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Mohamed Diamé, le milieu de terrain de Hull City (D2 anglaise), a rendu, samedi, contre le Niger (2-0), la copie la plus propre depuis le début de sa carrière en équipe nationale, il y a six ans.

Diamé a joué son premier match avec la sélection nationale en mars 2010, contre le Cameroun, pour les éliminatoires de la CAN 2012.

Le milieu de terrain très sollicité par la presse après le match contre le Mena du Niger, durant lequel il a inscrit son premier but en équipe nationale, explique sa performance par le fait d’ »être mis dans un rôle qu’[il] joue toutes les semaines, en club ».

« J’avais mes repères durant ce match, ça été facile pour moi », a-t-il dit.

En voyant son nom parmi les titulaires, de nombreux les observateurs, dont les journalistes, s’interrogeaient sur les raisons de ce choix du sélectionneur.

En fin de compte, il faut reconnaitre qu’Aliou Cissé a réussi son pari, parce que Diamé n’a jamais été aussi rayonnant lors d’un match avec les Lions. En plus d’avoir marqué, il a pris des risques dans le jeu.

Doté d’un physique et d’une aisance techniques loués par ses coéquipiers, par d’anciens entraîneurs de l’équipe nationale surtout, Amara Traoré et Alain Giresse, Diamé tardait encore à se montrer déterminant dans le jeu déroulé par la sélection nationale.

Son arrivée était louée par le public, mais il a pris du retard pour laisser un souvenir inoubliable à l’équipe nationale. Son absence à la CAN 2015, consécutive à une blessure, est passée presque inaperçue, même si à cette époque-là il avait le brassard du capitaine.

A cette époque-là aussi, les difficultés en club du natif de Créteil (France) semblaient entraver sa contribution à une sélection nationale au sien de laquelle les olympiques de 2012 s’installaient progressivement.

Sa blessure en 2014 lui avait définitivement fermé les portes de l’équipe nationale. Et comble de malheur, Hull City, qu’il a rejoint en provenance de West Ham en 2014-2015, avait été relégué en Championship (D2 anglaise).

C’était déjà la surprise quand Aliou Cissé l’a rappelé pour la double confrontation avec Madagascar (2-2 et 3-0). Il avait joué un bout de match à Dakar, pour ensuite démarrer en titulaire, ce samedi, contre le Niger.

Moins actif en seconde période, durant la première, il a allumé la mèche, en mettant le ballon sur le poteau du gardien nigérien.

A 28 ans, dans un secteur de jeu à la concurrence exacerbée, Diamé, qui veut revenir en Premier League, avec ou sans Hull City, a marqué les esprits.

Selon Sidate Sarr, le préparateur des gardiens en équipe nationale, sous la direction d’Alain Giresse (2013-2015), Diamé n’est pas seulement valable sur le terrain, « c’est lui qui fédère les joueurs et les pousse à la révolte aussi ».

Sarr, ancien portier international, actuel entraîneur de l’Olympique de Ngor (élite sénégalaise), se souvient de sa prise de parole dans les vestiaires, lors de la défaite (0-1) contre la Tunisie, à Monastir, en 2014.

« Tous les joueurs avaient les yeux baissés après le scénario cruel du match. Diamé a pris la parole pour leur dire : +Les gars, nous allons en Egypte pour gagner et nous qualifier à la CAN 2015+ », rapporte Sidate Sarr.

Alain Giresse n’avait pas eu des mots à ajouter, car son capitaine avait pris la pleine mesure de la situation, selon Sarr.

Mohamed Diamé a dit, dès le premier jour du stage en vue de la double confrontation avec le Niger, que « les mauvaises aires de jeu et la chaleur sont valables pour toutes les deux équipes », une remarque faisant allusion à l’état du stade où se jouera le match retour de ce mardi, à Niamey.

« En Afrique, nous commençons à connaître les difficultés », avait-il remarqué, estimant que les Lions ne devaient pas sous-estimer ou surestimer un adversaire.

« Aucune place n’est réservée, dans ce groupe de qualité », avait-il ajouté, en parlant à ses coéquipiers. « Pour la concurrence, il faut toujours être au top niveau », avait recommandé Diamé à ses coéquipiers, en remerciant l’entraîneur des Lions pour son soutien pendant les moments difficiles.

Ce footballeur formé au RC Lens (France), qu’on croyait perdu pour le football à cause de problèmes cardiaques, en 2009, lors de son transfert aux Latics de Wigan (Angleterre), rêve de remonter en Premier League. Et pourquoi ne pas repenser au Big Four, son autre rêve, quand il a quitté l’Espagne (CD Linares et Rayo Vallecano) pour l’Angleterre, en 2009 ?