Partager

Mis à part le challenge de réussir le grand chelem dans les éliminatoires de la CAN 2017, le match contre la Namibie ne présentait pas beaucoup d’enjeux pour Aliou Cissé et sa bande. Les Lions ayant empoche avant l’heure leur billet pour le Gabon. Sans minorer la performance des Lions, il faudra tout de même admettre que Cap’tain Cissé et ses hommes ne sont pas encore entrés dans le vif du sujet. 

Il faut rendre à César ce qui est à César, disait l’autre. En remportant leurs six matchs dans les éliminatoires de la CAN 2017, Aliou Cissé et sa bande ont réussi une belle performance, jusque-là jamais réalisée par nos footballeurs. Cela, même si dans le groupe K des Lions, il n’y avait que la Namibie, le Burundi et le Niger. En effet, sans manquer de respect à ces nations, il faudra admettre que ces noms ne tambourinent guère à travers le continent. Mais c’est vrai, un match il faut le jouer pour le gagner. Et ce ne sont pas les champions d’Afrique ivoiriens en 2015 qui diront le contraire. Les Eléphants qui ont peiné devant la Sierra Léone (1-1) à domicile lors de la dernière journée des éliminatoires avant de s’inviter in extremis à Gabon 2017.

Disons-le, la prouesse de Cissé et Cie n’est pas une performance au rabais. Néanmoins, la mention «peut mieux faire» a été unanimement servie aux Lions et à leur coach. Et la remarque du patron des Sports a son pesant d’or. Matar Bâ qui a indiqué à la suite du succès des Lions que «carton plein ou pas, le Sénégal a l’habitude de se qualifier». Une manière sans doute de dire que le plus dur reste à venir pour les Lions. Et comme un avertissement à qui veut l’entendre, Matar Bâ martèle que «Les Lions devront terminer ce qu’ils ont entamé». Un match pas gagné d’avance au regard, une fois de plus, de la prestation de Sadio Mané et sa bande, samedi dernier sur la pelouse du stade Senghor. Le joueur de Liverpool qui, comme souvent, n’a pas occupé toute la place qui lui a été laissée. Et pourtant, une fois n’est pas coutume, l’enfant de Bambali n’a pas été confiné sur le flanc gauche de l’attaque des Lions, qu’il a refilé à Baldé Diao Keïta. Positionné en électron libre dans l’entrejeu des Lions, Sadio Mané ne s’est pas saisi des manettes que coach Cissé venait ainsi de lui remettre.

L’ancien Messin est resté dans son registre habituel, usant de sa vitesse pour amener de la percussion aux avant-postes. Une fois de plus, il n’a pas enfilé ce costume de patron des Lions que tout un peuple rêve de le voir porter. Résultat des courses, les Lions ont encore péché dans l’animation et l’organisation du jeu. Ils n’ont toujours pas produit ce jeu construit, pour ne pas dire léché, dont raffole tant le public de Senghor.

Le carton plein de Cissé et ses hommes n’a donc pas dissipé les inquiétudes. Ni raviver la confiance des inconditionnels des Lions. De manière triviale, disons que les Lions ont encore gagné sans convaincre parla qualité de leur jeu. Heureux donc que le scepticisme subtil du ministre des Sports, qui a déclaré, «heureusement, j’ai écouté les joueurs, l’entraîneur Aliou Cissé et Augustin Senghor président de la FSF ils sont dans cette dynamique de renforcer nos capacités et de savoir que le Sénégal a l’habitude de se qualifier», a trouvé un écho favorable dans l’encadrement des Lions. Aliou Cissé en premier. «Je ne suis pas tout à fait satisfait de mes joueurs», déclarait, en effet, l’ancien capitaine des Lions à l’issue de la victoire de son équipe, samedi. Le coach des Lions qui a prévenu que certains de ses cadres devront hausser leur niveau de jeu et assurer leur statut en sélection prochainement. Et les Lions en auront bien besoin au Gabon face aux cadors du continent pour rayer ce traumatisme de l’élimination au premier tour qui poursuit le Sénégal depuis deux coupes d’Afrique. La se trouve, en effet, le premier grand défi d’Aliou Cissé s’il veut faire mieux que ses devanciers, notamment Alain Giresse et Amara Traoré. À défaut d’aller chercher la coupe, Cissé devra, en effet, éteindre dans l’œuf cette malédiction naissante. Une autre paire de manches face à des équipes comme l’Algérie, le Cameroun ou encore l’Égypte. Des cadors face à qui on a souvent perdu dernièrement. Des ogres dont il faudra également se défaire pour se frayer un passage pour la prochaine Coupe du monde en Russie. Des barrières hautement plus difficiles à franchir que Cissé devra enjamber, pour s’inviter pour de vrai et à jamais au panthéon du football sénégalais.