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Écarté des pelouses depuis pratiquement deux mois, Zargo Touré a repris du service lundi dernier avec le groupe professionnel de Lorient FC (L1, France). Se prononçant sur le tirage au sort des éliminatoires du Mondial 2018, le défenseur central sénégalais est d’avis que les Lions devront jouer tous leurs matchs à fond.

Zargo, comment la reprise s’est-elle passée avec Lorient ?

j’ai repris une semaine avant le groupe. Nous avons fait le point avec le médecin du club et les  kinésithérapeutes. Ma blessure a effectivement évolué. depuis lundi dernier, j’ai repris avec tout le groupe. Les tests passés se sont avérés concluants. Maintenant, après nos vacances, place au travail.

Quelle était la nature de votre blessure ?

j’avais une déchirure aux ischiojambiers. Elle est survenue suite à un dégagement de ballon que j’avais fait lors de notre match de championnat contre SaintÉtienne. Malheureusement, c’était la fin de ma saison. La déchirure s’étendait sur 21cm.

Vous faites partie des révélations de la saison écoulée de la Ligue 1, une grosse satisfaction ?

Sur le plan personnel, j’étais content de ma saison surtout que je fais partie des révélations de la Ligue 1. je veux réitérer la même performance et pour cela je continuerai à me battre pour jouer à nouveau beaucoup de rencontres, comme la saison dernière. je sais que j’ai les capacités d’y arriver.

Un goût d’inachevé cependant avec cette blessure…

j’étais franchement dégoûté en cette fin de saison parce que j’ai fait un bon parcours avec Lorient. j’ai joué 29 matchs avant de m’arrêter suite à la blessure. je rends grâce à dieu. Et comme je l’ai dit, on va s’améliorer à tous les niveaux pour s’en sortir.

Quel sera l’objectif collectif de Lorient ?

Il est clair qu’on doit au plus vite se maintenir et avoir l’ambition de gagner les Coupes, de la Ligue et de France. Au classement aussi, nous devons améliorer notre position. À défaut de terminer sur le podium, qu’on ait au moins une place qualificative à l’Europa League. Ce sera une manière de montrer que le club a grandi.

Comment s’est passée la séparation avec votre coéquipier Lamine Gassama qui vient de quitter le club ?

C’est dommage parce que Lamine va nous manquer. Il est en fin de contrat et le club vient de recruter un latéral droit en provenance de Niort. Nous espérons qu’il fera mieux que Gassama. Mais tout compte fait, Lamine va nous manquer. personnellement, je suis optimiste pour lui. j’ai la conviction qu’en tant que Lion, il pourra rebondir au plus vite parce que c’est un guerrier qui ne lâche absolument rien. La vie est ainsi faite. Il a compris cela.

Vous étiez certainement déçu de ne pas faire partie du groupe du Sénégal qui a ramené du Burundi la qualification à la CaN-2017 ?

Bien sûr que j’ai toujours mal de ne pas pouvoir défendre les couleurs de mon pays. Le coach Aliou Cissé m’avait appelé avant ma blessure pour m’informer qu’il allait m’appeler pour le match contre le Burundi. Il m’avait demandé de me préparer et de ne pas faire attention aux vacances. Malheureusement, après la blessure, le coach m’a rappelé pour m’encourager. j’étais dégoûté, mais c’est comme ça. dans la vie, on ne prévoit pas ce genre de situation. À moi maintenant de redoubler d’effort et de revenir au meilleur de ma forme pour rester  plus fort.

Ne pensez-vous pas que vos chances sont moindres de jouer dans l’axe central de l’équipe nationale vu les différents prétendants ?

En défense centrale, il y a du monde mais moi je viens en équipe nationale pour aider mon pays à aller plus haut. je ne fais pas attention à la concurrence tout en sachant qu’elle fait partie de notre vie. je ne viens pas pour compléter l’effectif aux entraînements. Mais, dans un match de football tout le monde ne peut pas jouer. Le coach est là pour faire ses choix. Il faut juste les respecter et respecter les coéquipiers qui sont titularisés. On ne vient pas en sélection pour se bagarrer et exiger une place par force. Non, je ne suis pas dans ça. Moi je reste dans les rangs. Si la sélection a besoin de moi je viens sans arrière pensée. Et si le coach pense que je dois démarrer un match, je me donne à fond. Même si je ne joue pas, j’encourage les coéquipiers qui sont sur le terrain.

Quelle est l’origine de ce nouvel état d’esprit en équipe nationale ?

C’est simple, c’est le message que nous véhicule le sélectionneur qui a fini de nous transcender. Les joueurs sont plus conscients de l’attente des supporters. Depuis l’arrivée de Cissé, il y a du sérieux et de la rigueur. On n’a jusqu’ici pas eu de défaite en match officiel même si on a enregistré deux contreperformances aux matchs amicaux joués contre l’Afrique du sud et l’Algérie.

Etes-vous confiant pour la qualification du Sénégal à la Coupe du monde 2018 ?

Bien sûr. On a un bon groupe et comme le coach a l’habitude de nous dire, son objectif c’est la qualification à la prochaine Coupe d’Afrique. Aujourd’hui que cela est acquis, on sera plus confiant pour aborder les éliminatoires de la Coupe du monde. On va se battre et garder la tête sur les épaules pour décrocher notre qualification.

Le statut de favori du groupe n’est-il pas un piège?

À chaque fois qu’on nous classe parmi les favoris, il y a une pression supplémentaire sur nous. Et je pense qu’on jouera tous nos matchs sous pression pendant les éliminatoires. On fera de sorte que tous les matchs restent des finales pour nous. On sait que ça ne sera pas facile parce que l’adversaire d’en face ne nous fera pas de cadeau. On doit maintenir le rythme et rester engagés jusqu’au bout.

Quel sera l’objectif à la prochaine Coupe d’afrique des Nations ?

Pour la plupart d’entre eux, ça sera la troisième compétition majeure. On va faire le nécessaire pour non seulement honorer notre pays mais faire de sorte que cette génération écrive son nom dans l’histoire. On a joué ensemble les jeux olympiques de 2012 et depuis lors, le groupe ne cesse de grandir et d’évoluer positivement. je pense que si on arrive à la CAN-2017, nous devrons mettre notre empreinte qui nous permettra d’aller le plus loin possible dans la compétition. parce que notre élimination prématurée de 2015 a véritablement choqué les Sénégalais.