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Après une Coupe du monde U 20 réussie, Moussa Koné a décidé de rejoindre le Fc Zurich, un tremplin pour atteindre ses deux objectifs : une carrière professionnelle remplie et son intégration en Équipe nationale A. Dans cet entretien, l’attaquant formé à Dakar Sacré-Cœur raconte ses débuts difficiles en Suisse. C’est aussi l’occasion de revenir sur le différend sur son transfert l’opposant au patron de son centre de formation, Mathieu Chaupin.

Vous avez eu des propositions durant la Coupe d’Afrique des Nations de U 20, des clubs comme l’Olympique de Marseille et Lorient. Finalement, vous êtes au Fc Zurich en Suisse. Pourquoi ce choix ?

C’était justement des propositions. J’en avais parlé avec le président de Dakar Sacré Cœur, Mathieu Chaupin. Je lui ai dit que j’ai eu des propositions de Marseille. C’est vrai, mais ils ne sont pas venus nous voir. On attendait que les représentants olympiens viennent, pour trouver un terrain d’entente. Ils ont commencé à me contacter juste après la Can des U20 et Mathieu Chaupin me disait toujours de patienter. Les dirigeants de Fc Zurich sont venus en premier. Je me suis dit que c’est bien de commencer au Fc Zurich en Suisse, un bon championnat. Il y a des joueurs que j’y connais : Papa Bouba Diop est là-bas et Henri Camara aussi. Pour moi, c’est bien de débuter en Suisse, progresser et aller dans d’autres clubs européens. C’est vrai que j’avais plusieurs contacts, notamment Lorient et l’Olympique de Marseille, mais je ne sais exactement pas pourquoi cela n’a pas abouti.

Actuellement, comment vous sentez-vous au Fc Zurich, quelques mois après votre arrivée ?

Tout se passe très bien, même si au début, c’était extrêmement difficile. La langue posait problème. Mais, avec l’aide de l’entraîneur qui parle anglais, je m’en suis sorti. Sangoné Sarr m’a, lui aussi, bien accueilli. Le club a engagé un professeur qui me dispense des cours, deux fois par semaine. Atterrir dans une ville où l’on parle allemand, langue que vous ne comprenez pas, il m’a été difficile de m’adapter. Mais, actuellement, je m’y fais et je m’entraîne bien.

Vous avez trouvé d’autres Sénégalais en Suisse, votre coéquipier Sangoné Sarr et Moussa Konaté du Fc Sion. Comment s’est faite votre intégration ?

Je me suis bien intégré et rapidement. Sangoné Sarr (ancien sociétaire de l’As Pikine) m’a beaucoup aidé. Il était tout content, quand il a appris que je signais au Fc Zurich. D’ailleurs, je vivais chez lui. Un journaliste m’a demandé, un jour, si je connaissais Moussa Konaté. Lui aussi, on échange beaucoup, surtout sur whatsapp. Il m’a beaucoup aidé et bien accueilli.

N’avez-vous sauté des étapes, en quittant la Ligue 2 sénégalaise pour intégrer directement un championnat européen ?

C’était difficile au début, le rythme n’étant pas le même. On joue plus vite qu’au Sénégal. Mais, ayant pris part à des compétitions de haut niveau, comme la Coupe du monde (U 20), en moins d’un mois, je me suis adapté au rythme.

Mais, avez-vous pris le temps de bien connaître le championnat suisse ?

Je ne connaissais pas grand-chose de ce Championnat. Mais je le découvre bien, j’ai joué des matches. Je trouve que c’est un bon championnat, pour un début de carrière. Je connaissais juste le Fc Bale, à travers la Ligue des champions et le FC Sion, parce qu’il y a Moussa Konaté.

Depuis votre arrivée au Fc Zurich en octobre 2015, vous n’avez pas beaucoup joué. Vous êtes souvent sur le banc et parfois, pas dans l’effectif…

Je me dis que c’est ma première année, l’année de l’apprentissage. Je suis venu pour apprendre. Puisque je suis dans le groupe, d’ici à l’année prochaine, j’espère gagner ma place dans l’équipe. L’un de mes objectifs, c’est de jouer en Équipe nationale A. Donc, il me faudra au préalable, m’affirmer en club. J’ai un contrat de trois ans. Donc, laissons du temps au temps.

Il se murmure un différend entre vous et le président de Dakar Sacré cœur, lié à votre transfert. Qu’en est-il réellement ?

Il avait peut-être ses raisons de ne pas me laisser aller jouer dans un autre club. Mais, j’avais, moi aussi, des objectifs : mener une carrière professionnelle en Europe. Ce qui s’est passé, je pense que ce sont des négociations entre clubs. Mais entre lui et moi, il n’y a rien. Nous n’avons pas de problème. Mon travail, c’était de m’entraîner.

Qu’en est-il de l’histoire avec José Anigo qui, selon certains, vous appelait incessamment au téléphone et le patron de Dakar Sacré Cœur qui avait décidé de porter plainte pour harcèlement ?

Un homme qui disait être José Anigo, m’appelait tous les jours. N’étant pas sûr que c’était lui, j’en informais Mathieu qui me disait ne pas le connaître pas. Anigo n’est même pas à Marseille, il est maintenant en Tunisie. Au fait, je n’y comprenais que dalle. Il me disait que c’est lui Anigo et que tout était fait, qu’ils allaient procéder à mon transfert. Et Mathieu a décidé de porter plainte. Maintenant, je ne sais pas où en est ce dossier.

-iGFM