «  Sénégal  » . Je voulais jouer pour la terre de mes parents, de mes grands-parents, de mes ancêtres. En fait, la question ne s’est jamais posée pour moi. »

Toutefois, Fadiga ne condamne pas ceux qui peuvent choisir un autre pays, car c’est une histoire de cœur, selon lui « Bien sûr. La nationalité, ce n’est pas les papiers, mais une affaire de cœur. Bruno Metsu était français, il est devenu sénégalais. Chacun son cœur, chacun son envie ou ses principes. On n’a pas le droit de juger. Après, ce qui m’agace, c’est ceux qui le choisissent par défaut. Je n’ai pas été sélectionné par la France, du coup j’ai choisi le Sénégal. Ça me met hors de moi. »

Il est aussi revenu sur l’incident cardiaque, qui, selon lui, a basculé sa carrière  » Oui, j’ai été interdit de jeu par le comité olympique, non pas par le médecin du club. C’était la fin de tout. J’ai rarement l’habitude de pleurer, mais là j’ai pleuré même devant des inconnus, Massimo Moratti et Marco Branca. »

Un des moments phares de la carrière de Fadiga a été évoqué. Il s’agit de la victoire historique des Lions de la Teranga face aux Bleus lors de la Coupe du monde 2002  « La France, le pays dominant, champion du monde, le colonisateur et toutes ces choses-là. C’était comme si le Brésil tapait le Portugal. Pour le Sénégal, c’est la même chose. Sur le continent africain, nous sommes considérés comme les petits Français. C’est jouer contre les gens auxquels on a envie d’expliquer : «  On a le total respect, mais nous avons un détachement. Le Sénégal, c’est chez nous. Nous ne sommes plus les colonisés.  » Tout ça est entré en jeu. On jouait pour nous, nos parents, nos ancêtres, on jouait pour l’histoire du Sénégal, mais sans aucun esprit de revanche.