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À 34 ans, Mickaël Tavares vit ses derniers moments de footballeur au FC Sydney, en Australie. Et même s’il est loin de la Tanière, Mika suit avec un intérêt particulier l’évolution de l’équipe nationale. Pour l’ancien joueur de Hambourg (D1 Allemagne), les Lions sont sur la bonne voie et peuvent concurrencer les autres écuries africaines dans la quête des cinq tickets qualificatifs au Mondial 2018.

Mika, qu’êtes-vous devenu ?

Je suis là, toujours actif. Je joue au Sydney FC dans le championnat australien avec mon cousin Jacques Faty. Je viens de boucler ma deuxième saison. Là, nous sommes qualifiés pour la Ligue des champions et il me reste une année de contrat.

Ne pensez-vous pas avoir fait des erreurs de choix dans votre carrière ?

C’est vrai qu’en un moment, j’ai évolué en Bundesliga allemande, l’un des meilleurs championnats au monde avant d’être blessé. C’est à la suite de cette aventure-là que les portes se sont fermées au plan européen. J’ai, peut-être, fait des erreurs de choix dans ma carrière. J’ai par la suite pris la responsabilité de m’éloigner de l’Europe et tenter l’expérience asiatique. À mon arrivée en Australie, j’étais agréablement surpris parce que le championnat australien est intéressant, même si les gens ici ne cherchent pas une grande visibilité. C’est vrai que ça reste des matchs amicaux, mais nous avons récemment joué contre Chelsea et Tottenham. Un a fait match nul contre le premier et on a gagné le second par 1-0. C’est vous dire un peu le niveau de ce championnat.

Nourrissez-vous des regrets ?

Je sais que j’ai du potentiel pour évoluer dans un grand championnat, mais comme je vous l’ai dit, il n’y a pas de regrets, je continue toujours à jouer au football. Je m’épanouis. Je suis en bonne santé et je pense que c’est le plus important.

Quel objectif vous êtes-vous fixé ?

Mon objectif, c’est de faire une saison correcte. C’est-à-dire ne pas se blesser. L’annèe dernière, on a joué les play-offs jusqu’en finale. On était vice-champion. Franchement, j’aimerais faire une meilleure saison par rapport à la précédente. Je veux m’épanouir surtout, et prendre du plaisir sur le terrain. On est qualifié pour la Ligue des champions d’Asie et je me battrai pour rester au meilleur de ma forme.

Racontez nous un peu la vie à Sydney…

Même si je ne vous le dis pas, Sydney est très loin. C’est facile de vivre là-bas. Il y a la plage. Maintenant, en dehors du football, nous découvrons une culture différente. Ils ont une culture anglo-saxonne comme aux États-Unis. Le gros problème, c’est un pays éloigné de tout. Il est éloigné du football européen.

Quel regard jetez-vous sur l’évolution de l’équipe nationale que vous n’avez plus fréquentée depuis 2011 ?

Le Sénégal a beaucoup de joueurs un peu partout. Ceux qui viennent en sélection sont dotés d’une bonne capacité technique. Ils évoluent pour la plupart en Premier League. C’est un plus pour la sélection. Je vois aussi que lé coach intègre petit à petit des locaux et il faut saluer cette approche. Parce qu’elle permet à tous les Sénégalais de se sentir concernés. C’est bien d’avoir des jeunes de haut niveau. D’ailleurs, cela se reflète dans leur parcours en éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique.

Au-delà de la CAN-2017, le Sénégal a-t-il les moyens de retourner au Mondial 2018 après 2002 ?

Il y a déjà un acquis après avoir composté son ticket pour la Coupe d’Afrique. La Coupe du monde reste forcément dans le viseur de tous les joueurs. C’était notre cas quand nous évoluions en sélection. Et aujourd’hui, je pense que les objectifs n’ont toujours pas changé. Maintenant, la qualification ne sera jamais facile parce que des équipes comme le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, entre autres, sont des grandes nations du football africain. N’empêche, le Sénégal n’est pas très loin de ces meilleures équipes-là. Avec tout ce qu’ils font aujourd’hui, je pense que nos joueurs sont capables de rivaliser avec n’importe quelle autre équipe.

Que retenez-vous de votre passage en équipe du Sénégal ?

Franchement, je garde de bons souvenirs. l’ai côtoyé un groupe de bons joueurs et de bonnes personnes. Ça a été une bonne expérience pour moi et une grosse fierté de représenter le pays de mes parents. La terre sénégalaise reste quelque chose de spéciale. Quand vous jouez en Europe, il y a la ferveur, mais l’Afrique reste ce qu’elle est. Les gens viennent voir les matchs au stade, quand ils supportent l’équipe, on sent nettement qu’on joue pour le peuple. C’est ce facteur de rassemblement social qui a une grande importance.

Avez-vous des regrets d’avoir joué pour le Sénégal ?

Je n’étais pas le seul dans ce cas-là. Et le fait que le Sénégal ait fait appel à moi était un honneur. L’équipe nationale du Sénégal m’a permis de jouer au niveau international et sur le plan sportif, cela a beaucoup joué dans ma carrière. Vraiment, je n’ai pas regretté d’être venu au Sénégal. Je suis certes né en France, j’y ai grandi, mais nous avons la culture sénégalaise et capverdienne à la maison. Parce que mes parents sont Sénégalais d’origine capverdienne.

Comment avez-vous vécu votre mise à l’écart de la CAN-2012 ?

Ça été un véritable coup dur pour moi d’être laissé a quai pour la CAN-2012 surtout que j’ai participé à presque tous les matchs des éliminatoires. Mais pour la phase finale de la compétition, je n’ai pas été retenu. C’est ça aussi le football, il faut respecter les règles. Mais franchement, j’aurais aimé participer à cette Coupe d’Afrique que j’avais bien préparée.

En voulez-vous au coach d’alors, Amara Traoré ?

Non, je n’en veux à personne. Comme je vous le dis, c’est une page qui a été tournée. Aujourd’hui, avec le recul, j’ai des regrets mais c’est le football qui est ainsi fait. J’ai vécu une situation compliquée et ce n’était pas la dernière fois. J’ai quand même surmonté tout cela.