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Joseph Koto a démarré lundi un stage de préparation des éliminatoires de la CAN U20 2017. Il y a un an, le technicien entrait dans l’histoire du football sénégalais en conduisant ses gamins en finale de la CAN et demi-finale du Mondial de la catégorie. Moussa Koné faisait partie de cette aventure. Dans cet entretien, l’ancien avant-centre de Dakar Sacré-Cœur (L2 Sénégal) évoque cette épopée mais surtout raconte sa vie de footballeur en Suisse où il a atterri depuis le 12 octobre 2015.

Alors Moussa, comment vous sentez-vous au FC Zurich six mois après votre arrivée en provenance de Dakar Sacré-Cœur ?

Je me sens bien maintenant mais j’avoue qu’au début, c’était extrêmement difficile. Il y avait le froid mais surtout la barrière linguistique. Atterrir dans une ville qui parle allemand alors que l’on a arrêté ses études en 4ème c’est très compliqué. Même en anglais, je n’avais que quelques notions. Mais je commence à m’adapter. Le club a engagé un prof qui vient me dispenser des cours deux fois par semaine. Avec le coach, j’essaie de parler anglais.

Et Sangoné Sarr (ancien joueur de l’AS Pikine) qui est au club depuis plus d’un an a sûrement commencé à parler ?

Ah oui lui se débrouille pas mal. Il comprend quand les gens parlent mais l’allemand, c’est très difficile. En parlant de Sangoné lui aussi m’a beaucoup aidé pour mon intégration. Il était tout content quand il a appris que je signais ici.

Sinon comment vous avez atterri en Suisse. Il paraît que vous aviez plusieurs offres entre la CAN et la Coupe du monde U20?

C’est vrai que j’avais plusieurs contacts. Il y avait notamment Lorient et l’Olympique de Marseille mais je ne sais pas exactement pourquoi cela n’a pas abouti.

Vous connaissiez un peu le championnat suisse ?

Non pas grand-chose. Je connaissais juste le FC Bale à travers la Ligue des champions et le FC Sion parce qu’il y a Moussa Konaté. J’ai réellement découvert le championnat en y venant. Le jeu est rapide, physique. Ça me convient bien. Je pense que ce n’est pas mal de débuter dans ce genre de championnat pour apprendre et grandir.

Au Sénégal, vous jouiez à tous les postes de l’attaque, c’est toujours le cas dans votre nouveau club ?

J’ai quitte l’axe. C’est vrai que dans cette position je marquais plus de buts mais par rapport à ma petite taille, c’est souvent complique sur les ballons aériens. Maintenant je me sens mieux sur les côtés parce qu’en peu de temps j’ai beaucoup appris avec le coach Samy Hyypiä. Il me considère actuellement comme son joker. De mon côté, je travaille beaucoup pour pouvoir m’imposer prochainement dans l’équipe.

Plus jeune, est-ce que vous pensiez pouvoir être footballeur professionnel en Europe ?

C’était mon rêve depuis tout petit. Et j’y ai toujours cru. Je n’étais pas le meilleur joueur de mon quartier mais je faisais partie des meilleurs. J’ai grandi à HLM Patte d’Oie, une localité où il y a beaucoup de talents. Les gens aiment le football là-bas. Moi, c’était mon quotidien. Un de mes matchs que je n’oublierai jamais c’est un «grands contre petits» où chacun avait misé 1000 FCFA. En plus de cette mise, j’avais également parie que je marquerais le premier but. J’ai gagné mon pari, mis un doublé et fait une passe décisive, on a gagné 3-0. Ce genre de matchs m’a forgé mais il y a aussi l’école de football du grand-frère de mon père, Baba Koné, où j’ai fait la petite catégorie en pupilles, benjamins et minimes.

C’est après que vous êtes allé à Dakar Sacré-Cœur ?

Oui en 2012. C’est un ami de mon père qui a vu l’annonce dans le journal Stades. Il en a parle à mon père qui m’a emmené faire les tests. On était plus de 300, j’ai réussi. Un an après, j’étais déjà surclassé en seniors. J’ai marqué lors de mon premier match avec les pros. C’était en plus contre la Jeanne d’Arc. Cette année-là, j’ai marqué contre eux a l’aller comme au retour. Et dans la foulée, j’ai eu ma première convocation en équipe nationale U20.

Le début d’une aventure inoubliable…

Ah oui, c’est sûr que l’on n’oubliera jamais. On a passe de formidables moments ensemble. C’est fou ce que l’on a réussi en Coupe d’Afrique contre le Congo. Les buts de Sidy Sarr me reviennent souvent à l’esprit. C’était incroyable de renverser la vapeur a quelques secondes de la fin. En demi-finale, je marque les deux buts contre le Mali (2-1). Et en Coupe du monde aussi, on ne nous attendait pas mais on a réussi à aller jusqu’en demi-finale. La force de ce groupe, c’était le vivre-ensemble, l’envie d’aller chercher les victoires ensemble. Le fait aussi que personne ne pariait sur nous, cela nous a beaucoup motivés.

Malgré ces deux jolis parcours, vous n’avez rien gagné. Qu’est-ce qui vous a manqué ?

L’expérience je crois. Le Nigeria qui nous a battus deux fois en Coupe d’Afrique a l’habitude des grandes compétitions.

Comment vous expliquez votre absence aux Jeux Africains où vous aviez inscrit le but de la qualif’ et à la CAN U23 ?

Je ne m’en préoccupe pas. C’est le choix du coach. Je me dis juste que c’est parce que je ne devais pas y participer. Je continue à travailler.

Et l’équipe nationale, vous y pensez actuellement ?

C’est toujours un objectif pour un footballeur. Mais je ne suis pas pressé. Je me dis que si mon heure arrive, j’y serai.

Même quand vous voyez votre ancien coéquipier à Dakar Sacré-Cœur, Chérif Salif Sané, encore au Sénégal, y être ?

Je suis content pour lui. Je l’encourage car c’est un bon joueur. Il est très bon balle au pied et rapide. Je ne suis pas surpris qu’il puisse atteindre ce niveau.

Dernière question, vous avez toujours joué attaquant ?

Oui toujours. Gamin, je voulais ressembler à un joueur qui était dans mon ASC Yakaar (Zone 7B Dakar). Il s’appelle Assane Cissokho. C’est mon idole. Il était trop fort. J’adorais son jeu et je lui disais souvent que j’aimerais jouer comme lui. Je me souviens d’un quart de finale chaud contre l’ASC Arafat, il avait mis une frappe terrible qui avait tapé sur la balle transversale avant de rentrer. On avait gagné 2-0. Malheureusement, il n’a pas eu la chance de signer un contrat professionnel.