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De retour de prêt de Zulte Waregem (Belgique), Mame Baba Thiam va retrouver la Juventus (Serie A), pour la préparation hivernale. N’étant pas sûr de s’imposer à Turin, l’attaquant sénégalais veut tout de même se trouver un point de chute pour continuer sa progression et intégrer la Tanière qui reste son seul objectif. 

Mame, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Mame Thiam, j’ai 23 ans. Je suis né au Sénégal, plus précisément aux HLM. J’ai très tôt quitté le Sénégal pour aller monnayer mon talent en Italie. Sur place, j’ai allié sports et études. Au bout de quelques années d’apprentissage, j’ai passé des tests concluants à l’Inter Milan. Malgré tout, je n’ai pas abandonné les études. C’est par la suite que je me suis engagé avec un club de deuxième division italienne. Au bout de quelques saisons, la Juventus de Turin s’est renseignée avant de m’enrôler dans son effectif. Ils m’ont prêté à Zulte Waregem, en Belgique. Là, je retourne à la Juventus.
Dans quel club sénégalais avez-vous commencé à jouer au ballon ?
Au Sénégal, j’ai joué dans la rue avec les amis. On se défiait aussi dans les terrains vagues, mais je n’ai jamais intégré un club de championnat. En accord avec mon oncle, des agents qui étaient de passage au Sénégal ont trouvé en moi des qualités et ont décidé de m’amener en Italie pour que je puisse intégrer une équipe professionnelle. Je ne l’ai pas regretté.
À quel moment avez-vous su que le football sera votre métier ?
J’ai eu un pressentiment depuis tout petit. Aux HLM, le voisinage n’arrêtait pas de dire à ma maman de tout faire pour m’amener en Europe parce que tout le monde voyait en moi un talent. En plus, ma famille était assez modeste. Donc, c’était pour moi un bon moyen de soutenir mes parents en devenant footballeur professionnel. Depuis, j’ai intégré le football dans ma vie. Après l’école, le football était ma principale préoccupation. Dieu merci, les portes se sont ouvertes devant moi.
Avez-vous nourri le regret de ne pas avoir joué à l’inter Milan et à la Juventus ?
Non, du tout. Quand je partais à l’Inter Milan, c’était pour intégrer le centre de formation du club, mais pas pour l’équipe première. C’est à partir de là que la Juventus de Turin m’a repéré et a gardé un œil sur moi. Il était difficile pour moi, en son temps, de m’imposer dans une grande équipe comme la Juve. Sans avoir fait mes preuves ailleurs, il serait difficile pour moi d’y trouver une place de titulaire. Ça aussi, je l’avais très bien compris. Mais cette année, je suis retenu dans l’effectif de la Juventus. Je vais aller m’entrainer et après on verra ce qui se passera.
Êtes-vous toujours sous contrat avec la Juve ?
Effectivement, il me reste encore trois ans de contrat. C’est l’équipe qui m’a envoyé en prêt à Zulte Waregem. C’est normal, au bout de ce prêt sans option que je revienne. Et ils m’ont signifié que je fais partie de l’équipe professionnelle qui entamera la pré-saison.
Quel objectif vous êtes vous fixé ?
Je ne demande qu’à jouer. C’est bien beau d’être sociétaire d’une grande équipe comme la Juventus. Mais, si je n’y joue pas, ça n’a pas de sens. Mon métier c’est de jouer au ballon. Je ne veux pas v rester sans jouer. C’est pourquoi si je ne joue pas, je veux aller voir ailleurs où j’aurai un bon temps de jeu. C’est essentiel parce qu’un footballeur doit jouer.
Avez-vous des contacts avec d’autres clubs ?
Effectivement, j’ai beaucoup de contacts qui peuvent me permettront de quitter la Juventus de Turin des cet été. Je ne pourrais pas vous donner des noms, mais sachez qu’en Italie j’ai beaucoup de contacts ainsi qu’en Espagne et en France. Maintenant, la balle est dans mon camp. Avec mes conseillers, nous allons voir la meilleure formule et la bonne option pour moi. On a tout le temps devant nous et certainement d’ici quelques semaines, vous serez édifiés sur ma situation.
Votre intégration à Zulte Waregem, en Belgique, a-t-elle été difficile ?
Je n’avais aucun problème d’intégration en Belgique. J’ai trouvé Mbaye Lèye à Zulte Waregem et il a vraiment facilité mon adaptation. J’ai joué beaucoup de matchs avec à la clé 9 buts marqués. Malheureusement, je n’ai pu tenir ma place durant les play-offs parce que j’étais blessé. C’était le point noir de ma saison mais, pour le reste, je pense que le Tout Puissant m’a permis de réussir une belle saison en Belgique.
Que vous inspire l’équipe nationale du Sénégal?
Franchement, en tant que Sénégalais, je veux vraiment jouer pour mon pays. C’est mon vœu le plus cher, celui de mes parents et amis. Mais, je n’en fais pas une obsession. Le plus important, c’est de continuer le travail en club. Je sais que si on est compétitif et qu’on marque des buts, le sélectionneur va certainement jeter un coup d’œil sur nous.
N’est-il pas prématuré d’y penser ?
Non, je ne pense pas. Jusqu’à 30 ans,je continuerai à rêver de l’équipe nationale. On ne sait jamais. Il est évident que je veux vraiment jouer la Ligue des champions. Mais, l’équipe nationale reste ma priorité comme pour beaucoup de footballeurs. Comme je l’ai dit, il n’est jamais trop tard. Je reste à la disposition du sélectionneur parce que je veux vraiment défendre les couleurs de mon pays.
Quelles appréciations faites-vous des résultats de l’équipe nationale ?
Ça fait plaisir de voir l’équipe du Sénégal jouer. Je suis à fond derrière l’équipe parce qu’à chaque fois que le Sénégal gagne, toute la population est heureuse. Continuons à prier pour l’équipe. Elle va bientôt arriver au sommet. Aujourd’hui, qu’on le dise ou pas, cette équipe a largement les moyens de faire plaisir aux Sénégalais et je pense que le sélectionneur et les joueurs travaillent pour y arriver.