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Baba Touré, l’ancien meneur de jeu de la Jeanne d’Arc et de l’équipe nationale dans les années 80, venait après l’Argentin Diégo Maradona dans la liste des meilleurs numéros 10 du monde, a indiqué, dimanche, son ancien coéquipier Roger Mendy, dans un entretien avec l’APS.


« Si je devais faire une hiérarchie parmi les gauchers numéros 10 à travers le monde, après Maradona (Diégo), je plaçais tout juste derrière Baba (Touré) », a dit Roger Mendy de son coéquipier décédé, samedi.

« C’était un footballeur immense et personnellement, c’était un véritable complice », a souligné l’ancien défenseur central des Lions qui a évolué en France (Toulon et AS Monaco), en Italie (Pescara) et Al Nasr, en Arabie Saoudite.


Roger Mendy s’apprêtait d’ailleurs à aller à la maison mortuaire en compagnie de Racine Kane et Amadou Diop dit Boy Bandit, deux anciens joueurs de l’équipe nationale pour la levée de corps de l’ancien coéquipier décédé brutalement dans la nuit de samedi.


Baba Touré n’a pas connu une carrière professionnelle riche malgré son talent raconté par tout le monde. Le président Macky Sall en personne, disait en pleine campagne électorale en 2012, que c’est le footballeur qui l’avait le plus marqué.


« Où est Baba Touré », s’était interrogé le candidat Macky Sall lors d’une rencontre avec le monde sportif en pleine campagne électorale, indiquant que c’est le footballeur qui l’avait le plus marqué.


Baba Touré qui avait joué à Fatick dans la ville natale du chef de l’Etat, « était pourtant un footballeur nul de la tête et rechignait à aller au marquage », s’est souvenu Roger Mendy.


« Il refusait systématiquement d’aller au marquage mais puisque c’est lui qui réglait nos problèmes, on ne lui en tenait pas rigueur », a rappelé l’ancien défenseur central qui se présente comme un complice du défunt.


« Baba Touré est un couche-tard, il se pliait difficilement aux mises au vert et les dirigeants de la JA lui ont mis de force dans ma chambre pour que je puisse le raisonner », s’est-il rappelé, soulignant que c’était peine perdue.


« Il fallait vraiment qu’il sorte, sinon, il n’était pas dans son assiette et il mettait un véritable bazar dans le groupe et c’est pourquoi, j’ai décidé de fermer les yeux parce que je savais que durant le match, il allait régler nos problèmes », a-t-il par ailleurs ajouté.


Au rayon des souvenirs, Roger Mendy a indiqué en avoir un paquet mais a préféré rappeler un énième derby dakarois ayant opposé la JA au Jaraaf.


« Nous avions eu un coup franc et Baba Touré a battu Cheikh Seck d’un tir imparable. Mais à notre grande surprise, l’arbitre indique n’avoir pas encore sifflé », a-t-il raconté.


« C’était la stupéfaction dans notre camp où les uns et les autres accusaient l’arbitre de favoritisme mais Baba (Touré) a tenu à calmer tout le monde jurant qu’il allait remettre le ballon dans les filets », a-t-il dit.


« Et quelques minutes après les conciliabules, il remit les choses au point en battant Cheikh (Seck) qui était pourtant au sommet de son art », a rappelé Roger Mendy.