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Avec 21 buts en une saison avec Clermont, Famara Diédhiou bat le record détenu par Sloan Privat, qui avait terminé la saison 2010-2011 avec 20 réalisations, sous les couleurs de l’équipe d’Auvergne. Mais l’attaquant sénégalais est focalisé sur l’objectif de montée en Ligue 1. Néo-international, Famara conjugue également l’avenir avec l’équipe du Sénégal.

Famara, qu’avez-vous ressenti après avoir battu le record de buts de votre club, Clermont, avec 21 réalisations ?

Ça fait plaisir parce que les records sont faits pour être battus. Après, il faut se donner les moyens d’arriver. Moi, je l’ai fait au bout d’un très grand sacrifice. J’en profite pour remercier mes coéquipiers, mes dirigeants, les supporters du club et tout mon entourage. Les gens m’ont appuyé dans ma tâche et au finish, j’y suis arrivé. Là, je suis content d’avoir marqué l’histoire du club. Mais, je ne m’enflamme nullement, ce record me permet de me fixer d’autres objectifs.

Justement quels objectifs vous êtes vous fixé ?

En début de saison, nous avons joué le maintien. Mais là, nous sommes 4ème au classement à 4 journées de la fin. On est à 2 points de la 3ème place. Sincèrement, on va tout faire pour être à la 2ème place, synonyme de montée pour la Ligue 1.

Avez-vous le groupe qu’il faut à quatre journées de la fin du championnat ?

Bien sûr que nous avons une équipe qui veut toujours donner plus. C’est vrai que ça ne sera pas facile, mais on fera tout pour gagner nos quatre derniers matchs. C’est vrai qu’en cours de saison, on a eu un coup d’arrêt, mais on travaille pour que cela ne se reproduise plus. On est conscient de ce qui nous attend et on est en train de mettre tous les atouts de notre côté.

En un moment, vous ne marquiez plus, d’aucuns ont dit que vous aviez la tête ailleurs…

C’est un coup de frein. Cela ne veut pas dire que je n’avais plus la tête à Clermont. Au contraire. J’ai connu une période de disette mais j’étais persuadé que tôt ou tard ça allait finir. Je ne suis pas le premier joueur à connaître une panne sèche et je pense que je ne serai pas le dernier qui restera plus d’un mois sans marquer. Nous sommes dans un métier où tout est possible. Et c’est pourquoi j’ai pris tout cela avec philosophie. Je me suis relevé et aujourd’hui, le plus important reste les quatre matchs à venir. Là, je serai attendu. À moi de répondre présent.

Vous êtes entré dans I’histoire de Clermont, il vous sera sans doute difficile de quitter le club ?

Non je ne sais pas. C’est à la fin du championnat que nous ferons tous les comptes. Là, comme je vous le dis, nous essayons de nous concentrer au mieux sur les quatre prochaines journées. après, si on a la possibilité de voir ailleurs, on verra les propositions qui s’offriront à nous pour prendre la bonne décision.

N’êtes-vous pas perturbé par des offres qui viennent déjà ?

Pour le moment, je n’ai aucune proposition sur la table, croyez-moi. Aujourd’hui, on n’a pas besoin de se projeter dans l’avenir, du moment que la saison n’est pas encore terminée. Pour l’heure, j’ai la tête ici à Clermont. Maintenant à la fin du championnat, on va évaluer.

Comment avez-vous vécu votre première sélection en équipe du Sénégal ?

J’ai senti beaucoup de bonheur et de fierté. C’est un rêve de gamin qui s’est réalisé. Là, je me suis fondu dans le groupe de coach Cissé comme prévu. Franchement, les joueurs sont merveilleux et il y a un bon état d’esprit. C’est vrai que sur le terrain, ça n’a pas été facile contre le Niger, mais on retiendra les 6 points de pris. C’était l’essentiel. Nous espérons finir les deux matchs sur le même tempo, en les gagnant.

