Partager

Ce n’est certainement pas pour rien que Kalidou Koulibaly est convoité par plusieurs techniciens sur le banc de grosses écuries européennes, à l’instar de Conte à Chelsea. Le défenseur central de Naples, qui avait valu à Didier Deschamps, sélectionneur de la France, les moqueries de la toile et récolté les hommages de l’illustre Maradona s’est installé avec confort au cœur de la défense des Lions.

Eloges – Goethe, le célèbre poète allemand, disait ceci dans son ouvrage «Le Juif errant» : «Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es». En d’autres termes, la valeur d’un homme se mesure à la stature de ceux qui parlent de lui. La tête de liste des groupies de Kalidou Koulibaly suffit à résumer la dimension prise par l’ancien défenseur du Fc Metz. Au début du mois de mai dernier, l’international sénégalais de Naples avait mis une légende vivante du football à ses pieds. Diégo Maradona n’avait pas tari d’éloges pour lui. «Il est phénoménal. C’est le meilleur défenseur de la Série A. Il y a beaucoup de racisme autour de lui. Mais cela ne l’empêche pas de livrer de très bons matches. S’il était un blanc, il jouerait au Real Madrid ou à Barcelone.»

Reconnaissance – Le même mois, l’Observatoire du football du Centre international d’études du sport (Cies) avait publié son classement des meilleurs défenseurs européens. Cela, en se fondant sur six indicateurs clés de performance, à savoir : la rigueur, la récupération, la distribution, la percussion, la mise en danger et la finition. Des critères pondérés selon leur importance par poste.» Kalidou Koulibaly avait trôné à la septième place. Juste derrière des sommités de la trempe de Matts Hummels de Dortmund, actuellement au Bayern Munich, Thiago Silva (Psg), l’Argentin Nicolas Otamendi (Manchester City), l’Autrichien David Alaba (Bayern Munich), l’Italien Facundo Roncaglia (Fiorentina) et l’Uruguayen Diégo Godin (Atlético Madrid). Le Sénégalais devançait ainsi au Top 10, des joueurs comme David Luiz (Psg), Umtiti (Lyon) et Mamadou Sakho (Liverpool). Pour couronner cette belle saison, le défenseur de Naples naturalisé sénégalais en septembre 2015 (il a joué en petite catégorie pour la France), décroche une première qualification en Coupe d’Afrique des nations. La récompense à son travail bien fait.

Forces – Titulaire depuis son premier match avec les Lions contre la Namibie à Windhoek en éliminatoires (0-2), Koulibaly s’est imposé au fil des matches comme le taulier de la défense sénégalaise, en faisant preuve de beaucoup d’autorité. Roger Mendy, qui a marqué de son empreinte le poste de défenseur central en équipe nationale, s’en réjouit : «Physiquement, il est costaud, très bien bâti. Il est très difficile de le passer en un contre un». Jamais à la ramasse dans les duels au sol, Koulibaly a aussi des qualités athlétiques qui lui permettent de s’imposer dans le jeu aérien : son timing parfait et sa force musculaire impressionnante, n’ont pas échappé à l’ancien libéro des Lions. «S’il faut lui attribuer une note sur ce registre, je lui donnerai 9,5/10. Son jeu de tête est excellent. Kara non plus, n’est pas mal.» Toujours bien placé, rarement pris à défaut, Kalidou Koulibaly sent les coups. Pour s’en rendre compte, «il faut voir les buts concédés (un seul lors des éliminatoires, en quatre matches) et les occasions qu’il a enrayées. Il a une bonne lecture du jeu en tant que défenseur, et un bon sens de l’anticipation. Sa couverture est toujours bonne. Parfois, note Roger, il peut enrayer une occasion de but, rien que par son positionnement».

Lacunes – Seulement, l’élégance qu’il montre dans ses déplacements, Kalidou Koulibaly ne la prolonge pas dans ses relances. «Il est bon quand il amorce une attaque. C’est un ancien attaquant, il sait jouer au ballon, mais doit travailler sa relance. Djilobodji et Abdoulaye Ba ont une meilleure relance. Koulibaly a des atouts qu’eux n’ont pas : sa fougue et sa rage de vaincre. Mais ils sont beaucoup plus techniques que lui. C’est un bon défenseur, mais il doit beaucoup travailler sa technique : les passes et les contrôles.» Roger Mendy qui fait ce constat, déteste «voir des défenseurs qui font des passes à moins de deux mètres. Malheureusement, se désole-t-il, en Equipe nationale, Gana et Kouyaté viennent souvent prendre le ballon aux pieds des défenseurs. Ça ne fait pas évoluer.» Ce n’est pas seulement dans ce domaine que Kalidou Koulibaly doit progresser. Sa communication sur le terrain est décriée. «Là, ils sont nuls. La communication est un problème récurrent au Sénégal à tous les niveaux : équipes nationales comme championnat. Un leader ça ne se décrète pas. Il faut en défense quelqu’un qui prenne les décisions, un chef. Quelqu’un qui prenne des risques, organise, commande, motive… Malheureusement, on ne l’a pas encore. Et ce n’est pas à l’entraîneur de le nommer, ça doit être naturel.»