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Footballeur exemplaire, Salif Diao a gagné ses galons sur le terrain, avant de prendre une retraite méritée. Désormais, ses prises de parole se font rares. Et c’est précisément pour cela qu’il est écouté quand il parle. L’Obs a sollicité et obtenu son point de vue sur le tirage au sort des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018, qui loge le Sénégal dans le groupe D.

Pour le troisième et dernier tour des éliminatoires du Mondial 2018, qui débute le 03 octobre prochain, le sort a réservé au Sénégal des équipes de moindre calibre : le Burkina, le Cap Vert et l’Afrique du Sud. Ce qui a fait bondir Salif Diao de joie. Pour l’ancien milieu de terrain des Lions, il n’y a pas l’ombre d’un doute : «Si les joueurs jouent sur leurs qualités, il n’y a pas de raison qu’ils ne se qualifient pas au prochain Mondial. Le Cap Vert a fait beaucoup de progrès, avec de bons joueurs, dont certains évoluent au Portugal. Mais aujourd’hui, tout le monde aimerait être à la place du Sénégal. Malgré le respect que l’on doit à toutes les autres équipes du groupe, en termes de potentiels, il n’y a pas photo : le Sénégal est largement au dessus, qualitativement et quantitativement.»

Maturité – Le vent nouveau qui souffle dans la Tanière insuffle une vague d’espoir à l’ancien international sénégalais. Diao savoure : «Entre l’équipe que j’ai vue l’année dernière et celle du dernier match amical contre le Rwanda, il y a de la maturité. Elle a grandi. Evoluer ensemble en Afrique depuis deux ans, cela a permis à ce groupe de gagner en expérience. Les joueurs ont compris que jouer en Afrique et en Europe, ce sont deux choses complètement différentes. C’est toujours difficile en Afrique. En termes d’expérience, ces joueurs ont emmagasiné quelque chose : ils savent voyager et faire l’essentiel. C’est un groupe conquérant. Je pense qu’ils ont envie d’écrire une page de l’histoire du football sénégalais. Ils n’ont pas besoin d’être motivés.»

Mental – Coiffé au poteau en 2006 par le modeste Togo et en 2010 par la Gambie, des adversaires qu’on disait faciles, le Sénégal peut-il se voir aujourd’hui plus beau que le Cap Vert, récemment descendu du podium africain du classement mensuel de la Fifa ? La réponse de Salif Diao est teintée de prudence, mais solidement ancrée dans les convictions du joueur qu’il fut : sérieux et appliqué. «En Afrique, il n’y a plus de petites équipes et tout le monde est motivé pour battre le Sénégal. Cela ne nous met pas dans une posture facile, mais si les garçons jouent à leur niveau, mentalement surtout, ils peuvent s’en sortir. Un match international, c’est surtout le côté mental. Jouer en Afrique, c’est pour de vrais combattants. S’ils sont prêts mentalement, on n’aura pas de souci. Mais il faut respecter les adversaires en mettant tous les atouts de notre côté.»