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Pilier de la sélection U20 du Sénégal finaliste de la CAN U20 et 4ème du Mondial 2015, Mamadou Loum Ndiaye est actuellement pensionnaire du Sporting Braga. L’ancien milieu défensif de l’US Ouakam évoque sa première saison au Portugal.

Mamadou, comment s’est passée votre première saison au Sporting Braga ?

J’ai eu des débuts difficiles. Mais au fur et à mesure, je m’en suis bien sorti. Ce n’est pas facile de s’adapter très vite. Il y a un changement d’habitudes avec lequel il faut faire. Surtout culturellement. Au Sénégal, un joueur de foot vit pour la plupart des cas chez ses parents. Alors qu’à l’étranger, tel n’est pas le cas. Au Portugal, je vis seul. Je deviens un peu plus responsable. Après il y a eu la barrière linguistique («Il faut lui dire qu’en moins de quatre mois t’as appris à parler couramment le portugais», lui suggère son agent l’ancien international Amadou Ndoye Ndiaye présent durant l’entretien). Pour ne pas me dépayser, j’ai rapidement appris à parler la langue, en deux ou trois mois. Ce qui m’a facilité l’apprentissage de cette langue, c’est que je ne suis pas resté dans mon coin. Je fais tout pour être le plus souvent avec mes coéquipiers et communiquer avec eux. Et il faut reconnaître qu’ils ont tout fait pour m’intégrer et me mettre à l’aise. Dans le groupe, il y a cinq autres Africains : trois Nigérians, un Bissau-guinéen et un Ghanéen.

Et sur le plan sportif, comment s’est passé cette première saison au Portugal ?

Je dirais qu’elle a été satisfaisante. Je suis arrivé à Braga, blessé. Je souffrais des ischio-jambiers depuis la demi-finale de la Coupe du monde U20 contre le Brésil. Donc, à mon arrivée à Braga, je suis resté pratiquement trois mois à me soigner. C’est au mois de février que j’ai commencé à jouer. Et dès que j’ai joué, j’ai enchaîné. J’ai pu totaliser 18 matchs avec l’équipe B.

Et pourquoi avoir choisi Braga alors que selon plusieurs rumeurs durant le Mondial, il y avait d’autres offres ?

C’est vrai qu’il y avait plusieurs clubs. Déjà juste avant la CAN, j’avais fait des tests à Udinese (Serie A Italie) mais c’est Braga qui s’est montré le plus entreprenant pour me faire signer. Leur recruteur était à la CAN U20. Il a regardé tous nos matchs et mon style de jeu lui a plu. Et puis, eux voulez que je signe de suite sans passer par des tests alors que les autres clubs voulaient d’abord me tester. Mon agent a tranché pour Braga qui est un grand club portugais. L’équipe se qualifie souvent en coupe d’Europe. Cette année, on a gagné la Coupe du Portugal devant le FC Porto. C’est donc un club qui peut constituer un bon tremplin pour moi. J’ai signé un contrat de 5 ans.

Et le recruteur du club, qu’est-ce qui lui a plus dans votre jeu ?

Mon agressivité. Ma façon de récupérer le ballon. Je ne lâche jamais rien. Je m’inspire souvent de Sergio Busquets. Je le suis beaucoup et j’adore sa façon de jouer. Il est grand de taille comme moi et récupère beaucoup de ballons. Je passe beaucoup de temps à scruter son jeu en regardant ses vidéos.

La CAN U20 a donc beaucoup joué pour la suite de votre carrière. Quels souvenirs gardez-vous de cette aventure ?

C’est grâce àmes performances en Coupe d’Afrique que Braga m’a recruté. Et durant la Coupe du monde aussi, j’ai tout donné. Nous avons vraiment vécu de très bons moments. À chaque fois que j’en parle, j’ai la chair de poule. Nous étions solidaires et c’était notre force. Nous étions déterminés à faire le maximum pour mouiller le maillot national.

Aujourd’hui, la sélection U20 est en pleine phase de qualification pour la prochaine CAN. Quels conseils leur adressez-vous ?

Dans notre équipe, nous nous étions dit qu’il n’y avait pas de stars. S’il fallait mourir sur le terrain, alors tant pis. C’était la nation avant tout. Notre objectif était de toujours mouiller le maillot. Nous jouions pour le peuple sénégalais avant tout. Et ensuite, il fallait montrer le pourquoi on avait été choisi. Donc, au-delà de l’ambition collective, chacun d’entre nous avait une motivation personnelle. Je pense que c’était la force de notre équipe. Et je n’oublierai jamais ce que j’ai vécu pendant cette riche aventure.

Comment s’est passée votre enfance avec le football ?

Mon père était footballeur. Il s’appelait Ousseynou Ndiaye. Il était milieu de terrain et défenseur central. Il a joué à l’US Gorée et à l’ASFA. Et j’ai aussi un grand-frère qui a joué au foot à Yeggo. J’ai donc grandi dans un environnement de footballeurs. Et puis j’ai eu la chance de passer par de bons coachs qui ont beaucoup fait pour moi à l’US Ouakam (Malick Diop et Abatalib Fall) comme en équipe nationale U20 (Joseph Koto). C’est l’occasion pour moi de les remercier ainsi que tous les dirigeants et mes coéquipiers à Ouakam. Il faut dire que mon père est mon premier conseiller. Ma mère, par contre, voulait que je consacre aux études.

Et vous êtes allé jusqu’à quel niveau dans les études ?

J’ai arrêté les études en classe de seconde mais je conseille à mes petits frères qui jouent au foot d’essayer d’allier les deux : le sport et les études. Cela peut beaucoup leur apporter, surtout quand vous aspirez à devenir un pro. J’ai arrêté mes études en seconde mais je pense que les études et le sport peuvent aller ensemble. Je demande à mes petits frères d’allier les deux. C’est important.