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Coach de l’équipe nationale féminine junior, Pape Laye Gaye parle du football féminin, alors que la sélection A vient d’être élimine par le Nigeria au second et dernier tour des éliminatoires de la CAN 2016. Le coach des Sirénes de Grand-Yoff, sans détour.

Progression du football féminin
«Il y a une progression du football féminin. Dans la mesure où nous sommes dans un championnat régulier en D1 et D2. Tel n’était pas le cas il y a 15 ans. Mais il y a un véritable problème d’organisation. C’est impensable que nous arrivions à  cette situation. Le championnat est régulier, même si les autres pays étaient en avance sur nous. Par exemple, le Sénégal n’avait pas de catégorisation. Maintenant, nous avons une équipe nationale U20 qui est là  pour préparer la relève de l’équipe première. Il y a 5 ou 6 ans, l’équipe nationale prenait des raclées. Je me rappelle en 2002, le Nigeria avait battu le Sénégal par 7 à  1. Cette foisci, nous avons vu que l’écart s’est réduit (1-1 à  Dakar
et 0-2 au Nigéria). Cela montre qu’il y a une nette progression. Même sur le plan du contenu, l’équipe s’en sort bien. Mais, il nous faudra beaucoup travailler pour accéder au sommet du football féminin. Il faudra que la fédé veille sur l’évolution de ce foot féminin, parce qu’il y a beaucoup de manquements. Nous ne sentons pas un certain sérieux, osons le dire. Plus de 10 matchs en retard pour un championnat qui se dit bien organisé, cela n’aide pas à  faire progresser le football féminin. La Guinée Conakry, qui n’a même pas de championnat, arrive à  nous tenir tête. Comment fait-on la détection si le championnat n’est pas régulier ? Il est même difficile de faire le classement de la D1».

Relève de l’équipe nationale A
«C’est une très bonne chose de catégoriser le football féminin. Si nous n’avions pas cette équipe de jeunes (U20), comment allions-nous faire pour préparer la relève. Qui va les remplacer les filles qui sont vieillissantes ? Mais il faut continuer à  avoir le courage
de puiser chez les jeunes pour assurer la relève. Dans cette équipe, il y a des filles qui doivent raccrocher. Il faut avoir le courage d’amener de la relève. Cela ne nous sert à  rien d’avoir une équipe nationale junior qui ne puisse pas servir de relève».
Les prochaines échéances
«Sincèrement, je suis optimi
ste pour l’avenir. Parce que l’équipe nationale de football féminin a montré du bon contre le Nigeria. Cela nous permet de rêver de lendemains meilleurs. Mais, nous ne devons pas dormir sur nos lauriers. Nous devons continuer à  travailler et en mettant les moyens dans les sélections. Pour préparer l’avenir, il faut faire des regroupements périodiques. Nous ne gérons que des campagnes. L’équipe nationale U20, depuis son élimination contre le Ghana, n’est plus entrée en regroupement, ce n’est pas sérieux. Si on n’y prend garde, c’est dans deux ans que nous allons entendre encore parler de cette équipe A. Nous devons préparer dès maintenant les prochaines échéances. Nous avons un acquis, il y a le centre Jules François Bocandé. Depuis l’élimination de l’équipe nationale A contre l’Egypte (Jeux africains), on a attendu les éliminatoires de la CAN 2016 pour faire un regroupement».