Partager

A près de 15 jours du match aller comptant pour la 3e journée des éliminatoires de la Can 2017 face au Niger, les inquiétudes ne manquent pas quant à l’état de la pelouse du stade Léopold Sédar Senghor. Et cela, avec le grand meeting de rassemblement du Réseau des femmes pour l’émergence (Refem), qui était prévu ce samedi sur place, avant d’être reporté à une date ultérieure.

«Il faudrait qu’on préserve davantage la pelouse. Elle a besoin d’entretien. Il faut être vigilant. C’est le seul stade aux normes qu’on a.» Lorsque le président de la Fédération sénégalaise de football (Fsf), Me Augustin Senghor, disait cela, il y a deux semaines, il ne s’attendait pas certainement à apprendre quelques jours plus tard qu’un grand meeting de rassemblement du Réseau des femmes pour l’émergence (Refem). Une manifestation qui devrait drainer plus de 100 000 personnes et qui devait être présidée par le président de la République, Macky Sall. Alors que le stade ne doit contenir que 60 000 places assises. Prévu initialement ce week-end au stade Léopold Sédar Senghor, le meeting serait finalement reporté à une date ultérieure.

Avant le président de la Fédé, le sélectionneur national, Aliou Cissé, avait en premier sonné l’alerte pour s’inquiéter de l’état de la pelouse, après avoir effectué une descente «surprise» sur les lieux, en janvier dernier. A l’issue de cette visite-surprise, l’ancien capitaine des Lions n’a pas manqué de faire part de ses inquiétudes. «Tout a été faussé au départ, au niveau du décapage. Pour renouveler une pelouse et avoir de la bonne qualité, il faut décaper entre 10 et 15 cm, ajouter du sable de dune, du terreau, arroser et semer. Tout cela on ne le fait pas sur une hauteur de 3 cm. En fait, le constat est que les gens ont bâclé le travail en décapant seulement à 3 cm. C’est de l’amateurisme et les résultats sont là», disait un spécialiste en la matière dans nos colonnes. Si celles-ci étaient plus liées à un mauvais décapage fait dès le début des travaux, là, le mal risque d’être plus profond. Car, il est attendu lors de cette manifestation, qui devrait lancer le démarrage de la campagne du camp du «Oui» pour le référendum, des milliers de femmes, opératrices économiques et autres militantes qui occuperont le terrain. A moins de deux semaines de l’échéance contre le Niger, Aliou Cissé a forcément du mal à trouver le sommeil depuis qu’il a appris le grand meeting de rassemblement prévu par l’actuel régime dans son jardin. Du coup, la question que se pose tout le mouvement sportif est : dans quel état sera la pelouse de «Senghor», au lendemain du meeting ? Pas besoin d’être un spécialiste pour y répondre. Alors que c’est le 21 mars prochain que devrait débuter le regroupement de l’Equipe nationale de football en direction de la double confrontation face au Niger pour le compte des 3e et 4e journées des éliminatoires de la Can 2017. Le match aller, prévu justement au stade Léopold Sédar Senghor, aura lieu le 26 mars. Avant cela, Aliou Cissé et ses hommes, logés à l’hôtel Fleur de Lys aux Almadies, devraient effectuer leurs séances d’entraînement sur la pelouse de «Senghor». A moins que le sélectionneur national n’en décide autrement. Ce qui ne sera malheureusement pas le cas pour le lieu du match face au Mena.