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Habib Diallo, le buteur en forme du FC Metz, ne sera peut-être pas le nouveau Diafra Sakho mais il promène d’évidents points communs avec son aîné sénégalais. Plusieurs témoins confirment cette impression.

Et si c’était lui l’héritier, le successeur ? Même nationalité, même provenance (l’académie Génération Foot), même poste d’attaquant et même maillot grenat pour célébrer son entrée en Europe. Dans un milieu où les comparaisons sont dangereuses et parfois sans fondement, force est d’admettre que celle-ci est tentante. Car Habib Diallo perpétue une tradition d’artilleurs sénégalais à  Metz, dans un registre qui ne manquera pas de rappeler Diafra Sakho, l’ancien buteur maison.

C’est Olivier Perrin qui avait osé le parallèle en premier, dès 2014. « Habib a le même profil, au niveau de la puissance et de la vitesse, même si Diaf était moins performant devant le but à  son âge », expliquait alors le manager général de Génération Foot.

Perrin persiste et signe aujourd’hui : « Au niveau du potentiel, Habib peut faire la même chose. À Dakar, c’était un vrai buteur. II ne se passait pas un entraînement sans qu’il ne marque. Je l’ai vu marquer de la tête depuis l’entrée des 16,50 m, un peu comme Rudy Gestede a son époque. »

Prolongation en vue

Philippe Gaillot valide la comparaison : « Diaf et Habib avaient d’emblée de gros moyens, aimaient prendre la profondeur et se créaient beaucoup d’occasions , admet le directeur général-adjoint du FC Metz. Diafra était plus guerrier et c’était d’abord un coureur de 400 m qu’il fallait canaliser. Habib est plus fluide et intéressant par ses déplacements dans les petits espaces. »

Le FC Metz aura le loisir de façonner son jeune avant-centre. En fin de contrat cet été, Habib Diallo doit en effet prolonger son séjour en Moselle pour une durée de… quatre ans. Toutes les parties seraient « d’accord sur le principe », affirme Philippe Gaillot. « L’idée était déjà  là  avant qu’il n’entre dans le groupe avec les pros. Ses prestations récentes (cinq buts en quatre matches) ont naturellement renforcé ce que l’on pensait. »

Le même Gaillot estime qu’« il faudra encore du temps » pour optimiser son rendement, « comme avec Sakho ». Mais l’approche mentale sera différente. Car Diallo a beau être « en confiance » et promener cette même fausse timidité, il n’atteint pas encore les pics d’assurance de Sakho. « Oui, il est plus friable que Diaf mentalement et moins régulier, abonde Olivier Perrin. Mais il faut dire que, sur ce point, Diafra était vraiment incroyable ! J’ai rarement rencontré un garçon aussi sûr de lui. »

« C’est un bon petit »

Malgré l’éloignement, Perrin continue de suivre son ancien poulain. Les contacts entre eux sont réguliers, comme avec Mady Touré, le président de la structure sénégalaise.    « Je parle tout le temps avec Monsieur Perrin, confirme Diallo. Il me dit de continuer comme ça et de travailler même quand il n’y a pas d’entraînement. »

Sinon, il en pense quoi Diafra Sakho ?

« Habib, c’est un frère , comme Mayoro N’Doye , explique l’attaquant de West Ham. On prend souvent des nouvelles. Je lui dis que c’est en marquant qu’un attaquant se fait respecter. Mais Habib peut faire plus. Je pense qu’il peut devenir meilleur que moi. Je lui souhaite. C’est un bon petit, toujours à  l’écoute. »

Si Metz le regrette un jour autant que Diafra Sakho, Diallo aura réussi son coup. Il aura imprimé les esprits sur la durée. Et sans doute empilé des wagons de buts.