N’avez-vous pas eu mal d’être resté sur le banc de touche contre le Niger ?

Non, pas du tout. Comme je l’ai dit, c’était ma première sélection et j’étais venu pour apprendre. Je ne suis pas du tout pressé. Je suis là pour apporter un plus pour mon pays. Il faut aussi respecter les choix du coach. Franchement, il n’y a rien à dire et on n’a pas besoin de polémiquer sur le fait que je n’ai pas joué de match lors de la double confrontation avec le Niger. Tôt ou tard, tout le monde aura sa chance. Il faut juste se calmer, c’est le plus important.

Mais beaucoup d’observateurs pensent que vous auriez pu être un joker de luxe pour Cissé ?

J’ai pris le temps de faire mon travail ici en club, c’est ce qui a abouti à ma venue en sélection. Arrivé là-bas aussi, je ne dois nullement brûler les étapes. C’est pour ça que je veux prendre mon temps. Mais, aux entraînements, je vais me lâcher comme je sais le faire. Je n’ai pas besoin de tricher parce que tout commence par là. Si on vient pour défendre les couleurs de son pays, on n’a pas besoin d’évoluer les freins en main. C’est pourquoi je veux toujours me donner à fond. Quand l’heure de ma titularisation sonnera, le coach n’hésitera pas un seul instant.

Donc le jour où vous rentrerez vous ne sortirez plus du groupe ?

(Éclats de rires). Il faut prendre les choses étape par étape. Moi, je ne veux pas me projeter sur ce qui n’est pas encore arrivé. Un n’en est pas encore là. Comme je l’ai dit tantôt, je suis prêt à me sacrifier pour mon pays. Et c’est dans cette optique que je me trouve.

Quelle est votre ambition avec l’équipe nationale ?

C’est clair que défendre les couleurs de mon pays est la chose qui me tient le plus à cœur. Ensemble, je pense que nous devons tout faire pour hausser l’équipe nationale beaucoup plus haut. Ça c’est le souhait de tout le monde. Personnellement, quand je viens en sélection, ce n’est pas pour rigoler, mais plutôt pour défendre le drapeau qui m’est le plus cher.

Quelle appréciation avez-vous de l’ambiance dans la Tanière ?

J’ai trouvé un groupe formidable avec des joueurs exceptionnels. Pour moi, l’ambiance de la Tanière n’a pas d’égale. Le Sénégal est le vrai pays de la Téranga. À notre arrivée, on a été très bien accueilli. Ça a été mon cas, mais aussi celui de Diao Baldé, Chérif Salif Sané, Pape Seydou Ndiaye, etc. Vraiment, on s’est fondu dans le moule sans problème et cela s’est ressenti. Après, on a envie de revenir et de retrouver cette ambiance.

Mais certains pensent que la mayonnaise tarde à prendre sur le terrain ?

Il faut laisser du temps au coach parce qu’une équipe comme celle du Sénégal, avec de bonnes individualités, a besoin de travail constant. Il faut mettre en place des automatismes. Et c’est ce que le coach est en train de faire. Aujourd’hui avec quatre victoires en quatre matchs dans les éliminatoires de la CAN 2017, franchement, on ne peut pas demander mieux. Cela prouve que la machine est en marche. Maintenant, le coach va certainement trouver des automatismes pour déclencher quelque chose de plus fort.

Le tempérament d’Aliou Cissé fait de rigueur, on en parle aussi…

Vous savez bien comment est le coach Aliou Cissé. Il a un discours de « guerrier ». Il le véhicule toujours comme quand il était capitaine de l’équipe. C’est cette hargne du gagneur qu’il nous apporte et cela se sent dans son discours. Vraiment, lui, Tony Sylva, Omar Daf, ils nous apportent tous leur expérience. C’est pourquoi nous, footballeurs, sommes tous contents du coach et nous sommes tout le temps à l’écoute.