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Ousmane Thiane Sarr, trésorier général de la LSFP : «Pape Diouf et Diamil Faye ne sont pas des exemples, encore moins des références»

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On joue les prolongations, après la sortie de Diamil Faye dans nos colonnes, la semaine dernière. Après Diambars, par la voix de son Directeur technique, Moussa Camara, la Ligue sénégalaise de football professionnel a réagi. Hier, Ousmane Thiané Sarr, trésorier général de la Lsfp depuis 2012, a cru devoir «rétablir la vérité» face à «l’amalgame». Le président du Port tacle sec le président de Guédiawaye Fc et Pape Diouf, ex-dirigeant de Marseille.

 

Le président de Guédiawaye Fc, Diamil Faye, a récemment fait une sortie dans nos colonnes, pour parler de la gestion de la Ligue pro. Quel commentaire en faites-vous ?

Merci de nous donner l’opportunité de rétablir la vérité. En quelque sorte, c’est de cela qu’il s’agit, parce que notre collègue et président de club, Diamil Faye, est revenu, comme à son habitude, pour faire dans l’amalgame. Mais ce qui me choque surtout dans ses propos, c’est cette capacité à raconter des choses archi-fausses. La première chose qu’il faut comprendre, en sa qualité de «chef d’entreprise», comme il le dit, c’est qu’il est venu investir dans le football. Maintenant, s’il n’a pas de retombées, cela n’incombe pas à la Ligue professionnelle. Il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Il a peut-être misé sur le mauvais cheval. Nous sommes en fin de mandat et Diamil était proposé à la tête de la Commission Marketing de la Ligue professionnelle. Il avait décliné l’offre, ayant des visées sur la fonction de président de la Commission Marketing de la Fédération sénégalaise de football, dont il n’est même pas membre. Voilà la réalité. Tous ses agissements viennent de là.

Il dit n’avoir pas encore vu de procès-verbal depuis son audition, il y a quatre mois…

C’est vrai, mais ce n’est pas à lui de dire quand et comment il sera sanctionné. Après avoir reçu la convocation, 48 heures à l’avance, il avait dit qu’il ne serait jamais auditionné et avait crié partout qu’il n’allait pas déférer à la convocation. Mais, c’est la première fois dans l’histoire de notre football qu’un président défère à la convocation d’un comité ad hoc et se fait accompagner par un avocat. C’était pour trouver une porte de sortie et on ne lui en a pas laissé l’occasion. Il a été auditionné. Il révèle ce qui s’est passé à l’audition, mais a tu la partie la plus importante. Il s’est dédit et nous a présenté un enregistrement où il n’y a absolument rien. Toutes les parties relatées par la presse ont été effacées. Il a juré n’avoir jamais prononcé le mot «incompétent». Ce gars n’a donc pas de leçons à nous donner. Et s’il pense être en mesure d’apporter quelque chose au football, qu’il apprenne à être un dirigeant. Il y a une grande différence entre dirigeant d’un club de football et chef d’entreprise. Il a montré son vrai visage, quand il a relaté une discussion- c’est même un échange privé- où il dit que le président Saër Seck n’a pas répondu à sa question. Il montre combien on peut lui faire confiance. Heureusement, il ne sera peut-être jamais président de cette Ligue.

Et que répondez-vous par rapport au «conflit d’intérêts» qu’il dénonce au sein de la Lsfp ? 

Il parle de «conflit d’intérêts», disant que Saër Seck ne devrait pas être président de la Ligue et d’un club. C’est déjà méconnaître nos textes. On peut tout reprocher à Saër Seck, sauf ne pas être intègre et équitable. Diamil tombe trop bas. C’est un complexé, mais c’est le cadet de nos soucis. Il a joué et perdu. Notre mandat se termine cette année, s’il veut se positionner, qu’il vienne. Mais qu’il arrête de raconter des histoires qui ne tiennent pas la route.

Il a aussi dénoncé le contrat sur les droits Tv…

Il dit avoir les contrats signés depuis décembre 2014, mais c’est un chef d’entreprise et donc sait faire la différence entre un contrat et une lettre d’intention. Il ne fait pas erreur, mais sème sciemment le doute dans la tête de ceux qui ne comprennent pas. Mais ça ne passe pas, parce qu’il n’est pas plus intelligent que nous. Il dit que la Ligue a encaissé au minimum 700 millions de FCfa sur deux ans. Il raconte des histoires. Le contrat a été signé en juillet 2015, sur instruction du bureau, après délibération.

Droits TV : «Il n’y a pas eu de contrat de 700 millions, mais une lettre d’intention»

Quid alors du document signé en décembre 2014 ?

C’est la lettre d’intention de négocier. Le contrat a été signé, mais on n’a pu l’exécuter, nos partenaires ayant eu des difficultés. Ils nous ont écrit pour différer l’exécution en 2017. Sur ce, le président a été instruit, par le bureau, de poursuivre la négociation, pour qu’il n’y ait pas de rupture. Ils ont des problèmes et nous espérons qu’ils n’iront pas voir ailleurs. Il n’y a rien de louche, comme Diamil le prétend. Il n’y a aucun contrat liant la Ligue à une quelconque structure qui n’a pas été discuté et amendé par le bureau, avant d’être signé par le président. Le bureau est issu du Conseil d’administration où siègent tous les présidents qui le veulent. Diamil ne veut pas. Il ne peut pas ne pas vouloir siéger et vouloir recevoir nos résolutions.

Donc la Ligue n’a encore rien reçu de ce contrat ?

Pas un seul centime. Les 2 millions de FCfa qu’on a donnés à chaque club de Ligue 1 et les 1,5 million de FCfa à chaque club de Ligue 2 proviennent de sponsors et de nos économies. C’est à l’image du président Saër qui, s’il ne renfloue pas les caisses, ne les vide pas. Et c’est des choses qu’il n’aime même pas qu’on révèle. Saër Seck est une chance pour le football professionnel. N’eut été lui, on aurait parlé d’un bébé mort-né depuis belle lurette. Quand Orange n’avait pas renouvelé le contrat, il a tenu à bout de bras la Ligue, notamment les charges des arbitres et c’est excessivement cher. Il a prêté plus de 100 millions à la Ligue qui a remboursé comme elle a pu.

Comment jugez-vous sa suggestion de mettre quelqu’un comme Pape Diouf à la tête de la Ligue ?

Qu’est-ce que Pape Diouf a fait pour le football sénégalais ? Il nous est redevable. La Ligue l’a honoré et il s’est permis de la dénigrer, d’avancer que le gouvernement ne subventionnera jamais la Lsfp, parce qu’elle est composée de sociétés anonymes. En France où il a été dirigeant, il ne fait pas partie des présidents dont les gestions sont citées en exemple. Il traîne des casseroles. Pape Diouf et Diamil Faye ne sont pas des exemples, encore moins nos références. Ils n’ont pas de leçons à nous donner, aussi bien en gestion qu’en administration.

Quid de la transparence que Diamil exige ?

La Ligue professionnelle a une seule source de financement, c’est Orange. Tous les présidents siégeant au Conseil d’administration connaissent combien Orange injecte annuellement dans le football. Ce n’est pas un secret, c’est 330 millions de FCfa. L’argent n’est pas donné d’un coup, mais graduellement, avec des échéances. Et jusqu’à présent, Orange le fait correctement et nous faisons tout pour que la gestion soit transparente, de sorte que le budget soit équitablement réparti. Même la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a.